Environnement

La métropole fortement affectée par la pollution atmosphérique

Publié le : 17 février 2013 - Nadia Ouiddar, LE MATIN

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Facteur essentiel de progrès et de développement, les moyens de transport sont aussi une source importante de pollution atmosphérique. Les gaz d’échappement contiennent notamment des oxydes d’azote, du monoxyde de carbone, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et de composés organiques volatils dont le benzène, des particules (poussières, fumées), du gaz carbonique et du dioxyde de soufre. L’automobile rejette également des métaux lourds comme le plomb, le cuivre, le cadmium et le zinc.
Lorsque l’air est chaud et que le vent est faible, ces gaz produisent de fortes quantités d’ozone, un gaz très irritant pour les yeux, le nez, la gorge et les voies respiratoires. Il accélère aussi le vieillissement des végétaux. Le dioxyde de soufre est également responsable des pluies acides qui nuisent à l’environnement. L’importance de ces rejets dépend bien sûr des réglages, de la charge et du régime
du moteur.

La pollution engendrée provient avant tout des gaz d’échappement, mais également de l’usure des organes mécaniques et de frottement (freins, embrayage, pneus…) ou de l’évaporation des carburants. A titre d’exemple, le moteur d’une voiture rejette sur le premier kilomètre près de 50% de gaz de plus que les kilomètres suivants. Sachant que 72% du parc de voitures d’occasion au Maroc a une motorisation diesel et 75% des véhicules achetés neufs sont diesel, il convient de signaler que le moteur diesel rejette d’importantes quantités de particules fines et d’hydrocarbures imbrûlés, souvent dues à des conditions de fonctionnement et d’entretien défectueux ainsi qu’à la conduite. Avec un nombre de véhicules qui représentent le 1/3 du parc national, Casablanca est ainsi très mal lotie du point de vue de l’environnement.
1 800 tonnes de gaz d’échappement sont émises chaque année dans l’air de la capitale économique.
Les Casablancais sont les plus concernés par les maux dus à la pollution atmosphérique. D’après des recherches internationales, inhaler les fumées provenant des pots d’échappement provoque des changements dans le corps qui peuvent rendre les individus plus susceptibles de développer des attaques cardiaques ou des crises cardiaques.

Des scientifiques européens ont découvert que des caillots sanguins étaient plus susceptibles de se former chez des individus dans l’ensemble en bonne santé, mais exposés à des quantités relativement élevées de fumées provenant des pots d’échappement de moteurs diesel pendant une brève durée.
Cela pourrait provoquer le blocage d’un vaisseau sanguin, une crise cardiaque ou une attaque chez les personnes exposées. Le système nerveux peut également être impacté par la pollution au plomb de certains véhicules, de même que l’appareil digestif. Les fumées des pots d’échappement absorbées chaque jour par nos poumons ont un rôle significatif dans l’accroissement de diverses pathologies chroniques, allergies respiratoires et crises d’asthme. Elles provoquent aussi une irritation de la peau. Pis, elles peuvent être responsables de cancers et d’un excès de risque d’hospitalisation pour causes cardio-vasculaires, notamment chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

Étude

Une ancienne étude réalisée à Mohammedia sur des enfants âgés de 12 à 15 ans a montré la corrélation entre la pollution atmosphérique et les maladies d’asthme, de bronchite et d’allergie. En effet, sur une moyenne de 82 jours de suivi, les enfants ont souffert constamment de crise d’asthme et de symptômes respiratoires selon les concentrations journalières de particules polluantes mesurées par la station mobile de contrôle de la qualité de l’air.

A titre d’exemple, la survenue de la toux nocturne augmente de 53,9% lorsque la teneur du dioxyde de soufre SO2 augmente dans l’air. Les crises d’asthme augmentent aussi de 41,3% durant la même période. Dans ce contexte, l’étude précise que le monoxyde d’azote est également lié à la durée des épisodes de toux nocturnes et des infections respiratoires avec fièvre. Les symptômes de ces dernières augmentent de 33,8% avec l’augmentation du niveau de pollution. Il a été également révélé que le taux de plomb dans l’urine de ces enfants est deux fois supérieur à celui des enfants issus d’autres villes. Des études sur l’évaluation des impacts de la pollution atmosphérique sur la santé avaient aussi montré qu’à Casablanca, lorsque l’on passe du niveau bas au niveau élevé pour les fumées noires, on observe des augmentations de certains problèmes de santé allant jusqu’à 9% de la mortalité brute, 6% des consultations pour asthme et 37,8% des consultations pour infections respiratoires chez les enfants de moins de 5 ans.

Face à cette situation, la société civile et les militants pour l’environnement appellent à un contrôle sévère des centres de visite technique des véhicules. Le covoiturage, le tramway, l’usage de vélo et la marche sont aussi des alternatives pour diminuer le taux de pollution atmosphérique. La sensibilisation reste le premier moyen adopté par les environnementalistes. Dans ce cadre, le réseau Casa Environnement organise une série de débats et d’activités afin d’impliquer les Casablancais dans cette cause.
Toutefois, il faut savoir que les moyens de transport ne représentent qu’une partie des sources de pollution dans le Grand Casablanca. Les unités industrielles se taillent la part du lion dans ce domaine. 


Aïn Sebaâ est très polluéE

Selon les mesures de la Direction de la météorologie nationale (DMN), la zone d’Aïn Sebaâ est la plus touchée par ces effluents nocifs. En 2012, les stations de mesure de concentrations des polluants de l’air ont été de 60%. Cet taux est loin d’être conforme aux normes. Pas loin du boulevard Zerktouni, au quartier des hôpitaux la station de mesure installée au CHU a démontré que l’indice de qualité de l’air a été bon à 57% du temps en 2011. Avec la fin du chantier du tramway, la qualité de l’air est peut-être améliorée, mais le trafic routier participe à l’augmentation des particules polluantes.

  • La majorité des émissions d’oxydes d’azote est due au trafic routier.
  • Une voiture émet en moyenne 3 fois plus de gaz carbonique qu’un autobus.
  • Une voiture ou une moto consomme plus de carburant au ralenti pendant 10 secondes que si on arrête le moteur pour le redémarrer ensuite.
  • Une voiture consomme 10% de plus à 100 km/h qu’à 90 km/h et rejette d’autant plus de gaz polluants et de particules.

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