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L’économie d’énergie expliquée aux micro-entrepreneurs

Journée de sensibilisation des femmes rurales à l’économie d’énergie à travers la micro-finance.

L’économie d’énergie expliquée aux micro-entrepreneurs
Atelier de sensibilisation.

Même si la météo n’a pas été clémente envers les organisateurs, le public est venu nombreux assister à la Journée de l’énergie. Ce rendez-vous, organisé jeudi dernier dans la salle de jeunesse et des sports de Aïn Aouda, s’est inscrit dans le cadre du projet de sensibilisation des micro-entrepreneurs à l’économie d’énergie (FreemE) et qui vise trois régions : Tétouan, Rabat et Casablanca. Tôt le matin, malgré la pluie, des bus ont sillonné la région de Rabat pour transporter les clients de la fondation Ardi (Ma Terre) du Crédit Agricole. Arrivant sur place, le public composé en grande majorité de femmes rurales, dont certaines portant leur bébé sur le dos, tandis que d’autres tiennent leur petit enfant par la main.

Pour leur part, les responsables du projet (FreemE) ont préparé un programme ludique présenté par l’Association marocaine des petits débrouillards (AMPD), pour la simple raison qu’ils s’adressent à une population pauvre et analphabète. Le public a d’abord assisté à un «one man show» durant lequel un comédien a présenté les avantages des énergies renouvelables, ou comment produire sa propre électricité en se dotant de panneaux photovoltaïques.

Après le spectacle, le public a été convié à des ateliers thématiques : eau, énergies renouvelables, frigo et four à gaz. «Avec l’ancien four, votre bouteille de gaz butane dure un mois. En utilisant le nouveau four, la bouteille de butane tiendra deux mois», a expliqué une animatrice entourée de femmes admiratrives de ce produit performant. «Le nouveau four est équipé d’un système de sécurité qui protège vos enfants contre toute brûlure. Ce four est vendu à 1.500 DH à Ouezzane, mais ce prix baissera, lorsqu’il sera produit en grand nombre. Il sera introduit dans la région de Rabat et la sélection d’entreprises chargées de le fabriquer a été lancée», a souligné Hicham Abrak, agent de développement dans l’association Rif pour le développement local et durable Belotta (ARDB).

Le projet FreemE vise également à former des femmes rurales à la commercialisation de ces nouveaux fours dans les «douars» (villages) et, pour ce travail, elles toucheront des commissions. Par ailleurs, l’atelier consacré à l’utilisation des ampoules à basse consommation (LCD) a aussi connu un grand succès. «Éloigner le frigidaire de 10 cm du mur, ne pas laisser longtemps la porte du frigo ouverte, éviter d’y mettre des plats chauds et débrancher toujours la multiprise», a expliqué un autre animateur.

Si l’économie de l’électricité via l’utilisation des ampoules LCD commence à rentrer dans les mœurs, il est important de signaler que le marché national est noyé par la contrefaçon. «Le marché national est submergé par des produits faux. Même les grandes marques sont copiées. Les vraies lampes à basse consommation peuvent durer longtemps, alors que celles qui sont proposées à prix bas ne dépassent pas souvent un mois. Le public risque d’être déçu et par conséquent tourner le dos à ces produits performants», a souligné Mstafa Lamfadal, responsable de la Maison Énergie, Alia Solar, à Temara. Face à cette situation, la douane doit réagir. À défaut, c’est tout ce secteur naissant qui risque d’être hypothéqué.
D’une durée de trois ans (2010-2012), le projet FreemE, qui concerne le Maroc et l’Égypte, est doté d’un budget de 1,35 million d’euros, financé à 75% par l’Union européenne (UE). «Quelque 4 800 personnes devraient bénéficier de notre programme dans ces deux pays», a indiqué Pascale Geslain, responsable du projet FreemE à PlaNet Finance.

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