Mohammed, Sceau des Prophètes

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Hadith du jour
Selon Abou Houraïra, le Prophète Sidna Mohammed (que la Bénédiction et le Salut de Dieu Soient sur Lui) a dit :
Traduction : Association Al Imam Al Bokhari

(suite)
Abdallah et Abou Tâlib étaient nés de la même mère, nommée Fatima, fille d'Omrân, fils d'Amrou al Makhzou, Abdou'l-Mottalib, jeta le sort trois fois sur tous ses fils et trois fois le sort tomba sur Abdellah. Alors Abdou'l-Mottalib se disposait à le tuer. Abou Tâlib et ses autres fils vinrent tous et dirent à Abdou'l Mottalib qu'ils ne le souffriraient pas.
Abdou'l Mottalib leur dit : Je me suis engagé par un voeu envers Dieu ; Dieu ayant fait réussir mon entreprise, je ne peux pas me soustraire à la nécessité de lui offrir en sacrifice un de mes fils, pour accomplir mon voeu. Ses fils répliquèrent : Nous ne te laisserons pas faire et ils lui enlevèrent Abdallah, qui avait pour lui encore plus d'affection que les autres, alla trouver ses oncles des Bei Makhzoum, et leur dit que son père voulait offrir en sacrifice Abdellah.
Les Beni Makhzoum se rendirent auprès d'Abdou'l Mottalib et lui déclarèrent qu'ils ne le souffriraient pas : ils lui dirent : tu es le chef des Qoraïschites; si tu offres en sacrifice ton enfant, la coutume s'en maintiendra parmi eux, et la race des Qoraïschistes s'éteindra, Abdou'l-Mottalib répliqua : Que faire ? Je me suis engagé par un voeu envers Dieu, et il faut que je l'accomplisse. Les autres dirent, Abraham, l'ami de Dieu, qui fut plus grand que toi, ayant fait voeu d'offrir en sacrifice Ismaël, reçut de Dieu une rançon pour son fils ; toi aussi offre une rançon à la place de ton fils Abdou'l-Mottalib dit : Que Dieu veuille accepter pour sa rançon tout ce que je possède ! Je sacrifierais volontiers tous mes biens; car il m'est le plus cher de tous mes enfants. Les autres dirent : il y a à Khaîbar une devineresse, la plus savante de ce temps ; il faut te rendre auprès d'elle ; elle te dira ce qu'il faut faire. Abdou'l Mottalib partit pour Khaïbar, avec Abdellah. Abbâs et Abou –Tâlib, et adressa sa demande à la devineresse. Celle-ci dit : Place d'un côté dix chameaux, et de l'autre ‘Abdellah ; puis consulte le sort. Si le sort tombe sur les chameaux, tu sauras que Dieu accepte la rançon de ton fils ; si le sort tombe sur ton fils, augmente le nombre des chameaux, et recommence, et augmente toujours le nombre jusqu'à ce que le sort tombe sur eux ; alors tu sauras que Dieu accepte cette rançon, t tu offriras les chameaux en sacrifice. Abdou'l-Mottalib retourna heureux à la Mecque. Il plaça dix chameaux en face d'Abdellah, et consulta le sort; le sort tomba sur Abdellah. Alors l ajouta dix autres chameaux, puis dix autres, et ainsi de suite ; enfin quand le nombre fut de cent chameaux, le sort tomba sur les chameaux. Abdou'l-Mottalib les offrit en sacrifice et en donna la chair aux pauvres. Le Prophète a dit : ‘Je suis le fils de deux victimes' c'est-à-dire deux de mes ancêtres ont dû être immolés Ismaël et Abdellah ; mais Dieu a accordé à l'un et à l'autre une rançon. Lorsque Abdellah eut atteint l'âge viril, Abdou'l-Mottalib le maria avec Amina, fille de Wahb, fils d ‘Abd-Manaf, fils de Zohra, de la tribu de Zohri, Abdellah ayant conduit sa femme dans sa maison vivait avec elle. Il y avait à La Mecque un chrétien nommé Waraqa, fils de Naufal, qui était devin. Il avait une soeur devineresse, nommé Oumm-lqbâl ( ?).
Celle-ci, étant assise un jour à la porte de la Ka'ba, lorsque Abdallah en sorti et se dirigea vers sa maison, remarqua sur son front un éclat, qui était celui du Prophète. Elle avait lu dans les Ecritures que le Prophète devait naître.
