De nouvelles violences ont coûté la vie à douze civils mardi en Syrie, où la crise est entrée dans son quinzième mois sans qu’aucune initiative internationale ne soit parvenue à la résoudre, les pays du Golfe disant douter «sérieusement» du succès du plan de l’émissaire Kofi Annan.
Dans le même temps, la commission électorale a annoncé un taux de participation de 51,26% aux premières législatives «multipartites» tenues le 7 mai sur fond de violences et raillées par la communauté internationale.
Son chef a refusé de donner les résultats par partis et le détail de la participation, notamment dans les régions où les militants anti-régimes avaient appelé au boycottage, se félicitant toutefois d’élections «transparentes et démocratiques».
L’échec probable de la mission de Annan
A l’étranger et dans l’opposition, de nombreuses voix avaient dénoncé des élections «ridicules» et «cyniques».
Pour sa part, le chef sortant de la diplomatie française, Alain Juppé, a évoqué mardi «l’échec probable» de la mission de Kofi Annan en Syrie, en espérant que la Russie évolue enfin vers la prise de sanctions de l’ONU contre le régime de Bachar al-Assad.
«Est-ce que devant le spectacle de l’échec probable de la mission de Kofi Annan nous pouvons arriver à faire bouger les Russes» sur une première résolution contraignante de l’ONU ?, s’est interrogé Alain Juppé sur la radio France Inter. Peut-on faire évoluer la Russie, proche alliée de la Syrie, en lui disant qu’on «ne peut pas continuer à additionner tous les jours 20, 30, 40, 50, 60 morts dans des conditions inacceptables puisqu’on voit même achevés les blessés dans les hôpitaux?», a-t-il poursuivi. «Peut-être qu’il y a là une possibilité d’évolution dans les prochaines semaines», a espéré le ministre sortant, en regrettant que jusqu’à présent seules des sanctions à titre national ou régional aient été décidées dans la pression imposée au régime syrien pour faire arrêter les violences.
