Mohammedia

Démolition de la «Villa de la tranquillité»

Publié le : 12 juin 2013 - Abdelmajid Boustani, LE MATIN

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Les habitants de Mohammedia sont préoccupés et attristés par la démolition de la «Villa de la Tranquillité» située au quartier La Colline. Depuis un certain temps, les ouvrages d’art anciens, les vielles bâtisses et édifices qui constituent le patrimoine historique et la mémoire de la ville sont menacés.

Tout ce qui a un intérêt historique et architectural dans la cité des fleurs continue de se dégrader ou bien a été rasé sans réaction des services concernés. Pire encore après la destruction de l’un des plus anciens ouvrages le «Pont portugais» et les bâtiments de l’ancienne gare construite en 1930 réaménagée à l’époque avec un cachet historique, c’est au tour d’une demeure emblématique de connaître le même sort.

En effet, la «Villa de la Tranquillité» au nom évocateur de paisible ainsi que diverses dépendances, jardins et plantations d’arbres réalisés entre 1929 et 1931 par le prince Charles Murat et la princesse, née Margaret Stuyvessant, a été complètement rasée dans l’indifférence totale.

Pour les nostalgiques, il ne reste plus de l’histoire de la ville et de ses richesses patrimoniales que le doux souvenir. La poussée démographique et l’extension urbanistique effrénée ont altéré l’aspect authentique de la ville, ainsi que ses richesses patrimoniales qui avaient contribué à son rayonnement.
Les transformations, explique Najib Zahraoui, président de l’Association de la casbah, ont dénaturé l’aspect authentique de la ville notamment la casbah.

«En dépit de nos nombreuses doléances, souligne Najib Zahraoui, c’est toujours la sourde oreille de la part de ceux qui sont censés veiller à la sauvegarde et à la réhabilitation du patrimoine de la ville qui constitue une richesse historique et touristique. Comment peut-on rester insensible à la dégradation continue des remparts de la casbah de ses anciennes bâtisses dont certaines menacent ruine ?» s’indigne-t-il.
Nombreux sont ceux qui, comme lui, plaident en faveur de la réhabilitation de ces lieux liés à l’histoire. Pour cette autre militante associative, «le patrimoine de la casbah est un héritage du temps, c’est une mémoire vivante qu’il convient de préserver. La destruction de la “Villa de la Tranquillité” est une autre erreur qui tronque la ville d’une partie de son histoire».

Cette villa appartenait à Ben Bouazza Al Majdoub. Elle lui a été confisquée à l’époque. Elle se caractérise par son style architectural arabo-mauresque. L’histoire ne va malheureusement pas changer la donne ni ressusciter la défunte «Villa de la Tranquillité».

L’article 50 de la charte communale cite que parmi les attributions du président du conseil communal figure la participation à la sauvegarde et à la protection du patrimoine historique et culturel. Ce dernier doit prendre les mesures nécessaires conformément à la législation et réglementation en vigueur.

Face à la dégradation des richesses patrimoniales, les pouvoirs publics, les collectivités locales, les associations, la société civile et l’université sont interpellées pour sauver les anciens édifices, les murailles et les bâtisses de la casbah pour réconcilier Mohammedia avec son histoire.


Destruction du patrimoine

Nombre de bâtiments d’époque ont été détruits, ainsi le pont construit par les Portugais et le Pont Blondin qui ont été rasés et remplacés par de ponts plus modernes et plus adaptés au trafic routier. Il en va de même pour la Briqueterie de Fedala, l’une des premières sociétés de la ville. Créée en 1912, la Briqueterie était spécialisée dans la fabrication de briques et de tuiles. Aujourd’hui, elle n’existe plus.
L’ancienne gare de Mohammedia construite en 1930 a été démolie, alors qu’on l’avait rénovée plusieurs fois auparavant. Or, la conservation de sa façade d’époque aurait été plus appropriée, ainsi qu’on l’a fait pour Rabat.

Repères
  • Les anciennes «Villas fleuries» aux conceptions attrayantes de la ville basse ont disparu devant la poussée de l’urbanisation accrue laissant place aux immeubles qui ont défiguré l’esthétique des lieux.
  • Les services concernés doivent s’impliquer pour préserver l’esthétique de la ville et freiner l’hémorragie qui guette ses richesses patrimoniales.

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