Sans conteste, l’année 2013 est celle du film «les Chevaux de Dieu» de Nabil Ayouch. Fort des 19 prix qu’il a remportés dans de nombreux festivals nationaux et internationaux, le long métrage, inspiré du roman «les Étoiles de Sidi Moumen» de Mahi Binebine, vient d’être pré-nominé aux oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. «J’espère être à la hauteur de ceux qui m’ont fait confiance et qui croient dans les chances des “Chevaux de Dieu”», souhaite Nabil Ayouch. Le film a été choisi pour représenter le cinéma marocain, suite à une décision de la commission de sélection présidée par Khadija Alami, productrice de films, au terme d’une réunion tenue récemment au siège du Centre cinématographique marocain (CCM) à Rabat. Composée des réalisatrices Zakia Tahiri et Selma Bergache, du critique de cinéma Ahmed Boughaba, de l’écrivain Driss Khouri, du producteur Solomon Lahyani et du distributeur et exploitant de salles de cinéma Mohamed Layadi, du réalisateur Driss Chouika et du responsable de la production au CCM, la commission a opté pour ce film conformément aux critères établis par l’Academy of Motion Pictures Arts and Sciences.
C’est la troisième pré-nomination pour un film marocain aux Oscars, après celle de 1998 pour «Mektoub» et de 2000 pour «Ali Zaoua».
Représenter le cinéma marocain est un honneur, mais en même temps une responsabilité très lourde. Et le réalisateur, lui, en est conscient.
«La compétition est évidemment très rude. On va faire face aux meilleurs films du monde, mais le Maroc commence à faire sa place et, avec cette sélection, c’est l’occasion de nous affirmer davantage sur la scène internationale.
“Les Chevaux de Dieu” suscite beaucoup d’intérêt aux États-Unis depuis quelques mois. Les Oscars vont être un vrai soutien pour le film dans sa carrière américaine», ajoute-t-il.
Mieux encore, le film sera représenté aux États-Unis par une icône des salles de cinéma, au même titre que l’un des grands réalisateurs sur le plan mondial : l’américain Jonathan Demme. Auteur des films «Le silence des agneaux» et «Philadelphia», ce cinéaste assurera par ailleurs, en compagnie de Nabil Ayouch, la promotion des «Chevaux de Dieu» qu’il qualifie d’«œuvre magistrale». Même au niveau de la distribution sur place, il y a un accord qui vient d’être signé entre Wild Bunch qui vend le film à l’international et l'agence de talents William Morris Endeavour pour mener les négociations avec les distributeurs américains intéressés par le film.
Sur le plan national, «les Chevaux de Dieu» se maintient toujours à la deuxième position au box-office marocain avec 70 000 entrées, après «Zéro» de Nourredine Lakhmari (130 000 entrées). Ce chiffre reste très important, selon les observateurs, puisque la sortie du film a coïncidé avec celle d’un grand nombre de productions marocaines proposées d’affilée au début de cette année. «Eu égard au nombre réduit de salles disponibles, ce qui restreint la marge de manœuvre des distributeurs, le film de Nabyl Ayouch est tout de même bien placé pour figurer en bonne position lors du bilan annuel du cinéma marocain», estime le critique de cinéma Mohamed Bakrim.
