Dans le cadre de la mise en œuvre de la «Vision 2020» du tourisme, le ministre du Tourisme, Lahcen Haddad, s’est réuni le 16 octobre à Fès avec les autorités locales, les élus et les opérateurs touristiques de la ville. Le ministre a saisi cette occasion pour rappeler le rôle prépondérant du tourisme dans le développement de l’économie nationale. «Le tourisme est considéré en quelque sorte comme une locomotive de la croissance économique pour le Maroc. Ce secteur est en effet le 2e créateur d’emplois au Maroc, et le 2e contributeur au PIB national», a-t-il précisé, avant de mettre en lumière les grandes lignes de la «Vision 2020». «Le Maroc vient d’atteindre le chiffre de 10 millions de touristes. Nous avons l’ambition à l’horizon 2020 d’arriver à positionner le Maroc parmi les 20 plus grandes destinations touristiques mondiales et comme une référence du pourtour méditerranéen en matière de développement durable. Pour concrétiser ces objectifs, nous avons procédé à un découpage territorial, qui prend en considération les spécificités naturelles, culturelles et historiques et nous avons fait émerger 8 destinations touristiques. Nous avons ensuite mis en place autour de ces destinations une politique d’aménagement territoriale articulée sur cinq axes de développement majeur, à savoir l’enrichissement de l’offre culturelle, la poursuite du positionnement offensif sur le balnéaire, la création d’une offre «Nature, mise en place de corridors thématiques, ainsi que la structuration d’une offre performante d’animation», a-t-il expliqué.
Cette rencontre a été l’occasion de présenter la version finale du contrat-programme pour le développement du secteur touristique dans la région de Fès-Boulemane qui s’inscrit dans le cadre de la «Vision 2020». Ce contrat-programme qui sera signé le 4 décembre prochain vise à l’horizon 2020 d’augmenter la capacité hôtelière de la région de 8 000 lits, et de créer quelque 45 000 emplois additionnels. M. Haddad a indiqué dans ce sens que Fès dispose de nombreux atouts touristiques (patrimoine culturel, richesse historique) qui permettront à la région de devenir la deuxième destination culturelle internationale du Maroc en synergie avec les sites de Meknès et d’Ifrane. Imad Barrakad, directeur de la Société marocaine d’ingénierie touristique, a fait savoir pour sa part que le contrat-programme du développement touristique de la région Fès-Boulemane prévoit la réalisation de 30 projets touristiques qui nécessiteront un investissement global de près de 8 milliards de DH, dont 7,6 milliards de DH seront pris en charge par le secteur privé et le reste par les pouvoirs publics.
Fès et Sefrou accaparent la part du lion, avec respectivement 12 et 11 projets de développement touristique. Moulay Yacoub connaitra de son côté la réalisation de 4 projets et Boulemane d’un seul projet. «Ces projets ont été conçus pour cibler quelques créneaux porteurs comme la valorisation du patrimoine et de l’héritage, l’animation, les loisirs et l’animation, l’écologie et le développement durable en plus de quelques autres niches à valeur ajoutée», a précisé M. Barrakad.
Dans ce cadre, Fès verra la réalisation d’un projet phare qui coûtera à lui seul 6 milliards de DH. Il s’agit de la création d’une constellation de ressorts thématiques à Fès. Ces thèmes proposés seront cohérents avec la personnalité unique de Fès et devraient concerner en particulier les arts et traditions qui mettraient en avant la culture et les traditions de Fès, le luxe et le bien-être, en plus de la gastronomie et l’art de vivre. Avec une capacité hôtelière de 5 000 lits, ce projet devrait proposer une nouvelle offre d’hébergement en dehors de la Médina, à la fois approximative et en retrait de la Médina tout en répondant aux attentes d’une clientèle souhaitant vivre l’expérience de Fès tout en étant guidée dans son expérience. Les autres projets prévus à Fès sont entre autres la valorisation et la création de l’animation dans le jardin Jnane Sbil, la réhabilitation et la restauration de fondouks en espaces d’exposition, ou encore la revalorisation des Medersa Sahrij et Sbaiyine. Pour ce qui est des autres provinces, elles verront la mise en place de projets relatifs en particulier à l’hébergement éco-touristique, à l’aménagement de circuits écotouristiques et d’aires de repos dans la forêt, à l’aménagement des habitations rurales et traditionnelles pour l’accueil chez l’habitant, ainsi qu’à la création d’espaces pour l’exposition et la vente des produits de terroir.
