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Mardi 09 Juin 2026
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Le livre marocain au cœur des salons internationaux

● Malgré la crise latente que traversent le livre et l’édition au Maroc, ces derniers rencontrent un franc succès aux rendez-vous internationaux du genre.
● Cette réussite, doublée de la participation de libraires et d’éditeurs marocains aux salons internationaux du livre, dont le Salon international du livre et de la presse de Genève, n’est cependant que l’arbre qui cache la forêt.
● Les plaintes des professionnels s’intensifient devant l’absence d’une politique du livre au Maroc.

Le livre marocain au cœur des salons  internationaux
Le livre marocain semble être mieux apprécié dans les salons étrangers que sur les rayons du SIEL.

Le livre marocain est sans doute riche, très riche à plus d’un titre. Il s’invite au cinéma, au théâtre, mais également aux divers rendez-vous internationaux de l’édition. Malgré l’absence d’une rentrée littéraire ou encore culturelle et artistique, l’édition marocaine revêt une grande importance. En témoignent les grandes manifestations mondiales du genre auxquelles le livre marocain s’invite et où il rencontre un franc succès auprès des lecteurs. Des manifestations dont on retient notamment le Salon international du livre et de la presse de Genève auquel ont participé 11 éditeurs marocains cette année. En effet, pour sa 27e édition, ce rendez-vous incontournable des professionnels de l’édition et du livre a choisi d’inviter les grands noms de la littérature marocaine : romanciers, poètes, bédéistes, mais également des libraires et des éditeurs.

Mis en place par le ministère de la Culture, le stand du Maroc, déjà invité d’honneur de l’édition précédente, a été très important au Maroc. Un stand qui a offert une palette diversifiée de nouvelles parutions d’éditeurs. Il s’agit de 11 maisons d’éditions marocaines : Yanbow Al-Kitab, Marsam, Youmade, Afrique Orient, Casa express éditions, Senso Unico, le Fennec, Tarik Éditions, Malika Éditions, la Croisée des chemins et Carrefour du livre. À côté de ces maisons d’édition, il y avait aussi une variété d’autres publications du ministère de la Culture et du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger.

Et pour une meilleure gestion professionnelle pour ce stand, la présentation des exposants marocains a été confiée à Yacine Retnani, directeur de l’édition Carrefour des livres. Romans, beaux livres, recueils de poèmes, livres historiques... tous les genres littéraires ont été mis en avant lors de cet événement. Et le succès a été au rendez-vous. «Les titres exposés ont bel et bien donné à apprécier aux visiteurs bien des facettes du patrimoine riche et vivant d’un Maroc en mouvement», se félicite Yacine Retnani. Cette participation réitère les grands efforts déployés l’année dernière dans le domaine de la promotion de la culture marocaine à travers l’importante exposition de ses diverses facettes, surtout la littérature, le patrimoine, l’art et la gastronomie. «Certes, cette année nous avons participé à une moindre échelle, mais nous avons réussi tout de même à faire en sorte que notre sélection soit représentative de la culture et de la littérature marocaines avec des titres de qualité, allant du manuel et des beaux livres aux ouvrages historiques et aux essais», ajoute-t-il.

Le succès était aussi au rendez-vous en matière des ventes. Les éditions marocaines ont réussi à réaliser des chiffres relativement importants, compte tenu du volume de production des éditeurs marocains. C’est ce que constate également Bichr Bennani de Tarik édition pour qui le livre marocain séduit les lecteurs étrangers beaucoup plus que les Marocains. En attestent tous ces rendez-vous internationaux du livre auxquels participe le Maroc.

C’est dire que le succès de la participation de l’édition marocaine à ce genre de manifestations n’occulte pas le dépit des professionnels du livre. «Cet engouement pour le livre marocain n’est pas tout à fait le même chez les Marocains eux-mêmes. Cela prouve l’absence d’un politique de livre au Maroc», explique Rachid Chraïbi, patron des éditions Marsam. En effet, les lecteurs sont de moins en moins nombreux. «Le livre est plombé par la crise de la lecture, les ventes ont tendance à baisser de façon constante. Nous ne pouvons parler de best-seller si nous mettons trois ans pour vendre un livre, même s’il est tiré à 10 000 exemplaires à peine», soutient Leila Chaouni, directrice des éditions le Fennec.

Dans l’attente de la mise en place des mesures susceptibles de sauver le livre marocain de sa crise, les éditions défrayent les chroniques de cette activité économique en perte de vitesse depuis quelques décennies. Surtout quand le tirage moyen ne dépasse jamais 1 500 à 2 000 exemplaires par livre. Ce qui ne peut en aucun cas ni rémunérer l’auteur, l’éditeur et le libraire ni encourager d’autres à écrire et éditer.

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