Menu
Search
Vendredi 01 Mai 2026
S'abonner
close

Les partis politiques toujours en mal d'idées

Deux sujets brûlants taraudent aujourd'hui les partis. Leur capacité ou non à imaginer des programmes électoraux percutants et la manière dont ils vont gérer l'épineuse problématique du choix de leurs candidats aux législatives du 25 novembre. Au-delà des lois électorales qui accaparent le débat au sein de la Chambre des députés, ces deux facteurs seront déterminants pour départager les partis aux yeux des citoyens et des électeurs.

Les partis politiques toujours en mal d'idées
Ces derniers veulent des réponses fraîches et pas moins innovantes à leurs attentes. Ils en ont ras-le-bol de ces apparitions fades au débit ennuyeux des représentants des partis à la télévision durant la campagne électorale. D'aucuns iront même jusqu'à décréter que le niveau de participation au prochain scrutin dépendra et du contenu et du contenant des programmes électoraux.

À quelques semaines donc des prochaines élections, les partis consacrent-ils suffisamment d'efforts nécessaires pour être à la fois convaincants et séduisants ? Rien n'est moins sûr. En tout cas et jusqu'à aujourd'hui, les têtes pensantes des formations politiques ne se bousculent pas au portillon pour offrir le saint Graal. Le fait aussi d'être le premier sur la brèche n'est pas non plus un argument de force. Le FFD de Thami Khyari, qui a ouvert le bal en déclinant lundi dernier sa plateforme électorale, n'a pas fait pour autant sensation. Ses propositions n'ont rien apporté d'extraordinaire ni dépassé les idées classiques que l'on remâche à l'approche de chaque rendez-vous électoral. D'autres partis, surtout de la majorité, sont attendus au tournant. D'autres encore se penchent sur la question avec le sérieux qu'il faut en espérant se différencier de leurs adversaires. Mais il y a toujours présente à l'esprit cette prédisposition à piocher dans l'existant ou à réchauffer ce qui a été mis au frigo depuis 2007. Contacté, Mohamed El Ansari, président du groupe istiqlalien à la Chambre des conseillers, estime que le point de départ du programme istiqlalien n'est autre que le 15e congrès et ses orientations qui doivent être actualisées.

Une commission installée par le comité exécutif et constituée d'économistes, d'experts et de spécialistes des questions sociales examine l'architecture de la plateforme du parti. Sujet cher à la formation d'Abbas El Fassi, le soutien des secteurs sociaux constituera le fil conducteur du programme istiqlalien.
Mais tout dépendra du bilan que ce parti est susceptible de défendre à ce propos, après quatre années aux commandes.

La partie est un peu plus corsée pour des formations qui ont fait le choix de la coalition. L'exemple le plus éloquent, à ce sujet, est celui du nouveau bloc dit des libéraux RNI-UC-MP-PAM. La question de savoir s'ils iront en campagne électorale avec un programme unique et des candidatures communes a été maintes fois posée. Oui et non. Lors de l'émission Hiwar, Aniss Birrou, ministre de l'Artisanat (RNI), a expliqué que là où un parti a plus de chance les trois autres doivent le soutenir. Quid alors du programme électoral ? Contacté, Lahcen Haddad, président de la commission de la plateforme et de la communication électorale du MP, espère en tout cas aboutir à un draft commun qui regroupe les grandes lignes et points d'intersection des programmes des quatre partis. Une sorte de document qui relate la personnalité libérale et socio-démocrate de cette alliance que l'on veut stratégique. La semaine prochaine, une réunion entre les quatre formations devrait définir les affinités à faire ressortir. Pour ce qui est du programme du MP proprement dit, les cadres du parti se sont intéressés, dans le cadre d'un brainstorming, aux questions brûlantes du moment. Selon M. Haddad, plusieurs rapports et études ont servi de base aux propositions des uns et des autres. Les thématiques ont été ensuite regroupées sous six axes touchant aussi bien aux moyens de lutte contre la précarité, à l'amélioration du climat des affaires qu'aux pistes pour garantir plus d'emplois aux jeunes. Pour M. Haddad, «l'on ne peut créer de la richesse menant à l'emploi qu'en libérant l'économie des entraves qui se mettent au travers de son chemin».

Qu'en sera-t-il des critères de choix des candidats ? Dans sa réunion de lundi dernier, le BP du MP a au moins tranché une chose. Pas de deuxième mandat pour les femmes du Mouvement. En d'autres termes, la liste nationale du parti de l'épi ne devra compter que des femmes qui se présentent pour la première fois.
Quant aux possibles coordinations avec les trois autres partis de la coalition, M. Haddad convient, comme M. Birrou avant lui, de la complexité de la chose. Toujours est-il que des arrangements peuvent être trouvés dans les circonscriptions où un seul parti a plus de chances de l'emporter que les autres. À l'Istiqlal, explique M. El Ansari, la procédure est claire. Le dépôt de candidature se fait auprès du secrétaire général via un formulaire que tout candidat doit dûment remplir en spécifiant l'âge, le niveau d'éducation, etc. Chaque critère correspond à une note et il faut avoir une certaine moyenne pour prétendre à la liste de présélection. Toutefois, la liste nationale présente un problème, lié à cette exigence de respecter une sorte d'équité entre régions, selon les termes de l'article 23 du projet de loi organique de la première Chambre. M. El Ansari pense qu'il va falloir dissiper le flou qui entoure cette disposition. Car il est aujourd'hui difficile de faire la part des choses, en tenant compte des besoins en représentativité de chaque région. Ceci étant, le parti de l'Istiqlal a toujours défendu cette réputation de discipline qui règne dans ses rangs, même quand il s'agit de départager des candidats forts qui aspirent à la députation.
Lisez nos e-Papers