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Mardi 09 Juin 2026
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Moubarak Ammane sur les traces de la mémoire

● L’Institut français d’El-Jadida offre à voir, du 24 mai au 30 juin, la nouvelle collection picturale de l’artiste-peintre Moubarak Ammane.
● «Racine» est la thématique de cette exposition qui tourne autour de la mémoire humaine.

Moubarak Ammane sur les traces de la mémoire
Moubarak Ammane revisite les origines de l’homme.

La thématique de l’histoire et des racines a de tout temps préoccupé l’artiste Moubarak depuis ses débuts dans l’univers des arts plastiques. Car pour M. Ammane, «le passé fait partie de notre mémoire collective. On ne doit jamais l’oublier. Nous ne pouvons avancer qu’à partir de ce passé. Puisque toute civilisation est basée sur des critères liés aux racines. Ce passé est souvent revenu dans ma vie. Depuis que j’étais enfant, j’ai été attiré par les murailles des anciennes médinas où l’on pouvait distinguer plusieurs formes et couleurs, résultat des intempéries naturelles. Ce qui m’a toujours impressionné et suscité ma curiosité en essayant de déchiffrer ces images», souligne Moubarak qui trouve en l’art une mission noble pour raconter cela.

«L’art est un acte de pensée et de réflexion qui cherche à comprendre et à faire comprendre». Pour cela, l’artiste fait revivre sur ses tableaux les traces de l’homme de la préhistoire à travers son vécu où il met en exergue des scènes de guerre, des célébrations de mariages, des parties de chasse, des cérémonies rituelles, et autres ambiances de vie primitive. «En reconstituant ces étapes de la vie courante, on constate que la nature des événements qui marquent l’histoire de l’humanité et accompagnent l’existence de l’homme a toujours été la même», explique Moubarak, dont la quête au fin fond de l’histoire ne s’arrête pas là. Elle est allée plus loin dans la recherche des signes, leur développement et signification légendaire. «Je reste toujours dans ma recherche sur la mémoire. Seulement dans cette exposition, je la pousse plus vers une exploration du signe et de la matière.

D’où l’intitulé “Racine” de cette prestation pour qualifier l’évolution de ma quête très profonde dans la mémoire de l’humanité». Pour donner le ton à ces signes, l’artiste s’est essayé à une technique bien spéciale à base de poudre de cuivre, de fer, de calcaire et d’autres pigments naturels, les faisant évoluer en rapport avec son état d’âme et ses émotions idéographiques. «Je crois que j’ai encore des choses à dire dans ce projet sur la mémoire. Parce que ce n’est pas moi qui guide mes pensées. Mais, c’est elles qui me guident dans mon travail et développent mes sujets». Cet acte de présentation symbolique dégage, en effet, beaucoup de poésie et évoque une attention et un hommage au berceau de la production visuelle.

Par le biais de son alchimie naturaliste, Moubarak exploite la mémoire de l’humanité, en saisissant avec ingéniosité les traces des êtres sur terre. Dans ses compositions très originales, Moubarak nous mène dans un périple des plus captivants où les clairs-obscurs, les vides et les pleins, l’ordre et le désordre, le visible et l’invisible, la transparence et l’opacité, la suggestion et l’effacement cohabitent en parfaite harmonie, véhiculés par l’état d’âme de l’artiste et son imagination créative.

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