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Vendredi 03 Juillet 2026
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Face à l’assèchement des crédits, les patrons misent sur l’autofinancement

L’accès des entreprises au financement bancaire devient moins aisé depuis quelque temps. Insuffisance des liquidités chez les banques et réticence de celles-ci à financer certaines activités économiques expliquent l’assèchement des crédits.

Face à l’assèchement des crédits, les patrons misent sur l’autofinancement
Les difficultés de financement n’affecteraient pas l’effort d’investissement chez les entreprises en ce moment.

L’accès au financement bancaire a été jugé globalement difficile au cours du premier trimestre 2012 par les industriels sondés dans le cadre d’une enquête réalisée par Bank Al-Maghrib (BAM). Et quand bien même les entreprises auraient accès au financement bancaire, c’est souvent au prix fort, à en croire les dirigeants d’entreprises approchés, qui estiment, par ailleurs, qu’au cours de la période considérée, le coût du crédit a marqué une hausse dans l’ensemble des branches, et plus particulièrement dans les industries chimiques et parachimique. Cet état de fait s’est répercuté sur la structure du financement des investissements envisagés à court terme. En effet, selon l’enquête réalisée par la Banque centrale, le crédit bancaire n’assure plus que 33% de ces investissements, au moment où l’autofinancement vient en première place avec 59% des montants investis, le reste étant financé par le crédit-bail (à hauteur de 6%) et à travers les augmentations de capital (environ 1%).

Ces difficultés d’accès au financement ne semblent toutefois pas affecter d’une manière significative l’effort d’investissement chez les industriels. En effet, d’après BAM, les dépenses d’investissement réalisées au cours des trois premiers mois de 2012 se sont accrues d’un trimestre à l’autre avec, toutefois, une stagnation dans les industries chimiques et parachimiques. Cet effort devrait même gagner en rythme à très court terme puisque les industriels anticipent globalement un maintien de la progression des investissements. En revanche, il faut préciser que les trésoreries des entreprises ont été affectées. En effet, leur situation comptable au cours du premier trimestre 2012 est jugée en dessous de la normale pour environ 45% des dirigeants sondés, contre 54% de patrons qui la trouvent normale et 1% supérieure à la normale, soit un solde d’opinion négatif de 44%. Cette situation a concerné l’ensemble des branches, avec un effet encore une fois plus marqué dans les industries chimiques et parachimiques.

Difficultés de recouvrement

La dégradation de la situation de trésorerie des entreprises est due en général aux difficultés de recouvrement et aux charges non financières. Sur le plan sectoriel, les difficultés de recouvrement ont grevé la trésorerie des industries chimiques et parachimiques et les industries mécaniques et métallurgiques, au moment où les charges non financières constituent le principal facteur impactant négativement la trésorerie des entreprises dans les autres branches de l’industrie.
Il faut souligner aussi que ce ne sont pas là les seuls soucis qui tourmentent les chefs d’entreprise. En effet, ces derniers se préoccupent aussi de la hausse du coût unitaire de production, qui s’est accru au cours du premier trimestre 2012.

Si cet accroissement a concerné l’ensemble des branches, il a plus particulièrement affecté les industries électriques et électroniques ainsi que les industries chimiques et parachimiques. Cette hausse des coûts unitaires de production s’explique en premier lieu par le renchérissement des matières premières non énergétiques et les coûts salariaux. À noter enfin que par secteur d’activité, les coûts financiers ont tiré vers le haut ce renchérissement dans les industries mécaniques et métallurgiques et dans les industries du textile et du cuir, alors que les coûts des matières premières non énergétiques expliquent la hausse des coûts dans les autres branches de l’économie. Lahcen Oudoud.

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