Elle appela Abdallah auprès d'elle et lui dit : Qui es-tu ? Il répondit : je suis le fils d'Abdou'Mottalib. Es-tu celui qu'Abdou'l Mottalib a voulu offrir en sacrifice, par suite de son voeu? – Oui, je suis, dit elle, la fille de Naufal, soeur de Waraqua; si tu me prends pour femme je te donnerai cent chameaux.
Elle ne savait pas qu'Abdellah était marié. Il consentit et lui dit : Reste ici, je vais à la maison pour en parler à mon père. Quand il entra dans sa maison, Amina se jeta à son cou ; cédant à sa passion, il s'unit à elle, et le Prophète fut conçu dans le sein d'Amina. L'éclat dont avait été entouré le front d'Abdellah avait disparu lorsqu'il se rendit ensuite auprès d'Oumm Iqbâl. Celle-ci ne voyant plus le rayonnement sur sa figure, reconnut que le trésor qu'il avait porté en lui était sorti de son corps. Ayant appris de lui qu'il avait une femme et qu'il venait de s'unir à elle. Oumm Iqbâl lui dit : va, je n'ai plus de désir. Abdallah s'en alla. Nous avons déjà raconté la naissance du Prophète et son histoire jusqu'au moment qu'il entra dans la maison d'Abdou Tâlib, qui le traitait avec bonté.
Il y resta jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Dans sa vingt-cinquième année, il épousa Khadija.
Mariage du Prophète avec Khadija
Khadija était de la parenté de Mohammed de la tribu de Qoraïsch, elle était fille de Khouwalid, fils … d'Asad, fils d'Abdou'Lozza, fils de Qoçayy. Elle avait perdu son mari, qui lui avait laissé une fortune considérable, et elle faisait le commerce. Elle avait un affranchi, nommé Maïsara, homme probe et sûr, qu'elle env oyait, chaque année, avec une caravane de marchandises, en Syrie. Mohammed était connu parmi les Qoraïschiste pour sa probité, son honnêteté et sa droiture ; on l'appelait Mohammed-al-Amin (l'homme sûr).
Lorsqu'on parla de lui à Khadija, elle le fit appeler et lui dit : fais, cette année, le voyage commercial en Syrie avec mon esclave. Il n'y avait presque personne à La Mecque qui eût une si grande quantité de marchandises que Khadija. Quelques-uns disent qu'elle engagea Mohammed pour un salaire, d'autres prétendent qu'elle le prit comme associé.
Mohammed partit avec Maïsora. Pendant le voyage, chaque fois que le soleil devenait brûlant, un nuage venait abriter la tête de Mohammed: quelquefois, il venait un ange qui lui donnait de l'ombre.
Ces circonstances étaient observées par Maïsara. Arrivée près du territoire de la Syrie, la caravane fit halte près d'un ermitage, à l'ombre d'un arbre. Pendant que Mohammed dormait à l'ombre de cet arbre, à un certain moment, le soleil étant monté plus haut, l'ombre s'éloigna. Alors l'arbre se courba vers la terre, les branches s'étendirent du côté où tombaient les rayons du soleil, et abritèrent ainsi Mohammed. L'anachorète qui habitait cet ermitage, regardant au dehors et voyant (ce phénomène), descendit et demanda. Ayant été conduit auprès de Maïsara, il lui dit : qui est cet homme qui dort là ? Maïsara répondit : c'est un de mes serviteurs. L'anachorète dit : Garde-toi de le considérer comme un serviteur ; il est prophète de Dieu, c'est le plus parfait de tous les êtres. Ensuite, les gens de la caravane entrèrent en Syrie et vendirent les marchandises ; les objets qu'ils avaient achetés pour un dirham : ils les vendirent avec un profit de dix dirhams ; puis il s'en retournèrent.
Quand la caravane de Maïsara rentra à La Mecque (cette circonstance ne se trouve pas rapportée dans cet ouvrage de Tabari, elle se trouve dans d'autres traditions), Khadija, assise sur son balcon et regardant sur la place, remarqua que Mohammed sur le chameau, au milieu de la caravane, était abrité par un nuage contre l'ardeur du soleil.
Elle s'en étonna en silence. Lorsque toutes les marchandises furent vendues avec grand profit, Khadija dit à Maïsara : « Ce jeune homme de la famille de Hâschim m'a porté bonheur ; quand tu conduiras encore une caravane, prends-le avec toi. Alors Maïsara lui raconta ce qu'il avait vu concernant Mohammed pendant le voyage, ainsi que les paroles de l'anachorète. Khadija, qui était une femme intelligente, dont les affaires étaient très étendues et la fortune considérable, avait été demandée en mariage par les principaux personnages de La Mecque ; mais elle n'en avait accepté aucun.
