Érigée en priorité dans la nouvelle stratégie agricole du Royaume et portée par le Plan Maroc Vert, l’agriculture solidaire est en train de prendre ses marques comme un outil efficace pour un développement durable et équitable. Ce début d’ancrage de cette composante de l’agriculture basé sur la solidarité pourra s’accélérer avec un net regain d’intérêt pour les valeurs traditionnelles de solidarité et d’entraide entre les agriculteurs marocains. Ainsi, l’opération «Touiza», lancée récemment par S.M. le Roi Mohammed VI, à Meknès à l’occasion du début de la nouvelle campagne agricole, est destinée à pérenniser ses valeurs et à contribuer à donner du concret à la composante solidaire du Plan Maroc Vert.
Il faut rappeler que cette stratégie agricole réserve l’un de ces deux piliers à l’accompagnement solidaire de la petite agriculture, à travers l’amélioration des revenus des agriculteurs les plus précaires, notamment dans les zones enclavées. Dans ce cadre, on prévoit le financement de 300 à 400 projets sociaux inscrits dans le cadre d’un plan régional visant la reconversion des agriculteurs précaires dans des activités à haute valeur ajoutée et moins sensibles aux précipitations. Il s’agit aussi d’encourager les projets de production intensive dans les domaines de production animale et végétale, à travers l’encadrement des agriculteurs et leur qualification pour avoir un revenu supplémentaire. Et c’est ce que l’opération «Touiza» se propose de favoriser. Cette initiative royale est d’ailleurs plus significative qu’elle n’est pas courante. En effet, l’acte solennel de lancement de cette opération de labour collectif a été effectué seulement trois fois depuis l’indépendance : en 1957, opération de labour lancée par Feu S.M. Mohammed V ; en 1973, opération «Touiza» initiée par Feu S.M. Hassan II ; et en 2012 lancement par S.M. le Roi Mohammed VI de l’opération «Touiza» dans le but, entre autres, de consolider la confiance de l’agriculteur et relever son moral.
1,5 million de quintaux e semences agréées
L’opération «Touiza» vise la promotion des conditions socio-économiques des agriculteurs, une des priorités de la nouvelle campagne agricole qui prévoit également le développement du monde rural, la création d’emplois productifs pour les jeunes et la valorisation d’une agriculture durable. Ainsi, cette opération se traduira par la mise à la disposition des agriculteurs près de 1,5 million de quintaux de semences agréées, un chiffre en hausse de 18% par rapport à la moyenne des trois campagnes précédentes.
De même, une enveloppe de 250 millions de DH sera allouée à l’aide à l’utilisation des semences agréées et le marché sera approvisionné d’un million de tonnes d’engrais, dont 480 000 tonnes d’engrais de profondeur. On a également procédé au lancement de La Caravane OCP Céréales 2012 qui vient s’ajouter à l’initiative «Samad», lancée en 2010. Objectif affiché : assurer un «partage de savoir-faire et une proximité avec les agriculteurs pour mieux comprendre leurs besoins, afin de leur proposer les produits et les services les plus adaptés à leurs sols». Ce qui leur permettra de réaliser «une fertilisation raisonnée dans les exploitations agricoles, un échange d’expériences concernant les nouvelles formules d’engrais et leur adaptabilité au marché local».Il faut noter à ce sujet que les questions de la formation, de renforcement de capacités et de l’emploi ont été considérées par les concepteurs du Plan Maroc Vert, comme primordiales pour l’accompagnement du Pilier II de ce plan stratégique.
En effet, explique-t-on, les enjeux de développement agricole et rural (croissance démographique, urbanisation rapide, aléas climatiques, intégration dans le marché mondial, responsabilisation des producteurs, etc.) font que le secteur agricole doit être mis à niveau pour être aux diapasons des mutations qui s’opèrent actuellement dans le monde.
Cette mise à niveau ne peut donc se faire sans la mise à niveau du système de formation professionnelle en milieu rural. «Une formation agricole et rurale de qualité, efficace, efficiente et répondant aussi bien aux besoins réels des ménages ruraux que du marché de travail, devrait être le facteur déterminant de développement des territoires ruraux à travers la contribution à la modernisation et le développement du système de la production agricole et la maîtrise de la gestion de l’espace rural», argumente-t-on.
