Transparence, réactivité et information en temps réel. Voilà des défis qui se posent chaque jour aux directeurs des systèmes d’information au Maroc. Pour y répondre au présent tout en anticipant sur ceux du futur, l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc (AUSIM) vient de publier, en partenariat avec le cabinet international IDC, sa première édition du baromètre des DSI au Maroc. Il est réalisé sur la base d’un échantillon de 200 DSI nationaux. «L’objectif est d’avoir un outil périodique. Annuellement, un travail de terrain sera mené qui cernera pour chaque édition de nouveaux secteurs d’activité», explique Mohamed Bennis, président de l’AUSIM.
Ce baromètre, dont la publication sera annuelle, apporte plusieurs enseignements. Il en ressort ainsi que les DSI marocains sont confrontés à un vrai challenge : l’explosion des «data» (flux de données), un nombre d’usagers croissants, une diversité de terminaux et des parcs informatiques lourds à gérer. «Le rôle du DSI devient de plus en plus stratégique dans les entreprises, quel que soit leur secteur. Le baromètre met en avant quatre forces de transformation en matière de technologie de l’information. Les données mobiles vont exploser et se développer encore tandis que les dépenses de cloud computing (stockage virtuel) augmenteront quatre fois plus vite que le secteur», commente Ouafa Kathir, directrice générale du cabinet IDC pour l’Afrique du Nord, l’Afrique francophone, le Moyen-Orient et la Turquie, qui précise par ailleurs que «le marché des données va croître de 40% par an jusqu’en 2015. Environ 85% des entreprises auront recours aux médias sociaux pour prendre leurs décisions commerciales et stratégiques au cours des dix ans à venir».
Mieux se connecter aux usagers
Il faut souligner une réalité importante dans ce contexte : les freins à la diffusion de smartphones tombent les uns après les autres; seuls le coût des données mobiles et la sécurité restent significatifs. Concernant le clouding, les DSI pensent majoritairement que cette technologie offre des avantages significatifs, mais qu’elle n’est pas encore mature et que les risques de sécurité et de perte de contrôle sont encore trop élevés.
Sur le registre des médias sociaux, le baromètre aborde le cas des administrations publiques. Il leur suggère ainsi d’investir rapidement ce créneau en rappelant qu’il faut savoir mieux se connecter aux usagers afin d’innover et de les transformer, in fine, en usagers électroniques. Cela dit, l’avènement des smartphones et autres tablettes offre une bonne opportunité aux entreprises, qu’il s’agisse de grandes structures ou de PME.
Selon Ouafa Kathir, «les organisations peuvent améliorer la productivité en permettant aux employés de collaborer, d’améliorer le service à la clientèle et d’augmenter la flexibilité à l’égard des styles de travail».
Précisons que ce baromètre des DSI, lancé par l’AUSIM et le cabinet IDC, est le deuxième en date au Maroc. En effet, un autre baromètre des DSI a été réalisé dans le cadre d’un partenariat entre l’APEBI (Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring) et le cabinet français Infomineo, avec la collaboration de la société XCom, organisatrice du salon annuel Med-IT (voir notre dossier spécial publié à cet effet le 12 novembre 2012). C’est pendant ce salon, tenu du 13 au 15 novembre dernier à Casablanca, que cette étude a été lancée avec pour ambition de cerner les besoins des décideurs en matière de technologies de l’information ainsi que leurs priorités pour l’année 2013.
