Ouhachem Bouâzama de Mellaâb (près de Rissani) et Cheikh Aouissa, ainsi que le duo Kachbal et Zaroual, entre autres, participeront à cette rencontre qui met en valeur un instrument très connu au Maroc et aussi ancien que l’«outar».
D’où le thème «Renaissance d’un patrimoine» choisi par les organisateurs de cette manifestation pour rendre à l’«outar» la place qu’il a toujours occupée au sein de notre société. Ainsi, plusieurs soirées programmées à cette deuxième édition du festival rafraîchiront la mémoire de tous ceux qui ont déjà connus les parodies et satires Kachbal et Zaroual, lors des années 70 et 80, et feront découvrir à d’autres les sonorités de cet instrument magique avec d’autres participants.
Un hommage bien particulier sera, ainsi, rendu à ces vétérans de l’«outar» qui ont marqué, en compagnie de cet instrument, plusieurs événements et changements qu’a connus le Maroc. Sa présence dans diverses régions du Royaume faisait fonction de pont transmettant messages et idées pour la population. Personne ne pouvait oublier cela, surtout ceux qui ont vécu la période de lutte pour l’Indépendance. L’«outar» a pu persister contre les vents et marées des autres styles et instruments musicaux, et ce, à travers les mélodies et chants des «chioukhs» préservateurs de ce patrimoine culturel présent dans plusieurs régions du Maroc. Ainsi, pour rehausser le ton de cette deuxième édition, le public aura le privilège d’assister, pour la première fois, à deux symphonies musicales. La première interprétée par des jeunes de moins de vingt ans, sous la direction du maestro Abderrahim Rabab et seconde symphonie de l’Atlas sous la direction du maestro Moha Habibi.
Des œuvres d’art et des «outars» anciens représentant les différents types de musiques (melhoun, aïta, chanson amazighe, le gnaoui, et la musique hassanie) seront exposés tout au long du festival dans l’objectif de faire connaître cet instrument et sa richesse musicale. Une manière de préserver cet art, en tant que patrimoine authentique et de le doter de moyens nécessaires pour sa pérennité, tout en favorisant un espace de rencontre et de dialogue pour les différentes créations qu’a offert cet instrument depuis des siècles. Un moyen de ressourcement pour les fans de ce genre artistique marocain, afin qu’ils puissent échanger et communiquer avec ces artistes, puis découvrir les «chioukhs» de l’«outar» de toutes les régions.
Cet événement offre une opportunité permettant aux jeunes de connaître les fondements de la musique populaire engagée, instaurée après l’Indépendance, dévoilant leur identité culturelle et leur patrimoine national ancestral. Plus encore, cet événement réalisé en partenariat avec le ministère de la Culture et l’Université Hassan 1er, prévoit une conférence, le 13 octobre à la Faculté de droit, autour du thème : «L’“outar” comme instrument musical et expression artistique», avec la participation de chercheurs en matière de patrimoine et l’animation du chercheur Mustapha Ben Soltana.
