Les ententes anticoncurrentielles pratiquées entre certaines entreprises et leur impacte néfaste sur le jeu normal de la concurrence dans les marchés publics a constitué le principal thème de débat entre des experts nationaux et internationaux, réunis vendredi à Rabat. La rencontre organisée par l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) en partenariat avec l’Université internationale de Rabat (UIR) et l’École de l’économie de Paris (PSE) a repassé sous la loupe les différents aspects de la corruption au niveau du Maroc ainsi qu’au niveau international. Se tenant sur le thème principal «Les ententes anticoncurrentielles et la corruption dans les marchés publics», cette rencontre a été l’occasion pour les différents intervenants pour débattre de plusieurs thématiques relatives à la corruption via la projection de plusieurs exposés intitulés «La corruption dans le monde», «La corruption dans les partenariats public-privé : ententes anticoncurrentielles et corruption», «L’évolution du code des marchés publics au Maroc» et «Résister à la corruption : l’engagement éthique des entreprises, quel impact ?»
Une thématique très actuelle
Intervenant en ouverture de cette rencontre, Mohammed Khalid Laraichi, secrétaire général de l’ICPC, a insisté sur l’importance du sujet choisi en mettant la lumière sur l’aspect d’actualité de la thématique à la lumière de l’adoption d’un nouveau code des marchés publics au Maroc et les préparatifs pour la mise en place d’une commission nationale de la commande publique. De son côté, Abdessamad Saddouq, secrétaire général de Transparency Maroc, a relevé l’importance de la mise en place d’une structure indépendante de recours dans les marchés publics. Le responsable a par ailleurs insisté sur l’importance du suivi et du contrôle sur le terrain afin de sanctionner toutes les infractions et pour veiller à l’application et l’exécution des textes juridiques en place. La directrice de la chaire ETA (Économie de la transparence et de l’intégrité) à PSE et professeur d’économie, Ariane Lmabert-Mogiliansky, et qui compte à son actif plusieurs travaux de recherches en rapport avec la thématique de la conférence, a affirmé que les ententes et la corruption sont complémentaires. L’objectif commun des deux mesures est celui de réduire la concurrence et d’augmenter la rente, indique l’économiste.
Dans le même sens, l’experte affirme qu’il n’y a pas de solution finale à cette problématique. Toutefois, une lutte permanente et un suivi au quotidien s’imposent afin de remédier aux différentes situations. À la fin de cette conférence, une convention a été signée entre les trois organisateurs, à savoir l’ICPC, l’UIR et PSE. La convention a pour objectif de dispenser une formation de haut niveau aux étudiants en matière de transparence dans l’économie, d’intégrité, de reddition des comptes et de lutte contre la corruption, a indiqué le président de l’ICPC, Abdeslam Aboudrar. Le responsable a aussi insisté sur l’importance de joindre la formation en matière d’intégrité et de gestion transparente de la chose publique à la formation technique dans toutes ces formes, et ce, pour qu’elle puisse jouer son rôle dans la lutte contre la corruption.
