Quelques semaines après la visite d’État du Président de la République de France, une importante délégation de sénateurs français, de différentes tendances politiques, est actuellement en déplacement officiel au Maroc. Une visite qui s’inscrit dans le cadre des relations qu’entretient le Sénat français avec la Chambre des conseillers. Conduite par Christian Cambon, président du groupe d’amitié France-Maroc, cette délégation comprend d’autres sénateurs, dont Isabelle Pasquet, Jackie Pierre, Jean-Claude Peyronnet et Hervé Marseille.
Cette année, la visite sénatoriale s’articule autour de la double thématique des énergies renouvelables, notamment le solaire et de l’eau. Une thématique de plus en plus discutée et qui «interpelle tous les États», comme l’a souligné le sénateur Christian Cambon. Ainsi, la mission des sénateurs s’est assignée comme objectif de s’informer de l’avancement des projets lancés par le Maroc en matière d’énergies renouvelables ainsi que de s’arrêter sur les enjeux de l’approvisionnement en eau, une question particulièrement chère à Christian Cambon. Sur ce registre, les sénateurs ont eu, jeudi dernier, une série de rencontres avec les différents responsables en charge de ce dossier, à savoir Fouad Douiri, ministre de l’Énergies, des mines et de l’environnement, Mustapha Bakkourry, président du Masen (Agence marocaine pour l’énergie solaire) ainsi que Saïd Zarrou, directeur général de l’Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica, et Abdelaâdim El Hafi, Haut Commissaire aux eaux et forêts.
Outre les réunions avec les institutionnels, les sénateurs ont fait le déplacement, vendredi, au sud du Maroc afin de prendre connaissance in situ des projets lancés. À l’ordre du jour figure une visite au complexe d’Ouarzazate qui abrite la centrale thermosolaire. À cela s’ajoute une visite des Khettarats dans la région d’Erfoud. Pour Christian Cambon, «le plus important pour nous est de venir voir ce que le Maroc fait en matière d’énergie solaire, parce qu’il y a des projets qui sont en train de démarrer et qui nous intéressent beaucoup». «Nous voulons voir comment une telle opération est mise en route sur le plan administratif, comment elle est financée et comment elle va rebondir sur l’équation énergétique du Maroc», a-t-il expliqué. Idem pour ce qui passe en matière d’approvisionnement en eau. «Nous sommes ici pour voir les formes traditionnelles et modernisées de l’approvisionnement en eau et tirer des enseignements y compris pour les coopérations que nous voulons développer avec le Maroc en la matière», a souligné le sénateur.
Au chapitre des discussions d’ordre politique, la délégation a eu des entrevues avec Mohand Laenser, ministre de l’Intérieur, durant lesquelles les deux parties ont évoqué les questions d’actualité, notamment celles relatives au Mali et au dossier du Sahara.
Ces mêmes thématiques ont été abordées lors des entretiens qu’a eus le sénateur avec les deux présidents des Chambres du Parlement dans la matinée de jeudi. C’est ainsi que Mohamed Cheikh Biadillah, président de la Chambre des conseillers, a fait le point sur les derniers développements du dossier du Sahara, en mettant l’accent sur «les tentatives des ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc visant à instrumentaliser le dossier des droits de l’Homme, à mobiliser les jeunes dans des manifestations et à mener des campagnes mensongères à chaque fois que la question du Sahara marocain est au centre d’une réunion, que se soit au Maroc ou à l’étranger». En outre, Mohamed Cheikh Biadillah a évoqué la situation sécuritaire préoccupante dans la région du Sahel et du Sahara et ses répercussions sur toute la région, en raison de la prolifération des activités des groupes terroristes financées par le crime transfrontalier et les trafics de drogue, d’êtres humains et d’armes. Pour sa part, Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, a informé la délégation parlementaire française des réformes engagées par le Maroc ces dernières années, des nouvelles prérogatives du Parlement marocain en matière de législation, de contrôle et de diplomatie parlementaire. Sur ce volet, le président du groupe d’amitié France-Maroc s’est réjoui des réformes initiées par le Royaume en affichant clairement sa conviction que cette visite contribuera à approfondir les relations de coopération entre les deux pays dans différents domaines et à renforcer le dialogue entre les Parlements marocain et français. D’ailleurs, le sénateur et le président de la Chambre des représentants se sont attelés à la discussion des moyens permettant de consolider la coopération Maroc-France et les deux institutions législatives.
