L’Internet se montre bien utile à la croissance économique. Selon un rapport sur «L’impact d’Internet sur les économies émergentes», qui vient d’être publié par Mckinsey Global Institute, le taux de contribution d’Internet au PIB marocain est évalué à 0,9 %, ce qui représente près de 500 millions de dollars en 2010. Cet impact économique est dû à hauteur des deux tiers à peu près à la consommation privée, tirée par la croissance rapide des recettes issues de l’Internet mobile et des voyages en ligne.
C’est vrai que cette contribution peut paraître dérisoire, mais elle est à comparer avec les scores enregistrés par d’autres pays parfois plus développés que le Maroc. En effet, le Royaume se place au même niveau que des pays comme la Turquie ou la Vietnam et fait mieux que d’autres comme la Russie (0,8%). Cette performance s’explique notamment, en plus de la consommation privée, par le fort positionnement du Maroc comme un centre pour l’«offsoring» des métiers IT (Information Technology) et BPO (Business process outsourcing). Les auteurs du rapport ont imputé la réussite de ce positionnement à plusieurs facteurs. Il s’agit notamment de l’amélioration de l’infrastructure Internet, la proximité culturelle et géographique de l’Europe, des salaires des cadres inférieurs de moitié à ceux versés dans l’Union européenne et un nombre relativement important de diplômés de l’enseignement supérieur.
Le rapport a noté la mise en place au Maroc de zones spéciales de développement, notamment «Casablanca Nearshore Park» et «Rabat Technopolis». Ces zones bénéficient d’incitations fiscales, d’un allègement des procédures administratives et d’une infrastructure et de services de qualité pour les entreprises opérant dans le secteur. Le rapport a également signalé la progression constante du commerce électronique, bien qu’il soit encore à ses débuts. En fait, précise-t-on, le commerce de détail en ligne se développe au fur et à mesure des progrès accomplis dans les systèmes de paiement qui le sous-tendent. À ce sujet, le rapport a relevé que, partant presque du néant en 2008 dans le domaine des transactions en ligne, le pays dispose actuellement de ses propres versions de sites d’enchères en ligne et d’achats collectifs.
Certaines entreprises traditionnelles, comme Royal Air Maroc, commencent également à développer des circuits de vente en ligne, note-t-on.
Ce qui a valu au Maroc une bonne position sur l’indice du e-commerce développé par McKinsey, et qui mesure les réalisations d’un pays en matière de cybercommerce. Certes, la position du Maroc est faible comparée à celle des économies les plus matures, mais elle est élevée comparativement aux pays du continent africain.
Pour lever les freins au e-commerce et permettre au pays d’avancer davantage dans ce classement, Mckinsey Global Institute propose une série de solutions concrètes. Il s’agit en premier lieu d’améliorer l’écosystème de paiement en ligne du pays, en encourageant les consommateurs à détenir leurs propres cartes de paiement et en sécurisant les transactions en ligne.
Mais, au-delà du taux de pénétration et de l’amélioration continue de l’infrastructure des paiements en ligne, c’est l’éclosion de l’offre des biens et services proposés en ligne qui explique la croissance du e-commerce, d’après le rapport. Celui-ci cite l’exemple de la RAM qui a mis en ligne avec succès des circuits de vente aux particuliers.
Transactions en ligne
Le taux de détention de cartes de débit et de crédit au Maroc, bien qu’il ait augmenté de 25% par an de 2005 à 2010, demeure relativement faible, estime le rapport. Au-delà du taux de pénétration des cartes de paiement, des initiatives telles que l’introduction d’une plateforme de paiement en ligne sécurisée par le Centre monétique interbancaire (CMI) aident à généraliser les paiements en ligne et à renforcer la confiance des internautes dans les systèmes de paiement en ligne, souligne-t-on. Ainsi, le nombre de transactions en ligne a augmenté de 116% en 2011 pour atteindre le chiffre global de 714.000.
