Finalement, l'Algérie a été contrainte d'envoyer son représentant pour la conférence du «Groupe des amis de la Libye». Empêtré dans une posture plus qu'inconfortable, Alger cherche à se repositionner. Maladroitement. Le clair-obscur de l'attitude algérienne ne fait que se confirmer. Après avoir fait preuve d'une ambiguïté totale dans son appréciation de l'évolution des événements en Libye, mais aussi après s'être installée dans la très mauvaise posture de l'indécision totale, Alger tente de se racheter à l'occasion de la tenue de la grand-messe des «amis de la Libye» à Paris. Une rencontre qui a été marquée, notamment, par la reconnaissance par Moscou du Conseil national de transition en tant que représentant légitime de Tripoli. Une annonce qui n'est pas sans mettre encore plus dans l'embarras une Algérie déjà divisée, en interne, sur l'approche à adopter. Une Algérie d'autant plus embarrassée qu'elle était, avec l'Afrique du Sud et quelques pays de l'Union africaine, le porte-drapeau d'un soutien à peine voilé au «régime Kadhafi». Il suffit, à ce propos, de revenir sur les positions développées par les dirigeants algériens à l'égard de la révolution libyenne pour se rendre compte du soutien manifeste au «leader déchu».
À lire même les médias algériens, la morale de l'histoire se résumerait à un très mauvais calcul, doublé d'une lecture erronée de l'évolution des événements. Or, sur ce plan, les observateurs auraient surtout relevé les tergiversations relatives à l'accueil annoncé par l'Algérie de certains membres de la famille de l'ex-homme fort de Tripoli. Au départ, la diplomatie algérienne avait nié en bloc cette éventualité, avant d'annoncer qu'elle a dû, pour des « raisons humanitaires », accueillir des membres de la famille de Kadhafi.
Quelques heures après, et en se basant sur le même motif, Alger reconnaîtra avoir admis sur son territoire quelque 500 Touaregs, qui n'étaient certainement pas en voyage de tourisme en Libye. Sans parler des centaines de polisariens arrêtés par les forces de la rébellion. Lesquels mercenaires sont originaires, faut-il le rappeler, de Tindouf au sud de l'Algérie. Qu'on ne s'y méprenne pas, l'Algérie, dont la presse du jeudi disait que le président aurait refusé de prendre le colonel Kadhafi au téléphone, a bel et bien essayé de jouer sur les deux tableaux, en affichant une neutralité de façade. Ce jeudi matin, le chef de sa diplomatie, faisant preuve d'un véritable don d'équilibriste, a sorti la formule selon laquelle «solidarité ne signifie pas complicité».
Comprendra qui pourra. En fait, quand bien même on aurait admis l'argumentaire «primaire» des responsables algériens, il est fort improbable, en revanche, de saisir ses déclinaisons discursives. En ayant, bien entendu, une petite pensée pour l'auteur du «livre vert», qui n'a pas pu célébrer son 1er septembre. Seulement, les ministre algérien rajoutera, comme pour poser des conditions, voire des préalables, qu'Alger ne reconnaîtra pas le CNT libyen avant la constitution d'un gouvernement à Tripoli.
L'équation à plusieurs inconuues n'en a plus qu'une seule. Mais, qui risque de peser lourd dans les scénarii de probablité et des significations. Le jeu algérien se présente, dès lors, sous son vrai jour, celui de l'indécision et des calculs qui suivent les chemins les plus tortueux. Un jeu mû, comme d'habitude, par le principe qui consiste à dire la chose et à faire son contraire.
À lire même les médias algériens, la morale de l'histoire se résumerait à un très mauvais calcul, doublé d'une lecture erronée de l'évolution des événements. Or, sur ce plan, les observateurs auraient surtout relevé les tergiversations relatives à l'accueil annoncé par l'Algérie de certains membres de la famille de l'ex-homme fort de Tripoli. Au départ, la diplomatie algérienne avait nié en bloc cette éventualité, avant d'annoncer qu'elle a dû, pour des « raisons humanitaires », accueillir des membres de la famille de Kadhafi.
Quelques heures après, et en se basant sur le même motif, Alger reconnaîtra avoir admis sur son territoire quelque 500 Touaregs, qui n'étaient certainement pas en voyage de tourisme en Libye. Sans parler des centaines de polisariens arrêtés par les forces de la rébellion. Lesquels mercenaires sont originaires, faut-il le rappeler, de Tindouf au sud de l'Algérie. Qu'on ne s'y méprenne pas, l'Algérie, dont la presse du jeudi disait que le président aurait refusé de prendre le colonel Kadhafi au téléphone, a bel et bien essayé de jouer sur les deux tableaux, en affichant une neutralité de façade. Ce jeudi matin, le chef de sa diplomatie, faisant preuve d'un véritable don d'équilibriste, a sorti la formule selon laquelle «solidarité ne signifie pas complicité».
Comprendra qui pourra. En fait, quand bien même on aurait admis l'argumentaire «primaire» des responsables algériens, il est fort improbable, en revanche, de saisir ses déclinaisons discursives. En ayant, bien entendu, une petite pensée pour l'auteur du «livre vert», qui n'a pas pu célébrer son 1er septembre. Seulement, les ministre algérien rajoutera, comme pour poser des conditions, voire des préalables, qu'Alger ne reconnaîtra pas le CNT libyen avant la constitution d'un gouvernement à Tripoli.
L'équation à plusieurs inconuues n'en a plus qu'une seule. Mais, qui risque de peser lourd dans les scénarii de probablité et des significations. Le jeu algérien se présente, dès lors, sous son vrai jour, celui de l'indécision et des calculs qui suivent les chemins les plus tortueux. Un jeu mû, comme d'habitude, par le principe qui consiste à dire la chose et à faire son contraire.
