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Les patrons n’ont pas tous la même appréciation sur le 4e trimestre 2012

L’environnement des affaires durant le 4e trimestre de 2012 n’aura pas été perçu de la même manière par tous les patrons. Tension sur les trésoreries, retard dans le recouvrement et renchérissement des coûts de production sont en cause. Le climat social serait, en revanche, resté stable pour 96% des industriels.

Bank Al-Maghrib vient de publier les résultats trimestriels de son enquête de conjoncture au titre du 4e trimestre 2012. Il en ressort que le climat général des affaires dans le Royaume est jugé plutôt défavorable par les industriels. En effet, pendant que 59% de décideurs sondés estiment que ce climat est plutôt moyen, seulement 9% le considérait bon et 33% le vivent plutôt négativement. Mais la majorité des industriels s’attendent malgré tout une amélioration au titre de ce premier trimestre 2013.

Concernant les conditions de productions, les industriels sondés ont dans leur immense majorité (88%) considéré que l’approvisionnement était normal et 10% facile. Seule une proportion de 1% a déclaré avoir des difficultés d’approvisionnement, ce qui représente un solde positif de 9%. Autre enseignement : les entreprises stockent moins que d’habitude ; c’est en particulier le cas dans le secteur du textile et du cuir ainsi que dans celui de la mécanique et de la métallurgie. Dans l’agroalimentaire, les stocks sont restés stables tandis qu’ils ont augmenté dans les autres branches, les patrons anticipant une reprise des commandes.

Pour sa part, l’emploi dans le secteur industriel est resté stable au 4e trimestre de l’exercice écoulé, avec une hausse dans l’agroalimentaire, une stagnation dans les industries chimiques et parachimiques et une baisse dans les autres branches. Les professionnels anticipent, d’ailleurs, une poursuite de cette évolution à court terme. En ce qui le concerne, le climat social est resté stable sur le trimestre en question pour 96% des entreprises contre 4% qui estiment qu’il aura été tendu.

Et les coûts de production ?

Au niveau des coûts de production, le solde d’opinion est à 53% en faveur d’une hausse de ceux-ci, solde en augmentation de 4% par rapport au 3e trimestre 2012. Cette augmentation des coûts de production a concerné toutes les branches, mais à des degrés divers. Bank Al-Maghrib a décortiqué, secteur par secteur et par type de composante, les évolutions du coût unitaire. Ainsi, pour les industries agroalimentaires, le coût des matières premières est prépondérant devant le coût de l’énergie. Pour le textile et le cuir, le coût de l’énergie est plus marquant devant le niveau des salaires. Pour la chimie et la parachimie, où les soldes d’opinion les plus importants sont constatés, les coûts des matières premières devancent les coûts financiers, mais le coût de l’énergie est également noté comme important.
Pour les industries mécaniques et métallurgiques, les soldes d’opinion sont moins élevés que dans les autres branches et dans la branche électrique et électronique. C’est également le coût des matières premières qui domine devant les coûts financiers et le niveau des salaires. La Banque centrale a également interrogé les industriels sur les entraves au développement de la production. À elles seules, la faiblesse de la demande et l’accentuation de la concurrence restent les principales entraves au développement, notamment avec 37% et 21% des réponses formulées par les patrons sondés, suivies par l’informel avec 12% des réponses.

Tension sur les trésoreries

Par ailleurs, la situation de trésorerie était inférieure à la normale sur le trimestre étudié pour 52% des entreprises industrielles. En effet, 47% la considérait comme normale et 1% seulement comme supérieure à la normale, soit un solde d’opinion négatif de 51%. Cette situation se retrouve d’ailleurs dans toutes les branches, mais plus particulièrement dans les industries chimiques et parachimiques et dans le secteur mécanique et métallurgique.

L’analyse des causes de cette tension sur la trésorerie des entreprises montre qu’avec 60% de solde d’opinion, le recouvrement reste le grand problème actuellement et cela est particulièrement vrai dans la branche électrique et électronique où 100% des industriels pensent que ce facteur a affecté négativement leur situation de trésorerie. À noter que ce taux est de 94% dans les industries mécaniques et métallurgiques.
Les charges non financières représentent le premier facteur dans l’industrie agroalimentaire ainsi que pour le textile et le cuir. Cela dit, sur la période concernée, les dépenses d’investissement se sont globalement accrues par rapport au trimestre précédent, à l’exception des industries chimiques et parachimiques qui ont connu une certaine stagnation.

Il faut souligner que l’enquête menée par Bank Al-Maghrib montre aussi que les investissements sont toujours majoritairement assurés grâce à l’autofinancement (86%), suivi du crédit bancaire (9%) et du crédit-bail (4%). Sur le 4e trimestre 2012, l’accès au financement a été jugé globalement difficile avec un solde d’opinion négatif de 26%. Seuls les patrons dans les industries agroalimentaires, électriques et électroniques ont jugé l’accès au financement facile. Le coût du crédit, enfin, a globalement augmenté, notamment dans l’industrie agroalimentaire, dans le textile et le cuir et la chimie et la parachimie. 

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