L’abandon scolaire en milieu rural

Les résultats positifs de l’appui social

Publié le : 25 février 2013 - Entretien réalisé par Jihane Gattioui, LE MATIN

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Le Matin : Quelle place occupe l’appui social dans la politique de l’Éducation nationale ?
Ahmed Fal Merkazi : L’appui social est un levier déterminant visant à rendre effective l’obligation de scolarité jusqu’à l’âge de 15 ans, en permettant l’égalité des chances d’accès à l’enseignement obligatoire. Le ministère de l’Éducation nationale a conçu les mesures de cet appui social de sorte à en faire un dispositif ciblé et adapté pour lever les barrières socio-économiques et géographiques qui entravent l’accès à l’enseignement obligatoire. Il s’agit aussi de favoriser la rétention des élèves à l’école en luttant contre les causes de l’abandon scolaire et la déscolarisation, notamment l’éloignement de l’école, le coût élevé de scolarisation et le phénomène du travail des enfants.

Le programme Tayssir, qui fait partie de l’appui social, s’est développé au fil des années. Avez-vous procédé à une évaluation de ce programme ? Et quelles sont ses perspectives ?
Les résultats de l’enquête pour l’évaluation d’impact lors de la phase expérimentale du programme «Tayssir» sont très satisfaisants et encourageants pour son extension géographique. Cette extension s’opère en fonction du taux de pauvreté indiqué par les études menées par le Haut Commissariat au Plan et du taux d’abandon scolaire dans les communes rurales. L’enquête a consisté à mesurer l’impact des transferts monétaires aux ménages sur l’amélioration des indicateurs suivants : le taux de rétention des élèves bénéficiaires, le niveau d’acquisition scolaire et le niveau de vie des ménages.
Les résultats préliminaires de cette enquête ont permis de constater une réduction du taux d’abandon de l’ordre de 57%. Le taux de retour des abandons est de l’ordre de 37%.
Concernant le niveau d’acquisition des élèves bénéficiaires, il s’est nettement amélioré. S’agissant des perspectives pour les prochaines années, il est essentiel de noter l’importance accordée au programme Tayssir par le gouvernement à travers la déclaration gouvernementale qui parle de sa promotion et son extension.
Quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de Tayssir ?
Nous nous félicitions de la qualité de la collaboration qui s’opère à chaque bimestre avec les partenaires du ministère de l’Éducation nationale dans ce programme, à savoir : le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Économie et des finances, l’association AMAS et Barid Al-Maghrib. En effet, le transfert monétaire aux 460 000 ménages, en relation avec 1 544 secteurs scolaires et 296 collèges du milieu rural, cinq fois par an, implique une coordination avec tous les partenaires et une grande mobilisation des équipes de Barid Al-Maghrib et du ministère de l’Éducation nationale, aux niveaux central, régional, provincial et local, pour assurer un service de proximité, notamment lorsqu’il s’agit du recours aux guichets ambulants. Notons, aussi que ces transferts requièrent chaque bimestre une remontée et un traitement des absences des 783 000 élèves bénéficiaires, afin de satisfaire la conditionnalité des transferts monétaires.

Le milieu rural, en particulier, souffre plus de la problématique de la déperdition scolaire. Quelles sont les autres mesures spécifiques prévues pour y améliorer le taux de scolarité ?
Outre le programme «Tayssir», l’appui social au ministère de l’Éducation nationale compte quatre autres mesures : le service des internats et cantines scolaires, le service du transport scolaire et l’Initiative royale «Un million de cartables», en plus de la distribution d’uniformes scolaires pour assurer l’équité sociale. La combinaison de ces mesures en packages appropriés selon la nature des bénéficiaires a démontré une efficacité dans l’amélioration du taux de scolarité en milieu rural. Par ailleurs, le recours aux «écoles communautaires» est prometteur pour améliorer le taux de scolarité et pour combattre la déperdition scolaire dans les zones enclavées.

L’entrepreneuriat dans le transport scolaire a-t-il abouti aux résultats escomptés ?
L’entrepreneuriat est un levier très important pour le développement et la promotion du transport scolaire. En effet, la convention tripartite signée entre le ministère de l’Éducation nationale, le ministère du Travail et l’ANAPEC, d’une part, et le cahier des charges adopté par le ministère de l’Équipement et du transport concernant «le transport scolaire pour le compte d’autrui», d’autre part, sont deux mesures en faveur de l’entrepreneuriat dans le transport scolaire. Pour renforcer la convergence avec ces partenaires et développer une meilleure gouvernance, nous sommes appelés à communiquer davantage autour de ces opportunités qui s’offrent aux entrepreneurs, aux associations de la société civile et à d’autres qui peuvent s’ériger en qualité d’«organisateurs du transport scolaire» ou en qualité de «transporteurs».

Le budget de l’appui social vous permet-il de répondre aux besoins de plus en plus croissants exprimés par les élèves ?
Le budget accordé à l’appui social, qui avoisine 50% de l’ensemble du budget de fonctionnement du ministère de l’Éducation nationale, a permis ces dernières années d’accompagner les besoins de plus en plus croissants, comme le montre la progression du nombre des bénéficiaires, chaque année scolaire, de l’ensemble des mesures d’appui social. Malgré cela, nous sollicitons davantage la contribution des différents partenaires pour assurer une couverture en mesure de satisfaire ces besoins en perpétuelle croissance.

Comment se fait la répartition de l’appui social sur les AREF ?
La répartition du budget de l’appui social sur les AREF se fait de manière très satisfaisante et exemplaire puisque, d’une part, les critères de répartition pour chaque mesure sont très clairs et font l’objet d’un consensus national et, d’autre part, le ministère a instauré des «conférences budgétaires régionales» qui s’organisent chaque année en préparation des réunions du conseil d’administration de chaque AREF (Académie régionale de l’éducation et de la formation). Ces conférences servent d’outil de négociation et de contractualisation entre le ministère et les AREF.

Le ministère a-t-il développé des partenariats avec la société civile et le secteur privé pour renforcer le volet de l’appui social ?
L’appui social étant géré de manière décentralisée, le ministère de l’Éducation nationale encourage, pour son renforcement, les AREF et les Délégations à développer les partenariats avec la société civile et le secteur privé. À cet effet, chaque AREF dispose de modèles de partenariat dont l’impact est considérable, en fonction des spécificités régionales, provinciales et locales.


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