Une trentaine de toiles, toutes créées entre 2011 et 2012, représentent le style de Mohamed Anzaoui. Un travail propre à lui, dont la source d’inspiration n’est autre que sa ville natale Assilah où il a fait ses premiers pas dans la peinture.
« J’ai vécu dans une ville où j’ai connu la peinture depuis mon jeune âge. C’est la première ville où on a encouragé les fresques murales. Les enfants ont l’habitude de faire des ateliers de peinture.
Cela fait partie de leur éducation. Puis, il ne faut pas oublier que le festival international d’Assilah nous a permis de rencontrer de très grandes peintures, de les côtoyer de très près et de connaître ce qui se passe ailleurs dans le domaine des arts plastiques. Bien sûr, quand on s’attaque à son propre travail, en plus de toutes ces connaissances extérieures, il y a l’influence de notre entourage, notre société, notre culture, nos voyages, nos lectures et notre réflexion qui s’extériorisent dans le travail », souligne l’artiste Mohamed Anzaoui. Sa démarche plastique est, principalement, basée sur un travail manuel utilisant toutes sortes de matières, pourvu qu’elles accomplissent ce qui se passe dans sa tête. « Dans mon travail, je fais appel à plusieurs matières et différents supports, dont la toile, le bois, le papier,… Tout ce qui va dans le sens de ma création, je n’hésite pas à l’employer. Mon objectif est d’aboutir à mes recherches qui ne s’arrêtent jamais. Tant que l’artiste est en vie, il n’arrête pas de créer », ajoute-t-il.
En effet, en contemplant ses toiles, on est frappé par la diversité de ses sujets et compositions, dont la matière est le principal vecteur.
« J’ai découvert le travail de Mohamed Anzaoui, dans sa maison en pleine campagne près d’Assilah, ensuite dans son atelier qu’il partage avec d’autres artistes en ville. J’ai été vite impressionné par la gestuelle, le mouvement que présente la toile. De grandes toiles deviennent des espaces traversés comme dans un songe par des éléments volants, des images à peine esquissées, des personnages sortis du souvenir de Giacometti, des étoiles errantes, des gerbes de sable déguisées en fleurs sauvages et surtout une grande et belle espérance malgré le constat d’angoisse. Pourtant, ses toiles ne sont pas figuratives, même si la matière utilisée nous rappelle la terre, la face lunaire, un cratère pacifié, un espace agité par le vent qui rapporte la terre dorée ou peinte en rose dans un éclat qui nous enchante. Il y a là quelque chose d’humain, une humanité modeste, simple et riche en émotion », écrit Tahar Ben Jelloun dans le catalogue de présentation de l’artiste, où il exprime sa vision d’écrivain qui, d’après lui, ne s’y connaît pas en peinture.
Mais, possède une approche intuitive lui permettant de lire les toiles de Mohamed Anzaoui avec le cœur, de les sentir très profondément. C’est là où réside la capacité d’un artiste qui est capable de traduire et transmettre toutes ses émotions à travers sa créativité et sa recherche.
Cette créativité qu’il a découverte depuis un âge précoce, alors qu’il jouait avec ses amis sur la plage d’Assilah. « Pour nous tous, enfants d’Assilah, la mer et la plage étaient notre premier jeu et jouet, notre toile et notre matière première à la fois. On y trouvait le sable et l’eau, la chaux, l’argile et même le goudron rejeté par les bateaux et qui me fascinait par son noir aux reflets irisés », renchérit Mohamed Anzaoui.
