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Jeudi 28 Mai 2026
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Assad dans le déni de réalité

Dans un discours télévisé, le président syrien a nié toute responsabilité quant au rôle de ses propres forces dans la tragédie que connaît son pays.

Assad dans le déni de réalité
Le président syrien Bachar al-Assad, qui affronte un soulèvement populaire depuis dix mois, a estimé mardi que son pays faisait l'objet d'un «complot étranger» et a promis d'y répondre, la Ligue arabe dénonçant de son côté des attaques d'»éléments pro-régime» contre ses observateurs.

L'opposition syrienne a, elle, jugé que ce discours, le quatrième depuis le début de la révolte, était une «incitation à la guerre civile» laissant présager «un comportement encore plus criminel» du régime. Dans un discours télévisé, M. Assad a accusé des pays étrangers de «comploter» contre son pays, lançant : «Nous n'allons pas permettre la défaite de la Syrie qui signifiera la chute de la région entière». Depuis mi-mars, le régime syrien affronte un soulèvement populaire réprimé dans le sang, mais Damas n'en reconnaît pas l'ampleur et attribue les troubles à des bandes terroristes armées manipulées par des forces extérieures. La répression a fait, selon l'ONU, plus de 5.000 morts. Mais le président syrien a affirmé qu'»aucun ordre n'a été donné de la part d'aucune autorité pour ouvrir le feu» sur des manifestants. «Je gouverne avec la volonté du peuple et si je renonce au pouvoir ce sera aussi avec la volonté du peuple», a ajouté M. Assad qui a succédé à son père en 2000, alors que de nombreux pays appellent à son départ. M. Assad a par ailleurs indiqué qu'un référendum sur une nouvelle Constitution, annoncé à l'automne par les autorités, aurait lieu en mars. M. Assad a également évoqué «l'idée d'un élargissement du gouvernement qui accueillera toutes les forces politiques». Mais, a-t-il précisé, «nous ne voulons pas d'opposants qui reçoivent des (ordres) de l'étranger, qui nous font du chantage».

A Istanbul, le Conseil national syrien (CNS), regroupant la majorité de l'opposition, a affirmé avoir relevé dans ce discours «de l'incitation à la violence, à la guerre civile, des propos sur la division confessionnelle que le régime a lui-même fomentée et encouragée», a souligné Bassma Qodmani, membre du CNS.
Pour sa part, la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a affirmé que M. Assad «semble nier énergiquement toute responsabilité (...) quant au rôle de ses propres forces».

Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, a estimé que le président syrien était dans le «déni de réalité». «C'est un discours aux antipodes de ce que l'on pouvait attendre. Il incite à la violence et à la confrontation entre les parties», a-t-il ajouté. Sur le terrain, deux observateurs koweïtiens de la Ligue arabe ont été légèrement blessés lundi près de Lattaquié, sur la côte, selon le Koweït. «La Ligue arabe dénonce les actions irresponsables et les actes de violence contre ses observateurs», a réagi le chef de l'organisation panarabe Nabil al-Arabi, ajoutant qu'il tenait «le gouvernement syrien pour pleinement responsable de la protection» de la mission. Ces violences interviennent en pleine controverse sur les observateurs, en Syrie depuis le 26 décembre, vivement critiqués par l'opposition pour leur inefficacité à faire cesser les violences, avec 400 morts recensés par l'ONU depuis leur arrivée. Recevant le chef des observateurs, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé que Damas continuerait à assurer leur protection et empêcherait toute action entravant leur tâche.
Avec agence

Caravanes de la liberté

Des centaines de militants syriens et d'autres pays tenteront ce jeudi de pénétrer en Syrie depuis la Turquie et la Jordanie avec de l'aide humanitaire destinée à une population subissant depuis 10 mois la répression menée par Damas, a-t-on appris de sources concordantes mercredi.
«Nous souhaitons (...) apporter une aide humanitaire aux populations sinistrées exposées aux bombardements sauvages perpétrés quotidiennement par l'armée syrienne», affirment dans un communiqué diffusé sur Internet les organisateurs de cette initiative, intitulée la «Caravane de la liberté». Le groupe, qui dit être composé d'environ 1.500 «jeunes syriens indépendants accompagnés de jeunes pacifistes de différentes nationalités», entend franchir la frontière ce jeudi depuis Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, et Ramtha, en Jordanie.
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