«A la télévision, ils devront nous montrer des dessins animés sur la protection de la nature au lieu de la violence», a dit un élève, lors du premier Forum, organisé samedi 28 avril sur le thème : «L’éducation et la sensibilisation pour une consommation responsable : ma raison d’agir», par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, à la Bibliothèque nationale du Royaume à Rabat. n rendez-vous pour célébrer le 10e anniversaire du programme «Jeunes reporters pour l’environnement». Un programme qui vise à éduquer les jeunes des lycées à l’exercice de l’éco-citoyenneté et qui leur offre aussi l’occasion de participer aux manifestations internationales initiées dans ce cadre.
A cette occasion, de grands panneaux exposant des photos des jeunes photographes ont été installés dans le grand espace de ce haut lieu de la culture. Des visiteurs, séduits par le talent de ces jeunes, se sont arrêtés devant presque tous les panneaux. Surtout celui montrant un vieil homme offrant un pot de terre à une petite fille. Une photo qui fait remonter le visiteur dans le temps et lui rappelle cette phrase célèbre : «On n’hérite pas la terre de nos ancêtres, on l’emprunte à nos enfants», de l’aviateur et écrivain français, Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944).
A l’intérieur de la bibliothèque, les jeunes ont été réunis autour de plusieurs tables thématiques pour discuter de l’éducation environnementale avec la présence de scientifiques et de journalistes. Chaque groupe a présenté ses doléances à S.A.R la Princesse Lalla Hasna, Présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, quand elle est venue leur rendre visite.
Autour de ces tables thématiques, des projets ont été discutés tels que le diagnostic réalisé par des lycéens pour résoudre le problème des couches bébé dans les zones rurales. Faute de sensibilisation, des villageois jettent ces déchets dans une rivière. «Le problème de collectes des couches représente une catastrophe dans notre province. Nos élèves ont dressé un diagnostic de la situation, mais pour le moment nous attendons la réponse des autorités locales», a souligné Abdelfettah Moukhanter, enseignant au lycée de Sidi Bennour.
Autre projet discuté, la déscolarisation des filles rurales. Visitant des écoles dans des zones reculées, des lycéennes se sont aperçues que le manque de toilettes est une des causes de l’abandon scolaire chez les filles rurales.
«Nous avons réalisé un petit film sur les conditions difficiles de ces écoles et nous l’avons donné aux responsables de l’Education régionale. Ils nous ont promis de faire quelque chose», a lancé une élève.
Si ces exemples montrent qu’il existe bien une prise de conscience chez les jeunes quand il s’agit de protéger l’environnement, des intervenants se sont interrogés sur le manque de civisme chez cette catégorie sociale. «Il y a des poubelles dans les salles de classe, mais les élèves refusent de jeter les papiers dedans», a noté une élève.
«Nous avons mis en place des poubelles, des balais et collé des affiches. Quelques jours après tout a disparu», a rétorqué une autre. Pour Mohammed Haddouch, professeur d’anglais au Lycée Isly à Oujda, les auteurs de ces agissements veulent soit provoquer l’enseignant soit le défier.
Cet enseignant s’est aussi plaint des vraies entraves administratives pour organiser des sorties et faire découvrir aux élèves les charmes de la nature.
Tous les intervenants ont été d’accord pour dire que l’éducation ne se limite pas seulement à l’école, mais c’est aussi à la famille et la société en général. Pour Sabah Bentalha, professeur au Lycée Azemour, «l’éducation environnementale exige un travail continu de sensibilisation. Il faut faire intervenir d’autres acteurs tels que les associations». Le débat reste ouvert et il sera enrichi, lors du 7e Congrès mondial sur l’éducation à l’environnement qui aura lieu en 2013 au Maroc.
