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Éducation sexuelle : quand et comment ?

Dans un premier temps, pour nos enfants, les références pour faire la différence entre une fille et un garçon
se limitent à la tenue et la coupe de cheveux. Mais arrive le jour où ils posent des questions
et où l’on n’est pas encore préparé pour répondre.

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Le moment le plus redouté et le plus recherché par les parents, c’est celui où l’on décide de franchir le cap, prendre son courage à deux mains, mettre sa pudeur de côté et essayer de trouver les mots pour parler à nos enfants en vue de faire leur éducation sexuelle. C’est un terme qui ne convient pas et ce n’est pas notre rôle de parents. L’apprentissage et l’éducation en termes techniques se font normalement à travers des cours dispensés à l’école. Je préfère les termes : «sensibilisation» ou «prévention» qui sont plus appropriés pour notre rôle de parents protecteurs ou guides et non éducateurs dans le sens concret du terme. Si vous êtes réticents à propos de ce passage obligé, je tiens à préciser que cet apprentissage se fera de toute façon, et de manière naturelle, avec ou sans votre contribution. Sauf que là, malheureusement, si votre enfant est appelé à accueillir des informations à ce sujet par lui-même et faire ses découvertes dans un environnement autre que l’environnement familial, il est fort probable qu’il le fasse de la mauvaise manière, au mauvais moment, ou avec les mauvaises personnes. Le plus redoutable reste pour les parents, le fait de «trouver les mots» qu’il faut. Soyez rassurés, l’éducation sexuelle, commence très tôt et on n’a pas besoin de la transmettre par des «mots» formulés, mais par des actes et des gestes signifiants. Comment ?

1. Dès son jeune âge apprenez à votre enfant à respecter son corps : le simple fait de ne pas l’obliger à faire un bisou à sa tata, son tonton ou sa mamie, peut être décisif, même vous, essayez de demander la permission avant de l’embrasser, surtout si c’est accompagné par une explication, comme quoi, son corps lui appartient et personne ne doit l’obliger ou n’est en droit de l’obliger à avoir une promiscuité qu’il ne souhaite pas.

2. Dans le même sens, apprenez-lui que son intégrité physique est une chose extrêmement importante : ne laissez passer aucune violence qu’il vous transmet ou dont il se plaint, même si c’est anodin (untel l’a poussé ou unetelle lui a tiré les cheveux…), et au risque de passer pour le parent névrosé, allez rapporter ses réclamations à ses maîtresses d’école ou à la maman du petit voisin en leur expliquant, en aparté avec un sourire et tout calmement, que vous n’êtes pas là pour chercher une suite à la réclamation, mais que votre rôle de parent est de transmettre la réclamation de votre enfant, aussi anodine soit-elle, pour construire une relation de confiance, l’encourager à confier ce qui ne lui convient pas et aussi lui apprendre que toute atteinte à son «intégrité physique» est intolérable.

3. Ainsi, prouvez à votre enfant que vous respectez son corps : continuer à le bourrer de nourriture, alors qu’il dit ne plus avoir faim est un exemple simple, mais significatif. Le violenter physiquement ou insister pour qu’il plonge dans la piscine alors qu’il n’en a pas envie sont d’autres exemples.

4. Offrez-lui un espace d’intimité et respectez-le : ne le changez pas devant tout le monde, ne rentrez pas dans sa chambre sans frapper à la porte, apprenez-lui à fermer la porte des toilettes et de la salle de bain… en expliquant que c’est «intime». Tout cela lui apprendra, qu’il y a un «espace» d’intimité, ou un minimum d’espace vital, que les autres n’ont pas le droit de violer. Et il n’acceptera pas trop de promiscuité avec les autres.

5. Mettez de côté le «swab» et les jeux sociaux : il n’est pas question d’oublier les bonnes manières, de dire «bonjour, s’il vous plait, et merci», mais il ne faut pas lui transmettre l’idée que «les adultes» ont une quelconque autorité sur lui et que sa validation, en tant que personne «polie» et acceptée socialement, consiste à être reconnu par les «adultes» en leur faisant plaisir. D’ailleurs, il est préférable de ne pas exposer votre enfant à des réunions d’adultes, même en votre compagnie et sous votre surveillance. Ce n’est pas tant l’abus physique qui est à craindre, mais les idées qu’on peut transmettre à l’enfant de manière inconsciente lors de ces réunions, où l’on souhaite et attend de lui d’être «poli», de «faire plaisir» avec des mots gentils, de se plier aux règles de vie des adultes… c’est une manière de lui dire qu’un adulte a un pouvoir d’autorité sur lui et c’est très dangereux.

6. À partir de 5 à 6 ans, vous pouvez aussi formuler des phrases simples : en bref, c’est le moment de reformuler en mots, ce qui a été abordé dans les cinq points précédents, mais qui étaient avant des actes sans paroles. Répétez encore et encore les mêmes principes et mêmes valeurs : le respect pour son corps, de sa part et de la part des autres, respecter son intimité et son intégrité physique, les adultes n’ont aucun pouvoir d’autorité sur lui, son corps lui appartient… en répétant sans vous lasser les mêmes valeurs, elles deviendront siennes. Le meilleur moyen de protéger nos enfants d’une désinformation, d’un apprentissage précoce et maladroit, sinon dans des cas extrêmes, de vrais drames et de vrais prédateurs, de les amener aussi à avoir, une fois adulte, une vie sexuelle épanouie et sans perversion, c’est de jouer notre rôle de guide et le plus tôt possible.                           

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