Société civile

Le devoir de partage

Publié le : 14 octobre 2012 - Rachid Tarik, LE MATIN

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L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) composé notamment d’associations, a organisé dernièrement à Rabat, une rencontre pour restituer les résultats de sa participation au denier Congrès mondial de l’UICN. Une rencontre qui s’est déroulée sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, du 6 au 15 septembre dernier. «Il y a devoir de partager avec la société civile les expériences de la participation du comité national à ce grand rendez-vous mondial qui a réuni plus de 6 000 participants», a souligné Abdelkrim Bennani, président de l’association Ribat Al Fath pour le développement durable. Pour Brahim Haddane, conseiller de l’UICN pour l’Afrique du Nord et qui vient d’être réélu lors de ce dernier congrès, «cette organisation unique, qui réunit autour de la même table, 140 États et 800 ONG, pour discuter des problèmes de la Planète se réunit tous les quatre ans pour discuter et élaborer un programme quadriennal.»
Il aussi expliqué que ce congrès a été aussi l’occasion pour la Palestine d’être acceptée comme membre de l’UICN, comme ce fut le cas pour l’UNESCO.

La terre peut nourrir 12 milliards
L’UICN est constituée de six commissions scientifiques (politiques environnementales, économiques et sociales, droit de l’environnement, gestion des écosystèmes, sauvegarde des espèces, aires protégées, éducation et communication). «Les chercheurs marocains ne sont pas membres dans ces commissions et nous leur lançons un appel pour  postuler à ces groupes scientifiques», a ajouté M. Haddane.
Brahim Abou Abbaes, président de l’association marocaine de l’éducation et de la protection de la nature, lui, a abordé les différentes motions présentées lors de ce congrès. «Une motion marocaine relative à la sauvegarde des oasis a été présentée et adoptée par le congrès. D’autres motions ont été adoptées comme celle des espèces menacées. Sur ce registre, le Maroc est tenu à protéger l’ibis chauve et l’arganier. Deux espèces qui n’existent qu’au Maroc», a indiqué M. Abou Abbaes.

Deux intervenantes dans la salle l’ont saisi au vol pour lui rappeler que l’arganier a été piraté par Isarël avec la complicité de chercheurs marocains. Houcine Nibani, président de l’association de gestion intégrée des ressources (AGIR), lui, s’est interrogée  sur la capacité de notre planète à nourrir tout le monde. «La terre peut nourrir 12 milliards selon un rapport de la FAO. Selon le chercheur américain, Rene Revelle, la Terre peut nourrir 52 milliards de personnes si les biotechnologies sont utilisées sur l’ensemble planétaire.
Mais le constat aujourd’hui est amer puisque déjà un milliard de personnes parmi les 7 milliards ne sont pas bien nourries. La crise de la faim n’est pas une fatalité, mais elle résulte du modèle de production et de consommation. Un tiers des terres agricoles est exploité pour nourrir le bétail, une autre partie pour les biocarburants», a répondu M. Nibani.

Quant au président de la Fondation Ecosylva, Naïm Nachid, il a bien expliqué «que le problème de protection de l’environnement ne date pas d’hier, mais il est apparu déjà 1948, avec la création de l’UICN. L’homme cherchant à augmenter son confort a par conséquent intensifié ses activités et détruit la nature. Nous avons encore un environnement naturel. La société civile doit prendre part au débat pour le sauvegarder.»
Pour Abdellhadi Bennis, président du club environnement de l’association Ribat El Fath, «ce qui ressort du dernier Congrès de l’UICN, c’est que les décideurs ne sont pas contre le changement, mais il faut seulement les convaincre.

Quant aux jeunes, il semble qu’ils sont aussi versés dans la société de consommation. Il faut les sensibiliser à la sauvegarde de l’environnement.» L’UICN a beaucoup contribué à la mise au point du Plan stratégique de la diversité biologique 2010-2011 et aux objectifs d’Aïchi à Nagoya (Japon) en 2010.
Ce plan et ces objectifs constituent une référence pour l’élaboration de son plan 2013-2016. 


Gouvernance environnementale

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) prépare toujours son programme d’action selon une approche participative et qui est soumise à l’approbation du Congrès mondial qui se réunit tous les quatre ans. Le programme se réfère aux accords multilatéraux de l’environnement et aux stratégies mondiales approuvées comme celle de la diversité biologique 2011-2020.
Pour renforcer son aspect pratique, le congrès vote des motions que les membres s’engagent à traduire en actions sur le terrain. Lors du Congrès de l’UICN en Corée du Sud, le thème de la gouvernance a émergé de manière très forte occupant près du quart des événements organisés et des motions votées.

Repères
  • L’Association marocaine de l’éducation et de la protection de la nature a créé un écomusée dans la Maamora pour sensibiliser l’opinion publique à la sauvegarde de cette forêt mythique.
  • L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a été à l’origine de trois grandes conventions internationales : lutte contre la désertification, biodiversité et changement climatique.
  • Le continent africain est représenté dans l’UICN par trois conseillers : Maroc, Sénégal et Ouganda.

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