Elle appela Sidna Mohammed (P.S) et lui dit : «Tu sais que je suis une femme considérée et que je n'ai pas besoin d'un mari. J'ai refusé tous les hommes importants qui m'ont demandée. J'ai jeté les yeux sur toi, car je t'ai trouvé honnête, et tu prendras soin de ma fortune. Va trouver ton oncle Abou-Talib et dis-lui qu'il me demande pour toi à mon père».
Le père de Khadija, Khouwailid, vivait encore. Mohammed parla à Abou-Tâlib, qui alla trouver Khouwailid et lui demande la main de Khadija pour Mohammed.
Khouwailid lui dit : «Tous les grands personnages parmi les Qoraischites ont demandé ma fille en mariage ; je ne la leur ai pas accordée ; et je la donnerais maintenant à un orphelin pauvre? La réponse de Khouwailid fut rapportée à Khadija, qui invita les principaux habitants de La Mecque, son père, Abou-Tâlib et Mohammed.
Elle dit à ce dernier : «Dis à Abou-Tâlib que, lorsque mon père sera ivre, il me demande en mariage dans cette réunion même, sans tarder». Khadija fit verser à son père du vin en grande quantité et plus qu'à Abou-Talib. J'ai lu dans toutes les traditions qu'Abou-Bakr, après sa conversion, tint sa foi secrète; mais chaque fois qu'il se trouvait dans la mosquée à causer avec quelqu'un, il lui en parlait et l'engageait à l'islamisme ; il conduisait auprès du Prophète ceux qui acceptaient ; et ils prononçaient la profession de foi. Les incrédules n'osaient pas l'attaquer : seulement ils Le raillaient, frappaient ses amis qui ne pouvaient pratiquer les inclinations et les prières, sans recevoir sur leurs têtes des pierres et sans être maltraités. En outre, ils faisaient des pièces de vers satiriques contre le Prophète et contre ses amis. Cependant, Mohammed accomplissait sa mission et récitait le Coran, sans que personne y répondît ou y crût. A l'époque du pèlerinage, le Prophète allait à Arafât et appelait à Dieu les hommes des différentes contrées qui, en retournant dans leur pays, y répandaient sa réputation. Alors, il venait de tous les côtés des Arabes pour voir quel était cet homme et ce qu'il disait ; et ils devenaient croyants.
De cette manière, le nombre des adhérents du Prophète s'accrut des Arabes de La Mecque et de Bat'hâ, et des Arabes du désert. Les Qoraïschites incrédules les attaquaient, partout où ils les trouvaient réunis, par des railleries, des injures et en lançant sur eux des pierres et ils les dispersaient. Il se passa ainsi un certain temps. Les adhérents du Prophète qui avaient à souffrir ces actes d'hostilité de la part des incrédules s'en plaignaient à Lui ; mais Il leur recommandait la patience, parce qu'Il n'avait pas encore reçu l'ordre d'agir. Chaque verset du Coran qu'Il recevait Lui ordonnait la patience. Dieu Lui rappelait les faits des prophètes antérieurs, comment ceux-ci avaient supporté de la part de leur peuple beaucoup de violences, qu'ils avaient endurées pour obtenir le rang des martyrs. Patiente, toi aussi, lui disait-Il, afin d'acquérir ce rang, dont tu es le plus digne.
Dans un autre verset, Dieu Lui disait : «il y a eu avant toi des prophètes qui ont été accusés de mensonge par leur peuple et qui ont été maltraités. Ils ont patienté jusqu'à ce que Je leur eusse donné la force. Patiente aussi jusqu'à ce que Je te fortifie plus que ceux-là».
Dieu l'ordonnait ainsi parce que les adhérents du Prophète étaient moins nombreux que les incrédules, et que le moment d'agir n'était pas encore venu. Lorsque, plus tard, Mohammed accomplit sa fuite à Médine, que les habitants de cette ville se rallièrent à Lui et que le nombre des musulmans fut considérable, alors Dieu Lui ordonna de faire la guerre aux incrédules, de les attaquer par l'épée et de les tuer partout où Il les rencontrerait. Il Lui ordonna alors l'action violente, comme Il Lui avait ordonné à La Mecque la patience. Les incrédules étaient embarrassés devant l'attitude des musulmans : plus ils les attaquaient et les insultaient, plus ceux-ci leur opposaient de la patience.
