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Jeudi 07 Mai 2026
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Hollande promet «l’offensive» et une initiative européenne

Le Président François Hollande, de plus en plus impopulaire en France, a promis jeudi de placer «l’an II» de son mandat sous le signe de «l’offensive», notamment au plan européen, lors d’une longue conférence de presse sur fond de contexte économique extrêmement assombri.

Hollande promet «l’offensive»  et une initiative européenne
François Hollande a montré, après un an de pouvoir, sa détermination à faire sortir le pays de la crise. bPh. AFP

Ce grand oral, en présence de la quasi-totalité du gouvernement, intervient au lendemain d’une journée noire qui a vu la France entrer officiellement en récession, après deux trimestres consécutifs de recul de 0,2% du PIB, tandis que le pouvoir d’achat des ménages français a enregistré une baisse record de 0,9% en 2012. «L’an I a été entièrement consacré à la défense de notre souveraineté, la remise en ordre de notre économie, la sauvegarde de notre modèle social et la réparation des injustices», a déclaré M. Hollande. «L’an II, ce doit être l’offensive», a-t-il promis. Et «l’offensive, c’est d’abord de lancer une initiative européenne».
«Mon devoir c’est de sortir l’Europe de sa langueur et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l’avenir même de l’Union européenne», a-t-il dit. Il a notamment plaidé pour l’instauration d’un «gouvernement économique» entre pays de l’Union européenne «qui se réunirait tous les mois autour d’un président affecté à cette seule tâche». Tombé à des niveaux d’impopularité jamais vus pour un président sous la Ve République, François Hollande a montré après un an de pouvoir sa détermination à faire sortir le pays de la crise, affirmant sa volonté d’accélérer ses réformes conformément aux demandes de Bruxelles.

Grande nation
Le Président a débuté sa conférence de presse par un hommage aux soldats français intervenus au Mali qui, a-t-il dit, «ont fait aimer la France dans toute l’Afrique», illustrant «le rôle d’une grande nation qui est de pouvoir peser sur l’équilibre du monde». Sur la forme, l’intervention du Chef de l’État est très similaire à la première du même genre réalisée le 13 novembre: même scénographie, 400 journalistes dont 150 étrangers, réunis dans la salle des fêtes de l’Élysée, et même format, un propos liminaire d’une vingtaine de minutes suivi du jeu des questions-réponses, le tout ne devant pas excéder deux heures.

Outre ses orientations économiques, le chef de l’État devait être interrogé sur les violences lundi au cœur de la capitale en marge de la remise d’un trophée de football, qui ont mis à mal la crédibilité de son ministre de l’Intérieur Manuel Valls, et sur le fonctionnement du ministère de l’Économie. Le numéro deux du gouvernement, Laurent Fabius, chef de la diplomatie, a récemment réclamé «un patron» pour ce ministère dirigé par Pierre Moscovici. Malgré des rumeurs récurrentes de remaniement du gouvernement, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, cité à plusieurs reprises par le chef de l’État, ne devrait pas en faire les frais même si plusieurs de ses ministres ont plaidé pour une équipe réduite et plus cohérente que l’actuelle, pléthorique avec une quarantaine de ministres. Alors que la gauche radicale a imputé l’entrée de la France en récession à la «politique d’austérité» menée par François Hollande, l’opposition de droite a dit espérer l’annonce d’un changement de cap radical. «J’attends de lui un plan précis de réduction des déficits fondé sur la baisse des dépenses publiques et non sur la hausse continue des impôts», «des mesures fortes favorables à la compétitivité et à la lutte contre le chômage», a affirmé l’ex-Premier ministre UMP François Fillon, candidat à la primaire de son parti pour la présidentielle de 2017.

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