Commerce extérieur

Le déficit commercial atteint 129 milliards de DH à fin août

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Face à une progression constante des importations et un ralentissement des flux des exportations, le déficit commercial continue de s’accentuer. En l’espace de huit mois, il a en effet atteint 129 milliards de DH. Le gouvernement s’engage à le réduire, moyennant plusieurs mesures. Il était temps.

# Le gouvernement s’engage à réduire les importations et développer les exportations.

En attendant des mesures concrètes pour endiguer la dérive du déséquilibre commercial qui provient de l’écart presque chronique entre le rythme de progression des importations des biens, plutôt soutenu, et celui des exportations en ralentissement, le déficit commercial ne connaît point de répit. Ainsi, au cours des huit premiers mois de cette année, ce déficit s’approche de 129 milliards de DH, en accentuation de plus de 6%. Ce qui ramène le taux de couverture des importations des biens par les exportations à 48,3% au lieu de 48,9% une année plus tôt. C’est ce que font ressortir les derniers chiffres de l’Office des changes. Cette situation rend urgent, d’après certains économistes, le passage à l’action en mettant en œuvre certaines mesures annoncées par le gouvernement. Il en est ainsi de l’activation de la défense commerciale qui aura un double impact. D’une part, elle contribuera à préserver certaines productions locales qui risquent d’être asphyxiées par des importations massives, voire des pratiques commerciales déloyales, telles le dumping, les subventions… Ce qui affecte directement les entreprises qui opèrent dans ces secteurs d’activité, à l’instar du sidérurgiste Sonasid dont les résultats ont été affectés nettement par l’avalanche des produits importés d’Europe, notamment d’Espagne. C’est le cas aussi du PVC, du contreplaqué (qui a bénéficié des mesures antidumping)…
D’autre part, cette défense commerciale permettra de soulager les réserves en devises dont dispose le Maroc et qui est le seul moyen de paiement pour s’approvisionner à l’étranger des produits qui ne sont pas disponibles au Maroc, tel le pétrole, ou du moins dont les quantités ne sont pas suffisantes, telles les céréales.
Actuellement, le Royaume dispose d’une réserve en devises qui lui permettra d’assurer à peine un peu plus de trois mois d’importations. Et la tendance baissière de cette réserve se poursuit toujours. Certes, selon les derniers indicateurs hebdomadaires de Bank Al-Maghrib, les avoirs extérieurs nets de la banque centrale ont progressé de 0,5%, au cours de la période allant du 6 au 12 septembre. Mais l’encours de ces avoirs accuse un repli de près de 23%, sur une base annuelle, s’établissant à 136,1 milliards de DH, représentant à peine 3 mois et 27 jours d’importations de biens et services.
Il est à noter à ce sujet que le Maroc a signé en juillet dernier un mémorandum d’entente sur la défense commerciale avec la Chine. Ce mécanisme vise à «établir des consultations entre le Maroc et la Chine concernant les questions liées aux enquêtes de défense commerciale en vue de favoriser un traitement équitable en matière de commerce, faisant prévaloir le règlement à l’amiable des différentes questions».
En plus de la défense commerciale, le gouvernement s’est engagé également à limiter les importations dont on peut se passer. Les pouvoirs publics pourront notamment appliquer cette mesure, comme cela a été annoncé, pour ce qui est des achats de l’État.
D’ailleurs, d’après un rapport du Conseil économique et social (CES), intitulé «La commande publique, levier stratégique de développement économique et social», présenté dernièrement à Rabat, la commande publique contribue significativement au déséquilibre de la balance commerciale. De même, le gouvernement s’engage à imposer aux adjudicataires des marchés publics à s’approvisionner sur le marché tant que cela est possible. Le nouveau cadre juridique régissant les marchés publics et qui est actuellement en élaboration consacrera ce principe. Du reste, il faudra à moyen et long termes développer aussi l’offre exportable et c’est encore mieux !


Les importations, plus vite que les exportations

À fin août 2012, les échanges commerciaux du Maroc avec l’étranger se sont établis à 368,6 milliards de DH contre 353,53 milliards de DH à fin août 2011, enregistrant ainsi un accroissement de 4,3% ou +15,06 milliards de DH. Les exportations ont progressé de 3,3% ou +3,84 milliards de DH. Les exportations des dérivés de phosphates ont augmenté de 3,6% et celles des phosphates de 12,3%. Les importations, quant à elles, ont progressé de 4,7% ou +11,22 milliards de DH. Les importations de produits énergétiques se sont chiffrées à 64,70 milliards de DH contre 60,10 milliards de DH, soit +7,6% ou +4,59 milliards de DH. Cet accroissement représente 41% de la hausse totale des importations.

Repères
  • Les importations du pétrole brut se sont chiffrées à 21,11 milliards de DH à fin août dernier, en hausse de 2,9% en valeur et en baisse de 2% en volume. Le prix moyen de la tonne importée s’est renchéri de 5%.
  • Les importations des produits alimentaires sont en hausse de 2,5%, couvrant une baisse de 14,3% des achats du blé en valeur et de 7,3% en volume. Le prix moyen de la tonne importée a reculé de 7,5%.
  • Les achats des biens d’équipement sont en augmentation de 9,5% : voitures industrielles (+47,9%), machines à trier, à concasser, à broyer ou à agglomérer (+1,53 milliard de DH), les avions (+617,3 millions de DH).
Publié le : 18 Septembre 2012 - Lahcen Oudoud, LE MATIN

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