Menu
Search
Mardi 09 Juin 2026
S'abonner
close

Méfiances européennes envers le projet d’accord de libre-échange

Le Royaume-Uni veut aller vite et loin, la France suit, mais a des réserves sur le contenu et la méthode : Paris se fait le fer de lance des méfiances de l’Europe envers le projet d’accord de libre-échange UE/États Unis, dont le futur cadre de négociation est un enjeu majeur.

No Image

«J’étais seule au départ.
À l’arrivée, j’ai une grosse majorité au Parlement européen qui vote ce que nous voulions», s’est félicitée jeudi la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq.
Comme le voulait la France, qui a entraîné au total 14 pays, le Parlement européen a demandé jeudi que les biens et services culturels ne fassent pas partie du mandat de négociation de la Commission européenne avec Washington.
«Baisser les droits de douane, ouvrir les marchés, créer des emplois et  rendre nos économies plus compétitives» : lors d’une conférence à Washington le 13 mai, le président Barack Obama a rappelé les grands enjeux de cette négociation d’un accord régional, née de l’échec de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour libéraliser les échanges internationaux.

À ses côtés, le Premier ministre David Cameron avait fait preuve d’un bel empressement transatlantique : «Il y a une véritable chance que le processus soit lancé à temps pour le sommet du G8 (les 17 et 18 juin en Irlande du Nord, ndlr). Les cinq prochaines semaines sont donc cruciales». Sans s’opposer frontalement à l’accord, Paris veut sortir des pans entiers de l’économie du cadre de la négociation (Défense, OGM, outre la culture) et met en garde Bruxelles contre toute candeur envers le «partenaire américain». Dans son bureau qui domine la Seine, Nicole Bricq, l’une des fortes têtes du gouvernement socialiste de François Hollande, mesure les forces en présence : «Les États-Unis et l’Union européenne = 40% du commerce mondial, 20% chacun». «L’Europe», ajoute-t-elle, «est peut-être un peu fatiguée, mais elle a quand même 500 millions de consommateurs.
Quand on va négocier avec un partenaire aussi redoutable, on ne va pas en position de faiblesse».       

Lisez nos e-Papers