Enfin, les musulmans leur abandonnaient la mosquée et se renfermaient dans leurs maisons pour faire la prière, ou se rendaient dans la montagne pour n'être pas vus des incrédules. Or, un jour, Sa'ad, fils d'Abou Waqqâç, s'étant rendu avec les adhérents du Prophète sur le mont Hirâ, pour y prier, un homme d'entre les incrédules qoraïschites vint sur la montagne et vit comment Sa'ad accomplissait la prière. Lorsque celui-ci baissa la tête pour faire l'inclination, il saisit une pierre et la lança sur le dos de Sa'ad qui supporta en patience la douleur qu'il en ressentit.
Sa'ad accomplissant l'inclination une autre fois, cet homme prit une autre pierre et le frappa sur le dos avec plus de violence que la première fois. Sa'ad, ayant fini le salut, saisit un os du cadavre d'un chameau qui se trouvait là, en frappa l'infidèle sur la tête et lui brisa le crâne.
Cet homme, couvert de sang qui coulait de sa blessure sur tout son corps et sur son vêtement, rentra à La Mecque. Les incrédules, le voyant dans cet état, se rassemblèrent.
Sa'ad appartenait à la tribu de Zohra et était un homme respectable et très considéré, ayant un grand nombre de parents ; c'était l'homme le plus respectable parmi les Qoraïschites. Les incrédules, n'osant rien contre lui, dirent : «Il faut nous en prendre à Mohammed ; nous Le tuerons pour nous en débarrasser». Mais ils n'osèrent pas L'attaquer, à cause d'Abou-Tâlib, car les Béni-Hâschim, très nombreux à La Mecque, obéissaient tous à Abou-Tâlib. Les incrédules de toutes le tribus se réunirent à la mosquée et de là se rendirent chez Abou-Tâlib qui refusa de les recevoir.
La dignité d'Abou-Tâlib était telle qu'il avait un portier et que, selon son bon plaisir, il donnait audience aux gens ou refusait de les recevoir. Cette distinction, à La Mecque, n'appartenait qu'à lui.
Les incrédules s'étant réunis de nouveau et étant venus à la porte d'Abou-Tâlib, celui-ci leur refusa encore audience. Enfin, le troisième jour, Abou-Tâlib les reçut.
Ils entrèrent, firent entendre des plaintes au sujet de Mohammed et dirent : «Les choses en sont arrivées à l'extrême ; les adhérents de Mohammed sont devenus nombreux, le sang a déjà coulé. Nous craignons que quelques têtes chaudes d'entre les Qoraïschites ne s'attaquent à Lui et ne le tuent ; car alors la guerre éclaterait entre les Béni-Hâschim et les Qoraïschites, et le sang commencerait à couler parmi nous et ne cesserait plus de couler. Vois quel est le prix que tu demandes pour le sang de Mohammed afin que nous réunissons l'argent pour te le donner ; tu nous livreras Mohammed, nous Le tuerons et délivrerons La Mecque de cet embarras. Nous savons que tu n'es pas de son parti et que tu n'approuves ni ses discours ni ses actes». Abou-Tâlib répliqua : «Mohammed n'est pas mon neveu mais mon fils chéri que j'aime plus que tous mes fils. Son père étant mort pendant qu'Il était encore au sein de sa mère, c'est moi qui l'ai élevé.
Comment pourrais-je vous Le livrer pour Le faire mourir ? Et quand vous L'aurez tué, de quoi me servirait le prix de son sang? Avez-vous jamais vu quelqu'un qui ait vendu le sang de son fils et qui l'ait livré à la mort en acceptant l'amende ?
N'y songez pas ; car aussi longtemps qu'il existera un seul descendant de Hâchim, Mohammed ne sera pas livré». Les incrédules, désespérant de ne rien obtenir de lui, s'en retournèrent et se réunirent dans la mosquée.Walîd, fils de Moghaïra, avait un fils nommé ‘Omâra qui avait atteint l'âge de puberté et dont la barbe commençait à croître. C'était le jeune homme le plus sage et le plus beau de toute la jeunesse des Qoraïschites.
Abou-Talib l'avait en grande estime, l'appelait son fils et le gardait souvent chez lui dix jours, vingt jours ou un mois. Sa beauté ainsi que sa bonne conduite inspireraient de l'amour pour lui à presque toutes les femmes de la ville de La Mecque ; mais lui, sage et raisonnable, n'en regardait aucune ; on ne l'avait jamais soupçonné d'avoir eu des rapports avec aucune femme, sauf avec Hind, la mère de Mo'âwiya.

(à suivre…)
Publié le : 5 Août 2011 - LE MATIN

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