Le gouvernement et la CGEM se serrent les coudes pour instaurer un partenariat durable permettant la promotion de l’économie nationale, surtout dans un contexte marqué par une crise frappant l’Europe, premier partenaire économique du Royaume.
Motivés par cette volonté d’aller de l’avant, le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, et Mohamed Horani, président de la CGEM, ont paraphé un mémorandum d’entente mardi à Skhirat. Cette rencontre, première du genre, a connu la présence de tout le gotha du monde des affaires marocain, les membres du gouvernement et les syndicats.
Concertation régulière
Les objectifs de cet accord sont multiples. Il s’agit avant tout d’asseoir les bases d’une confiance mutuelle entre le secteur privé et le gouvernement et de faire de la concertation régulière un dogme pour le traitement des dossiers économiques. Les axes de ce partenariat seront divers. Ils reposeront sur 7 chantiers, notamment la compétitivité des entreprises, le climat des affaires, la responsabilité sociale et environnementale ainsi que l’éducation et la recherche scientifique. Ce mémorandum d’entente entre la CGEM, représentant le secteur privé, et l’équipe gouvernementale cristallise, en effet, un nouveau tournant dans l’engagement des deux secteurs pour renforcer une économie sociale et durable. Sur ce volet, Mohamed Horani a indiqué que « cette rencontre est très importante.
Elle se tient dans un contexte national caractérisé par une mutation sociale remarquable et une crise économique internationale dont les retombées se feront sentir au Maroc qui a adopté une politique d’ouverture depuis 1995 ». Néanmoins, le patron des patrons reste optimiste quant à la capacité du pays de surpasser cette crise. Et cela, grâce aux réformes initiées par le Souverain à travers son discours du 9 mars qui a jeté les bases d’une nouvelle société marocaine moderne et résolument tournée vers l’avenir. Aussi, M. Horani a mis en exergue l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’investiture d’un nouvel Exécutif dont le programme gouvernemental est en parfaite synergie avec la vision 2020 de la CGEM. D’après lui, « nous sommes optimistes du fait que le programme gouvernemental s’inscrit en parfaite adéquation avec notre vision permettant ainsi de réaliser un développement durable. Et ce, conformément à la stratégie générale du pays ». En effet, la promotion du partenariat privé-public, de la contractualisation et la mise en place d’un dialogue efficient entre tous les partenaires sont autant de principes proclamés dans la déclaration de l’équipe de Benkirane.
En somme, Mohamed Horani a exprimé sa fierté à la conclusion dudit mémorandum qui implique le secteur privé aussi bien dans les chantiers sociaux qu’économiques. « Ce partenariat permettrait également de pallier les dysfonctionnements liés à certaines stratégies qui font perdre au Maroc des gains considérables », a-t-il précisé. De son côté, Abdelilah Benkirane a loué cette rencontre qui augure une nouvelle phase basée sur l’implication de tous les acteurs socioéconomiques dans le développement durable du pays. « Il faudra profiter de ce nouveau contexte national pour lancer un réel départ de la locomotive socioéconomique », a déclaré Benkirane. Même son de cloche auprès de Driss Azami, ministre chargé du Budget, « pour nous, ce partenariat est stratégique. Il s’inscrit dans le cadre de la démarche conçue par le gouvernement qui valorise la concertation avec les opérateurs socioéconomiques. Ce partenariat permettrait de travailler sur des dossiers et des problématiques bien définis touchant à la fois le cadre juridique, la vie de l’entreprise, les investissements et la justice. Ainsi, des groupes de travail seront mis en place pour traiter toutes les problématiques y afférentes ».
Dans cet ordre d’idées, Horani a expliqué qu’un conseil de coordination sera mis en place. Il sera coprésidé par le chef de gouvernement et le président de la CGEM. Des réunions trimestrielles seront tenues pour débattre différents thèmes. A cela s’ajoute la création des groupes de travail qui se pencheront à leur tour sur des dossiers bien ficelés.
Abdelilah Benkirane a affiché sa conviction que l’entreprise est un élément fondamental pour l’Etat. « Quand l’entreprise est bien dirigée, indubitablement la société se porte bien », pour reprendre son expression. Comme à l’accoutumée, le chef de gouvernement fidèle à son esprit d’humour a saisi l’occasion pour mettre en exergue la nécessité d’adopter les principes de transparence, d’intégrité et de la responsabilité afin de réaliser la richesse. Ainsi, il a lancé l’appel aux hommes d’affaires présents pour les encourager à investir davantage au Maroc. Selon lui, « le Royaume dispose de tous les atouts pour créer de l’investissement ».
L’implication du privé plus que jamais nécessaire
La vision 2020 de la CGEM préconise le renforcement de la gouvernance public-privé sur les grandes options économiques. D’après cette vision, il faudra mettre en place une nouvelle gouvernance basée, entre autres, sur l’implication renforcée du secteur privé qui reste jusqu’aujourd’hui trop peu engagé dans l’élaboration, le pilotage et la mise en œuvre de certaine démarche nationale. Cela revient notamment au manque d’instances de gouvernance mixtes public-privé.
