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Polémique autour de la décharge publique de Fès

Le ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Fouad Douiri, vient d’effectuer une visite à la décharge contrôlée de Fès, où le processus de conversion du biogaz en énergie électrique est en phase d’expérimentation.

Polémique autour de la décharge publique de Fès
Fouad Douiri en visite sur le site de la décharge publique près de Sidi Harazem.

«La production du biogaz constitue une solution énergétique d’avenir pour le Maroc. Cette technique présente des avantages qui concernent à la fois la protection de l’environnement (réduction des gaz à effet de serre) et la rentabilité économique (production de l’énergie électrique)», ce est-ce qu’a déclaré, Fouad Douiri, ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, lors de la visite qu’il a effectué le 15 mai à la décharge contrôlée de Fès. Cette dernière vient de lancer des essais pilotes pour expérimenter le processus de conversion du biogaz en énergie électrique.

Cette infrastructure dont l’exploitation a démarré en 2004 traite tous les jours de 700 à 1 000 tonnes de déchets solides. Ses responsables annoncent, comme ils le font depuis trois ans, qu’ils viennent d’ajouter au traitement des déchets solides, le processus de méthanisation qui permet à travers la dégradation biologique de la matière organique de valoriser le biogaz résultant de cette opération et le convertir en énergie électrique. Et précisent qu’ils sont toujours à l’étape d’essai...

Cette décharge fonctionne pour rappel suivant un principe d’enfouissement des déchets par couches de 3 m² au moyen d’engins spéciaux. Ces déchets sont couverts de terre à la fin de chaque journée. Concernant les lixiviats (liquides résultant du traitement des ordures par lixiviation) dégagés par les déchets, ils sont filtrés à travers une couche de sable de 40 cm placée, selon les responsables, au fond de la décharge.
Les lixiviats sont collectés et stockés dans 4 bassins de 5 000 m2 et recyclés ensuite par aspersion sur le corps de la décharge pour accélérer la fermentation des déchets et réduire la hauteur d’eau dans le bassin. Leur traitement biologique par évaporation devrait être réalisé lors de la valorisation du biogaz en énergie électrique.

Selon les responsables de la décharge, le site d’implantation répond particulièrement aux normes de la «production propre» et au respect de l’environnement. Ce que contestent depuis plusieurs années plusieurs associations à Fès.
Le site se trouve à proximité de la station thermale Sidi Harazem et ses habitants se plaignent depuis plusieurs années de la mauvaise odeur qui se dégage de la décharge notamment en fin de journée. Cette mauvaise odeur est, par ailleurs, enregistrée même au niveau de certains quartiers de Fès à quelques kilomètres du site de la décharge notamment le quartier Narjis ainsi qu’au niveau du Centre hospitalier universitaire Hassan II de Fès. Ceci étant, M. Douiri a salué les efforts qui se font au niveau de cette infrastructure moderne et pionnière au niveau national et a insisté sur son important impact environnemental qui réside dans une réduction de 100 000 tonnes de CO2 en moyenne. Pour lui, ce projet bénéficiera de l’appui financier, technique et logistique de l’État puisqu’il s’inscrit, toujours selon le ministre, dans les orientations nationales en matière d’énergies renouvelables.

«Le Maroc s’est inscrit dans une grande stratégie en matière des énergies renouvelables, qui vise à développer ce secteur à l’horizon 2020 et de lui permettre de contribuer considérablement à la satisfaction des besoins énergétiques du pays. En effet, les énergies renouvelables présentent une solution radicale pour le Maroc dans les années à venir, vu que le Royaume importe près de 95% de ses besoins en énergie de l’étranger. La tendance du Maroc à produire les énergies renouvelables lui garantirait une sécurité d’approvisionnement en énergie et une stabilité des prix», a-t-il ajouté.

La décharge contrôlée de Fès devrait ainsi, commencer avec une production énergétique initiale de 1 mégawatt, pouvant atteindre progressivement 5 mégawatts. Vu que les besoins en électricité de la décharge contrôlée sont estimés à 800 kilowatts, l’excédent de la production devra être injecté dans le réseau d’éclairage public de la ville.

À rappeler que l’exploitation de la décharge contrôlée de Fès qui a été prévue initialement pour dix ans, à partir de 2004, a été prolongée de vingt ans pour poursuivre le processus de valorisation du biogaz.
Ladite décharge avait fait l’objet de la signature, en 2001, d’une convention de gestion déléguée de la décharge publique contrôlée d’une durée de dix ans, entre la commune urbaine de Fès et le groupement américano-marocain constitué par la société «Edgeboro Internationl» et «Ecomed de gestion de déchets».

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