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Hamas et Autorité palestinienne ferraillent

Derrière l'unité affichée autour de la libération d'un millier de détenus palestiniens en échange du soldat israélien Gilad Shalit, le Hamas et l'Autorité palestinienne s'affrontent à fleurets mouchetés sur les conditions de cet accord.

Hamas et Autorité  palestinienne ferraillent
Le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza, a dû en particulier justifier son consentement au bannissement de plus de 200 détenus libérés, qu'il refusait jusqu'alors. «Leur nombre est faible et ne représente pas même 5% du total de l'accord et leur éloignement se fera avec leur accord personnel et de leur plein gré», a déclaré à l'AFP Ismaïl Radwane, un dirigeant du Hamas à Gaza, au sujet des bannis vers l'étranger. «Ces prisonniers exilés auront la possibilité de revenir plus tard à Gaza lorsqu'ils le voudront, quant aux autres bannis, ils seront transférés à Gaza, qui est une partie libérée de la patrie», a-t-il argué.

L'accord conclu par l'intermédiaire de l'Egypte entre Israël et le Hamas prévoit l'échange du soldat contre 1.027 détenus palestiniens, dont 27 femmes, parmi lesquels 205 résidents de Cisjordanie ou d'Al-Qods-Est seront bannis, 164 vers Gaza et 41 à l'étranger. M. Radwane a rappelé que l'Autorité palestinienne, actuellement dirigée par le président Mahmoud Abbas, avait accepté en 2002 le bannissement à l'étranger de 13 Palestiniens en échange de la levée du siège israélien de la basilique de la Nativité à Bethléem en Cisjordanie. A l'époque, le Hamas n'avait pas eu de mots assez durs pour cet accord. «L'ennemi israélien nous prive de la légitimité de notre présence en Palestine. L'Autorité palestinienne est en train d'appliquer cette politique», avait alors accusé un des dirigeants du Hamas, Abdelaziz Rantissi. «Je préfère être découpé en morceaux plutôt que d'être expulsé».
L'Autorité palestinienne s'est réjouie de l'échange contre Shalit, mais son ministre des Affaires étrangères Riyad al-Malki a déploré que le Hamas ait accepté les mesures de bannissement exigées par Israël.
«Nous sommes très déçus par cette partie de l'accord car nous ne voulons voir aucun Palestinien expulsé de son propre territoire par une décision prise par son propre peuple», a-t-il déclaré à la chaîne France 24. M. Malki s'est en outre demandé si l'accord ne visait pas à «doper la popularité d'Israël, du gouvernement, et du Hamas vis-à-vis de l'Autorité palestinienne et du président Abbas», auréolé de son succès à l'ONU, après son discours et la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine, le 23 septembre.

M. Radwane a souligné de son côté que «la résistance avait brisé des lignes rouges de l'ennemi sioniste en le forçant à libérer les prisonniers d'Al-qods occupée, du Golan et des territoires palestiniens occupés en 1967 et des prisonniers qui ont effectué des opérations de martyre contre les sionistes». «L'accord comporte la libération d'importants dirigeants», a-t-il dit, citant Mohammad Salama Abou Khoussa et Naïl Barghouthi, les deux plus anciens prisonniers, ou Ahlam al-Tamimi, première femme de la branche armée du Hamas. Il répondait ainsi à la déception de l'opinion palestinienne concernant le fait que deux des détenus dont la libération était la plus attendue, Marwane Barghouthi, un dirigeant de la deuxième Intifada, et Ahmad Saadat, chef du Front populaire de libération de la Palestine (gauche radicale), ne figureraient pas dans l'échange.

Paris espère celle anticipée de Salah Hamouri

La France espère la remise en liberté anticipée du Franco-Palestinien Salah Hamouri, dont la peine s'achève fin novembre, «à l'occasion» des libérations annoncées de détenus palestiniens, a déclaré vendredi le ministère français des Affaires étrangères.
«La France a demandé aux autorités israéliennes à plusieurs reprises la libération anticipée de Salah Hamouri. Nous faisons et continuerons de faire passer ce message aux autorités israéliennes pour que, à l'occasion des libérations de prisonniers palestiniens prochaines, Salah Hamouri retrouve lui aussi la liberté», a affirmé lors d'un point-presse le porte-parole du ministère, Bernard Valero.
Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, avait un peu plus tôt salué «les efforts considérables» de la France pour la libération annoncée du soldat israélien, qui possède aussi la nationalité française Gilad Shalit, enlevé à Gaza en 2006 et espéré qu'elle en fera de même pour le Franco-Palestinien Salah Hamouri, à l'issue d'une rencontre à Paris avec le président Nicolas Sarkozy.

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