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Mardi 12 Mai 2026
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Des soldats français à Kidal, dernier fief des groupes armés

L’armée française a pris position mercredi à Kidal, dernière grande ville du nord du Mali sous le contrôle de groupes armés, après avoir repris en 48 heures aux terroristes, avec l’armée malienne, Gao et Tombouctou.

Des soldats français à Kidal, dernier fief  des groupes armés
L’arrivée de soldats français à Kidal intervient après la reconquête, aux côtés de l’armée malienne et sans grande résistance, des deux plus grandes villes du nord du Mali.

Des «éléments français ont été mis en place cette nuit à Kidal», à 1 500 km de Bamako, dans l’extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, a affirmé mercredi à Paris le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard.

Il confirmait des témoignages sur l’atterrissage à Kidal d’un avion français, dans la nuit de mardi à mercredi.
«Ils ont pris position sur l’aérodrome», a déclaré un responsable de l’administration locale, dont le témoignage a été confirmé par des notables touareg et une source de sécurité de la région.
L’arrivée de soldats français à Kidal intervient après la reconquête, au côté de l’armée malienne et sans grande résistance, des deux plus grandes villes du nord du Mali, Gao et Tombouctou, aux mains de groupes terroristes armés qui y ont multiplié les exactions depuis plus de neuf mois.
Kidal était le fief d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), dirigé par Iyad Ag Ghaly (ex-rebelle touareg), un groupe terroriste armé allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Mais un groupe dissident d’Ansar Dine, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), a récemment affirmé tenir Kidal avec les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Le MIA a assuré rejeter le terrorisme et prôner une «solution pacifique» à la crise.

«Les Français ont rencontré des membres du MNLA et aussi le secrétaire général du MIA, Algabass Ag Intalla, ainsi que des notables locaux», a affirmé un membre de l’administration locale.
Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes terroristes, dont
Ag Ghaly et l’Algérien Abou Zeïd, un des émirs d’Aqmi, se sont réfugiés dans le massif des Ifoghas, montagnes au nord de Kidal, près de la frontière algérienne.

Des centaines de personnes ont fui Kidal vers des villages plus au Nord, vers l’Algérie, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, qui affirme que l’accès à la nourriture et aux biens de première nécessité a été sérieusement affecté par le conflit et la fermeture de la frontière.
Dans toutes les villes reconquises, les soldats français ont toujours pris soin d’apparaître aux côtés de militaires maliens, à qui ils laissent le soin de patrouiller les rues.
Mais à Kidal, le MIA et le MNLA ont affirmé leur vive hostilité à la présence de soldats maliens, craignant des exactions contre les communautés arabe et touareg.

Aux Africains de prendre le relais

Face au «risque d’exactions» et de représailles, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a souhaité «le déploiement rapide d’observateurs internationaux» pour veiller «au respect des droits de l’Homme».
De son côté, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a affirmé au journal Le Parisien que les forces françaises quitteraient «rapidement» le Mali. «Maintenant, c’est aux pays africains de prendre le relais», a-t-il souligné.

À Bamako, se projetant dans l’après-guerre, les députés ont voté mardi la mise en place d’une «feuille de route» politique, prévoyant une discussion avec certains groupes armés dans le cadre de la «réconciliation nationale». Et le président malien Dioncounda Traoré a déclaré espérer des élections avant le 31 juillet.
À Addis Abeba, une conférence de donateurs internationaux a levé 455 millions de dollars (338 millions d’euros) destinés aux besoins militaires et humanitaires du Mali.

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