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Jeudi 11 Juin 2026
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Le secteur de l’artisanat se remet en question

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Le secteur de l’artisanat est une plaque tournante dans l’économie de la région Fès-Boulemane. C’est la source de revenus pour près de 33% de la population de la ville de Fès et plus de 75% des habitants de la médina. Cependant, la pollution qui en résulte constitue une véritable menace pour la santé des habitants. Consciente de ce danger, la Chambre d’artisanat de Fès-Boulemane a entrepris plusieurs actions en matière de protection de l’environnement.

En effet, et outre son appui à la création des quartiers artisanaux de Benjellik et Aïn Nokbi, qui visent à lutter contre les activités polluantes des secteurs de la dinanderie et de la poterie dans la ville de Fès, et sa participation dans l’étude de l’impact sur l’environnement par la substitution aux fours traditionnels des fours à gaz dans la poterie, la Chambre d’artisanat de Fès-Boulemane, organise régulièrement des campagnes de sensibilisation dans le domaine de la protection de l’environnement, en faveur des artisans de la région. En outre, dans le cadre du projet RIFA (Réseau interrégional pour l’adaptation de la formation technique et professionnelle aux besoins de l’artisanat), la Chambre d’artisanat de Fès-Boulemane s’est mobilisée, avec ses partenaires de la Chambre allemande des métiers Rhin-Main, pour établir une stratégie uniforme et durable susceptible de développer l’artisanat en adéquation avec les exigences de l’environnement. Cette stratégie consiste, selon Mohamed Abdellaoui, directeur de la Chambre d’artisanat de Fès-Boulemane, à intégrer d’abord le concept de la protection de l’environnement dans le cursus éducatif des établissements de formation technique et professionnelle et à créer des centres d’éducation et de formation sur l’environnement.

« Cette démarche devra ainsi contribuer à sensibiliser les artisans, à les informer sur le danger des matières chimiques et toxiques et à les encourager à utiliser des matières naturelles, des peintures écologiques et des stations de recyclage des eaux artisanales pour récupérer les métaux et les substances toxiques », précise-t-il. Les autres volets de cette stratégie comprennent la création de Caisses spéciales pour subventionner les initiatives dans les domaines qui préservent l’environnement, la réduction de la pression fiscale pour les entreprises artisanales qui utilisent des équipements moins polluants ainsi que la mise en place d’études sectorielles mesurant l’impact des produits toxiques dans le processus de production artisanale. M. Abdellaoui souligne également la nécessité d’une prise de conscience collective, au niveau des entreprises artisanales, de l’importance de leur implication dans la recherche de solutions pour la lutte contre les activités polluantes du secteur de l’artisanat.

Aïn Nokbi et Benjellik sur les rails

Les travaux de réalisation des villages artisanaux d’Aïn Nokbi et de Benjellik, qui permettront de déplacer les activités artisanales polluantes en dehors de la médina de Fès, vont bon train. Le premier, qui prévoit la construction d’un « fondouk » : un bâtiment de 2 étages, offrant environ 3.800 m2 de surface utile, accueillera 77 ateliers de dinandiers et 33 unités de production ; un bâtiment d’un étage, accueillant un atelier destiné à la dinanderie et un local commercial pour matières premières de dinanderie.
Le coût global de sa réalisation est estimé à 28 millions de DH, alors que celui des 33 unités de production est de près de 30 millions de DH.
Quant au deuxième, doté d’une enveloppe budgétaire de 33 millions de DH, il est destiné à accueillir 197 unités de poterie et de « zellige » de la ville.

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