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Lundi 01 Juin 2026
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L'apprentissage des langues

Organisation d'un colloque international sur les cultures et littératures au Sud : productions littéraires, artistiques et didactiques du français.

L'apprentissage  des langues
Une identité forte se nourrit des autres apports linguistiques et culturels.
L'apprentissage des langues étrangères est le talon d'Achille du système éducatif national. Une réalité que nous partageons avec plusieurs pays de la région. Ce constat a été dressé par des experts maghrébins et étrangers lors d'un colloque international sur les cultures et littératures au sud : productions littéraires, artistiques et didactiques du français. Cette rencontre académique, organisée du 31 octobre au 2 novembre par l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF Paris) et la coordination des chercheurs sur les littératures maghrébines et comparées (Maroc) en partenariat avec les universités Mohammed V-Agdal de Rabat et Ibn Tofaïl de Kénitra, a offert l'occasion aux experts de se pencher sur une problématique qui n'a cessé de nourrir les discussions sur les avantages du multilinguisme.

Adepte de l'interculturalité et du dialogue des cultures, le doyen de la faculté des Lettres et des Sciences humaines, de Kénitra, Abdelhanine Belhaj, a estimé, lors de son allocution introductive, que l'adoption d'une stratégie didactique interculturelle éveille cet esprit critique, ce regard neuf qui constitue, selon lui, l'un des meilleurs moyens de renforcer la connaissance de sa propre culture par le biais de multiples rapports et comparaisons. D'après M. Belhaj «L'étudiant qui opère ce va-et-vient entre sa culture d'origine et la culture francophone, à titre d'exemple, développe une autre vision des choses et prend plus conscience d'un certain nombre de pratiques de sa propre société. La dimension interculturelle s'avère donc, dans un cadre de communication inter-didactique, un excellent facteur d'évolution de reconsidération de ce qui semble ordinaire et de réappropriation plus consciente, plus solide aussi, de son propre patrimoine culturel.»

Environnement multilingue
Evoquant l'expérience algérienne, la directrice de l'école supérieure des Sciences politiques d'Alger, Meriem Bedjaoui, a expliqué que dans un environnement multilingue depuis des millénaires, les langues étrangères, et notamment le français, ont été sciemment négligées, au profit d'une langue nationale «unificatrice» qu'il fallait se réapproprier au lendemain de l'Indépendance. Aujourd'hui, révèle-t-elle, la société algérienne en général et les universitaires en particulier se rendent compte de l'erreur de rejet des autres langues en présence (l'Amazigh et le français notamment), d'où les multiples écueils, ajoute-t-elle, qui se dressent dans les parcours de formation quel que soit le domaine.

Cet avis a été partagé par Haj Miliani, professeur à l'université Mostaganem et directeur de recherche associé au Centre de Recherche Anthropologique, Sociale et Culturelle. Il n'a pas manqué de souligner que la situation des langues étrangères est à peu près la même en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Le problème, dit-il, se pose avec acuité au niveau des universités où les étudiants qui ont fait leurs études primaires et secondaires en langue arabe se retrouvent, du jour au lendemain, face au manque de maîtrise de la langue d'enseignement, surtout en ce qui concerne les matières scientifiques. L'apprentissage des autres langues, affirme-t-il, n'est pas antinomique avec la maîtrise des langues maternelles. Une manière de dire que l'Homme est l'ennemi de ce qu'il ignore. Le regard que porte l'universitaire tunisienne, Samia Kassab Charfi sur l'acquisition des langues étrangères ne manque pas d'intérêt. Elle prône une approche écologique qui met l'accent sur l'importance de la diversité culturelle et linguistique et la nécessité de la préserver. A l'inverse de la terminologie guerrière de l'écrivain algérien Kateb Yassine qui déclarait que la langue française est «un butin de guerre», «la langue française, note-t-elle, fait partie de notre héritage historique, c'est une plus-value qui ne peut que renforcer notre ancrage culturel tout en s'ouvrant sur le monde. «Nous devons être fiers de notre richesse linguistique. Le monolinguisme ne peut qu'entraîner le repli sur-soi et nous menacer d'être au banc de la mondialisation. Une identité forte», conclut-elle, se nourrit des autres apports linguistiques et culturels.

Le regard porté sur la littérature n'est plus le même

Le vice-directeur du Centre de recherche culturelle et linguistique de l'université de Vinh, Vietnam, Binh Nguyen Duy a, de son côté relaté l'expérience vietnamienne en matière d'enseignement du français.
Il estime que la littérature française a exercé une forte influence sur la culture vietnamienne. Cependant, indique-t-il, force est de constater que la réception de la culture française a connu des hauts et des bas depuis
le début du colonialisme français en 1858 à nos jours.
Il a aussi révélé que la littérature française occupait, au début, le devant de la scène et plusieurs œuvres littéraires et philosophique ont été traduites à cette époque.
L'autonomie dans l'apprentissage des langues et entrées en littérature a été le thème choisi par l'enseignante des techniques d'expression et de communication des entreprises et des organisations à l'ENCG-Agadir, Amina Saoussany. Elle estime que l'intérêt actuel que la didactique porte à la littérature provient du fait que le regard porté sur la littérature n'est plus le même qu'autrefois. A cet égard, elle pense qu'en quelques décennies, enrichi par l'éclairage de la pragmatique, la poétique, la narratologie, la réception de l'œuvre, le texte littéraire a cessé d'être, comme le soulignait Migeot, un objet de vénération quasi-religieuse dont la production relèverait uniquement de l'inspiration et du don.
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