Le Maroc reste dépendant de l’approvisionnement à l’étranger en matière de céréales, mais il l’est moins que d’autres pays arabes. C’est l’une des conclusions intéressantes qui figurent dans une étude de la Banque mondiale publiée récemment sous le titre «La filière des céréales : sécurité alimentaire et gestion des importations de blé dans les pays arabes». Les auteurs de cette étude relèvent que la dépendance du Royaume à l’égard des importations est moins forte, car son niveau de production de blé est plus conséquent. Il n’y a qu’un seul autre pays arabe qui partage cette caractéristique avec le Maroc, en l’occurrence la Syrie.
Autre point fort du Maroc par rapport aux autres pays arabes : la conclusion d’Accords de libre-échange (ALE) avec un certain nombre de grands pays producteurs et exportateurs de céréales, notamment le blé. Et pour cause, «le développement de relations commerciales formelles avec les principaux pays exportateurs de céréales pourrait faciliter davantage l’importation de blé en provenance de sources fiables», renseigne le rapport de la Banque mondiale. En effet, le Royaume est lié par des ALE avec les États unis et l’Union européenne, qui comprend notamment la France et d’autres grands pays exportateurs de blé.
Il faut rappeler que la Russie et l’Ukraine figurent parmi les exportateurs importants de blé vers les pays arabes, y compris le Maroc, alors qu’il n’existe actuellement aucun accord commercial entre ces pays et ces deux grands exportateurs de blé. Le Maroc est également bien positionné en termes de coûts de la filière d’importation du blé, sachant que ces coûts dans les pays arabes d’une manière globale ont été jusqu’à quatre fois supérieurs à ceux des Pays-Bas, pays de référence retenu par l’étude de la Banque mondiale. En effet, il n’y a que le Sultanat d’Oman et le Bahreïn qui font mieux que le Maroc.
Coût du stockage
Concernant l’aspect spécifique du coût du stockage, on note que le Maroc n’est devancé que par l’Égypte et la Jordanie.
De même, il se défend bien en ce qui concerne les durées d’escale des navires au port, sachant que cet indicateur n’était disponible que pour le Bahreïn, le Maroc, l’Arabie saoudite, la Tunisie et le Yémen, tout comme pour les coûts de transport intérieur qui peuvent représenter jusqu’à 51% des coûts totaux dans la filière d’importation du blé dans certains pays. Cependant, l’étude relève quelques faiblesses de la filière au Maroc. Il s’agit notamment de la capacité de stockage qui demande à être développée. En effet, cette capacité suffit à stocker des réserves d’à peine 6,1 mois de consommation, alors que ce taux atteint 17 mois de consommation pour un pays comme Oman. D’après l’étude de la Banque mondiale, le Maroc et le Liban sont les seuls pays à ne pas avoir pour le moment de projets d’amélioration de leurs capacités de stockage.
Une autre observation intéressante concernant le Royaume porte sur les prévisions de consommation et de niveaux des stocks. L’étude estime en effet que les pays arabes qui produisent du blé pluvial, comme l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Irak et la Syrie, devront améliorer leurs méthodes de prévision de leurs récoltes intérieures de blé. Pour conclure, les auteurs de l’étude recommandent au Maroc d’envisager d’éliminer les droits de douane saisonniers à l’importation afin d’atténuer la congestion du port et de définir le rôle du secteur privé en matière de réserves stratégiques de blé.
