Organisée avec le soutien de France Télévision et de l’Union des radiodiffusions des Etats arabes (ASBU), cette réunion a été une occasion pour dresser l’état des lieux des grandes questions liées à l’éducation par l’image et les nouveaux médias et de mettre en avant les expériences novatrices et porteuses de ce secteur en Europe et dans le Monde arabe. Au Maroc, un grand intérêt est porté aux problématiques liées à la production et à la procuration des services multimédias aux enfants et aux jeunes. Des problématiques dont la pertinence est du 1er ordre pour les décideurs politiques et les acteurs dans le champ éducatif. «Au ministère de l’Éducation, et au niveau du gouvernement, nous accordons une très grande importance aux nouvelles technologies de la communication et veillons à son introduction à tous les domaines, notamment celui de l’enseignement», affirme Mohammed El Ouafa, ministre de l’Éducation nationale.
Cet intérêt n’est pas uniquement propre à ce ministère. De son côté, Mostapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a salué l’idée de colloque, qu’il qualifie de «très stratégique et capital pour le pays», vu que le Maroc, actuellement au niveau de l’interaction avec l’internet et les technologies nouvelles, fait partie des pays arabes les plus avancés. «Le Maroc est en vue d’enregistrer une moyenne d’adhésion à internet qui représente le double de la moyenne mondiale», indique El Khalfi. Une moyenne qui classe le pays au 6e rang au niveau du monde musulman. Ce constat fait que le Maroc représente une «plateforme fertile» pour «gagner le défi d’un enseignement basé sur ce que les mutations numériques proposent comme possibilités.
M. El Khalfi a signalé que le Maroc a déjà eu une expérience numérique. Il s’agit de la programmation et la diffusion des cours scolaires sur la chaîne Arrabiâa, il y a quelques années. Actuellement, le Maroc tend à ce que le champ médiatique marocain assure le développement de la culture numérique au niveau communautaire. «Plus de 75% de pages Facebook ont été créées par des jeunes marocains de moins de 25 ans. Ce qui explique leur bonne exploitation des mutations numériques à tous les niveaux», souligne M.El Khalfi. Aujourd’hui, le Maroc tend à élargir les chances d’emploi notamment en ce qui concerne la presse électronique qui, avec plus de 400 sites électroniques informatifs, est devenue un secteur économique à part entière, et un acteur essentiel dans la réalisation de l’intégration dite nationale, dont le projet de réglementation est en cours de réalisation.
M. El Khalfi a également cité, dans ce sens, un travail commun entre le ministère de la Communication et le ministère de l’Industrie, du Commerce et des nouvelles Technologies qui engage le Maroc à «gagner le défi de la télévision numérique» à l’échelle internationale à l’horizon du 17 juin 2015. «Il est un peu difficile de gagner ce défi vu que la propagation de la télévision numérique, au niveau des familles, ne dépasse pas les 5%. Mais nous sommes en train de multiplier nos efforts au niveau technique et, si Dieu le veut, nous y arriverons».
Pour sa part, Abdelkader Aamara, ministre de l’Industrie, du Commerce et des nouvelles Technologies, a rappelé la pertinence du thème de ce colloque et félicité sa tenue. «Nous sommes en train de traiter d’une révolution numérique mondiale, indispensable au développement de toute société souhaitant avoir un pied dans l’avenir», mentionne-t-il.
Ensuite, il a donné un bref aperçu sur les différentes mesures prises par le Maroc afin de réussir le cap de cette révolution, en soulignant que le pays a toujours eu «une conception précise et une stratégie dans le champ numérique».
Depuis 2009, le Maroc travaille sur la stratégie du «Maroc numérique 2013» à laquelle plusieurs objectifs ont été fixés, se basant sur deux axes fondamentaux.
Le premier étant la transformation sociale qui consiste à établir une transformation en vue de l’utilisation des technologies nouvelles vu leur capacité à transférer la connaissance, le savoir et la haute technologie, et aussi à rapprocher les distances entre les différentes civilisations mondiales. Il y a eu, dans ce sens, des expériences «généralement acceptables», dont M. Aamara a cité : les projets «Génie» et «Nafida», mis en place en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale.
Ces deux projets consistent à distribuer différents outils informatiques aux professeurs et étudiants. Quant au deuxième axe, il s’agit de la confiance numérique. «Il ne peut y avoir de mutation numérique sans confiance numérique», souligne M. Aamara. Selon lui, c’est un point «fondamental qu’il ne faut pas négliger». Un travail énorme a été fait sur le plan législatif, le plan des infrastructures, et des administrations spécialisées dans la protection des systèmes informatiques afin de permettre aux citoyens d’avoir les garanties nécessaires dans le domaine numérique.
