À fin avril 2011, Alger est interpellée par la résolution onusienne 1979 pour ouvrir les camps de Lahmada afin que la vérité soit dévoilée sur la situation des séquestrés marocains sahraouis. Ignorant toutes les déclarations du secrétaire général de l’ONU et les résolutions onusiennes, Alger continue à s’activer et sous-tend, comme de tradition, d’élaborer par le «groupe des amis du Sahara occidental» un projet de résolution pour adoption avant le 30 du mois courant. L’entorse au droit international, voire la substitution au Conseil de sécurité est plus qu’avérée.
Ceci dit, c’est une entrave nouvelle au processus en cours, sachant que des voitures de la MINURSO ont été à plusieurs reprises attaquées par les mercenaires sur le territoire algérien. Il est clair pour tout observateur averti que le soutien d’Alger est synonyme d’internationalisation du conflit, au vu des événements qui prévalent dans la région du Sahel. Nul besoin d’entrer dans les détails, étant donné que les multiples déclarations des uns et des autres servent des intérêts d’ordre énergétique. Autrement dit, le propre de la controverse dans le droit international et le non-respect de la Charte de l’ONU quant à la création d’un État sans territoire. Preuve en est la résolution 3458 B faisant état de l’accord tripartite de Madrid. Il y est écrit que l’assemblée générale de l’ONU prie les consignataires de veiller au respect des aspirations de la population du sud du Maroc.
Ladite résolution hypothèque donc le référendum et, partant, annihile les prétentions algériennes. Ce qui n’est pas du goût de ceux qui persistent à soutenir le non-Maghreb. Quant au 6e principe de la fameuse résolution 1514, contrebalancé plus tard par la 2625, celui-ci stipule qu’un territoire non autonome atteint la pleine autonomie quand il s’est intégré à un État indépendant. Participant à toutes les échéances électorales entreprises au Maroc, les populations du sud du Royaume ont affirmé ainsi leur appartenance, comblant ainsi un vide juridique laissé par les instances onusiennes. Dès lors, le rapport de domination intercontinental n’existant plus, la question est appelée à ne plus figurer sur l’ordre du jour de la 4e Commission des Nations unies, surtout qu’elle est saisie par le Conseil de sécurité. Sans être «partie prenante» dans la continuité de ce conflit maintenu artificiellement, il convient de rappeler encore une fois que c’est le Maroc qui avait saisi les instances onusiennes en ce qui concerne la décolonisation de ses territoires du Sud. Et toutes les allégations à propos du dossier et les accusations à l’encontre des droits de l’Homme suscitent des questionnements quant à la position des gouvernements occidentaux au sujet de l’usurpation d’Alger en tant que partie prenante.
Dans ce contexte, le rôle de la MINURSO se révèle être un faux débat, comme en témoigne l’évolution tant économique que socio-culturelle dans le sud du Royaume. Les prétextes évoqués ces derniers jours dans les réunions plénières ou dans les coulisses onusiennes confirment le petit parfum de guerre froide. Les enjeux simples dépassent le non-Maghreb pour maintenir une nouvelle forme de colonisation dont est issu le «Printemps» arabe, voire africain.
À part les dénonciations faites verbalement ou par écrit, quelles sont les actions menées par les institutions internationales de par le monde pour la défense des droits de l’Homme, en ce qui concerne les séquestrés marocains sahraouis dans les camps de Tindouf ? Le statu quo. Pourtant, elles ont dénoncé les violations flagrantes commises par l’État algérien sur son sol à l’encontre de ces prisonniers. Et pourtant, l’État algérien, partie prenante dans ce dossier, devrait prendre d’urgence des mesures concrètes pour prévenir les actes de torture et les mauvais traitements.
Sauf que c’est lui qui dicte les mesures à prendre…
À ce sujet, le Comité des Nations unies contre la torture rappelle qu’en vertu de la Convention contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, ne saurait être invoquée pour justifier sur le territoire soumis à la juridiction de l’État partie (bien partie, car Tindouf se situe aujourd’hui sur le territoire algérien) et que les mesures de maintien de l’ordre ainsi que les procédures d’enquête et d’investigation doivent être appliquées dans le plein respect du droit international relatif aux droits de l’Homme ainsi que des procédures judiciaires et des garanties fondamentales en vigueur dans l’État partie.
