Le Maroc continue à recourir au marché international pour s’endetter, comme l’un des différents moyens auxquels il fait appel pour passer ce cap, marqué par des contraintes financières de plusieurs ordres. Surtout que le pays est arrivé à garder une bonne image auprès des investisseurs internationaux et des institutions financières internationales, ce qui lui facilite tellement ce recours aux emprunts internationaux, au moment où certains pays, y compris des pays développés et émergents, ont du mal à convaincre les préteurs de la sûreté de leurs signatures et de leur solvabilité.
Ainsi, le Maroc a réussi à conclure avec succès, le 22 mai, deux émissions d’un montant global de 750 millions de dollars (environ 6,5 milliards DH) sur les marchés financiers internationaux, d’après le ministère de l’Économie et des finances. La transaction a pris la forme d’une réouverture des émissions effectuées en décembre 2012 et a porté sur 500 millions de dollars sur la tranche à maturité 2022 et 250 millions de dollars à maturité 2042.
Il est à rappeler que le Maroc avait émis, le 5 décembre 2012, un emprunt obligataire sur le marché financier international d’un montant de 1,5 milliard de dollars en deux tranches.
La première tranche portait sur un montant de 1 milliard de dollars d’une maturité de 10 ans et un taux d’intérêt de 4,25%, alors que la deuxième tranche, d’un montant de 500 millions de dollars, était assortie d’une maturité de 30 ans avec un taux d’intérêt de 5,50 %.
Ce qui était véhiculé officieusement depuis un certain temps s’est donc confirmé et le pays fait encore une sortie sur le marché international. Et il était temps, d’après bon nombre d’observateurs pour plusieurs raisons.
Premièrement, cela contribuera à soulager le marché financier national. En fait, depuis un certain temps, le Trésor recourt massivement au secteur bancaire et au marché financier national pour s’endetter, ce qui se traduit en quelque sorte par un effet d’éviction dont pâtissent les entreprises, surtout que les préteurs considèrent l’État comme un client plus sûr. Les entreprises, notamment les PME, souffrent ainsi de difficultés d’accès au financement bancaire. Cette même pression s’est traduite par un manque devenu chronique de liquidités chez les banques et une contraction des crédits. C’est ce que montrent d’ailleurs les injections régulières de liquidités dans le secteur bancaire consenties par la banque centrale, à coup de dizaines de milliards de DH. Ainsi, au cours de l’appel d’offres du 22 mai 2013, Bank Al-Maghrib a servi un montant de 47 milliards de dirhams au titre des avances à 7 jours au taux de 3 % pour un montant demandé de 73,42 milliards de dirhams.
De même, le Maroc fait face à une érosion de ses réserves en devises.
Certes, celle-ci s’est atténuée après le premier emprunt opéré en décembre dernier et avec l’évolution spectaculaire des IDE cette année. Mais, on est encore en deçà du niveau enregistré l’année
dernière.
Ainsi, selon les derniers chiffres publiés par Bank Al-Maghrib, au 10 mai 2013, les réserves internationales nettes se sont établies à 145 milliards de dirhams en augmentation de 0,2% par rapport au 3 mai 2013 et en baisse de 8,3% en glissement annuel.
À fin mars 2013, les réserves internationales nettes avoisinent 4 mois et 2 jours d’importation des biens et services.
Cet emprunt devra également soulager un tant soit peu les finances publiques qui sont marquées par un déficit budgétaire que l’on s’efforce actuellement de maitriser. D’ailleurs, il est à noter que cette sortie sur le marché était prévue dans la loi de Finances de l’année en cours.
