Institut royal des études stratégiques

Un think tank marocain au service de la diplomatie marocaine

Publié le : 1 septembre 2013 - Brahim Mokhliss, LE MATIN

L’Institut royal des études stratégiques (IRES) a été mis en avant par S.M. le Roi dans le cadre du message adressé aux participants à la première conférence des ambassadeurs, organisée vendredi par le ministère des Affaires étrangères et de la coopération. En effet, dans ce message, le Souverain a exhorté le ministère des Affaires étrangères et de la coopération à «tirer parti des expertises et des compétences dont dispose l’Institut royal des études stratégiques».
De même, il a incité cet Institut «à coopérer avec le ministère et à consacrer ses efforts au domaine diplomatique et aux différentes questions liées aux relations extérieures du Maroc, dans leurs différents volets : politique, économique, social, culturel et environnemental».

Comment est né l’Institut royal des études stratégiques (IRES) ? Quel est son champ d’action ? Et qu'est-ce qui fait de lui un think tank d’une envergure telle qu'il peut venir en aide à l’un des départements ministériels les plus importants ?

La genèse

Les jalons de la création de l’IRES ont été posés dans le discours royal du trône de juillet 2003. On s’en rappelle, un 30 juillet 2003, S.M. le Roi avait annoncé dans son discours que : «notre pays vit une transition globale qui nécessite le renforcement de ses capacités d’analyse, d’adaptation et d’anticipation. Aussi, avons-nous décidé de créer un Institut royal des études stratégiques pour remplir cette mission essentielle, afin d’être en interaction permanente avec les changements et de maîtriser et agir sur les mutations profondes qui s’opèrent aux niveaux interne et externe». Ainsi, la concrétisation de ce projet a été rendue effective à travers un dahir du 30 novembre 2007, portant création de l’Institut. Aujourd’hui, l’IRES occupe la 52e position à l’échelle mondiale au titre du classement «Best Policy Study Report produced by a Think Tank 2011-2012», réalisé par the University of Pennsylvania (2012). Classement qui concerne plus de 6 300 think tanks répartis sur les quatre coins du monde.

Les réalisations

Quelles sont les réalisations de l’IRES depuis sa création ? En moins de six ans d’existence, l’IRES compte à son actif l’élaboration d’une cinquantaine de rapports. Il a, depuis 2007, organisé une centaine de séminaires et de journées d’étude ainsi que deux conférences internationales. Un travail scientifique important réalisé grâce aux efforts de près de 150 chercheurs qui ont été associés et une soixantaine de doctorants. Ces atouts importants qui ont fait que ce think tank a pu jouir d’un positionnement avancé lui permettant d’investir un large un champ de réflexion. L’Institut, qui a fait de la prospection stratégique sa principale mission, a pu acquérir une véritable compétence dans l’étude des questions de portée internationale susceptibles d’impacter la trajectoire de développement du Maroc.

La politique étrangère

En matière de traitement des thématiques se rapportant au champ d’action de la politique étrangère, l’on peut citer la réalisation de plusieurs travaux relatifs aux relations internationales du Maroc. Il s’agit d’études thématiques se consacrant à la dimension puissance attractive du Maroc, les relations avec le voisinage (relations Maroc-Afrique, Statut avancé Maroc-Union européenne, relations Maroc-Espagne, relations Maroc-Algérie…). Il s’agit aussi de celles ayant trait à l’exploration du potentiel de diversification des alliances stratégiques avec les nouveaux acteurs émergents (BRICS et Turquie, pays du CCG…). L’IRES a procédé d’ailleurs, à la demande du département des Affaires étrangères, à des réflexions sur des questions stratégiques pour le Maroc, notamment les perspectives de la politique européenne de voisinage. Il faut aussi souligner, dans ce cadre, la forte implication des hauts responsables du ministère dans les forums et les débats organisés par l’Institut sur des thématiques clés telles que le Statut avancé Maroc-Union européenne, la nouvelle politique africaine du Maroc, les développements récents dans le voisinage (Sahel, Printemps arabe…).
Il convient de souligner aussi le cycle de débats «Relations internationales du Maroc», initié par l’IRES depuis 2010 et qui est ouvert aux ambassadeurs des pays étrangers en poste et aux anciens ambassadeurs du Royaume. Ce cycle constitue une opportunité pour réfléchir aux leviers d’actions à même de renforcer la coopération bilatérale avec des partenaires clés relevant des pays développés et ceux émergents.

Les missions

Il est à souligner que l’IRES a quatre principales missions. La première consiste à apporter un éclairage à la prise de décision. Il agit ainsi de moins en moins au niveau de la recherche académique. Celle-ci est entièrement externalisée afin de permettre à l’IRES de se concentrer davantage sur la réflexion stratégique. La deuxième fonction, c’est de procéder au traitement des problématiques transversales. Ce à quoi il s'active en utilisant les techniques d’anticipation, facilitant l’analyse, de manière innovante, des questions stratégiques. La troisième préoccupation de l’IRES est d'engager des analyses portant sur les politiques publiques à caractère structurel. Il ne s’occupe donc pas des questions conjoncturelles à caractère éphémère. Le dernier sujet sur lequel l’Institut s’est penché récemment, c’est l’étude de questions importantes se rapportant à l’opérationnalisation de la Constitution de 2011. Des problématiques qui concernent la diversité culturelle et linguistique, la politique de la famille, la régionalisation avancée…

La veille stratégique

L’IRES a également une mission permanente de veille stratégique qui est articulée autour d’une dizaine de domaines clés (intégrité territoriale du pays, évolution sociétale, société de la connaissance, développement territorial, système de gouvernance, mondialisation…). L’ensemble de ces domaines comporte une dimension internationale importante. Certains d’entre eux constituent même des champs d’action spécifiques à la politique étrangère.

Les programmes d’études

L’Institut s’intéresse par ailleurs aux programmes d’études qui portent sur des problématiques complexes. Il s’agit, à titre d’exemple, de programmes sur le lien social, sur le changement climatique, la compétitivité globale, la stratégie de l’émigration à l’horizon 2030… Le traitement de ces programmes se base sur des approches holistiques et interdisciplinaires, relayées par des exercices de benchmarking international. L’accumulation de telles connaissances a permis, à partir de diagnostics scientifiques, l’élaboration de notes d’orientation stratégique (adaptation des politiques publiques) et, progressivement, la production de notes d’alerte allant dans le sens de l’anticipation. En somme, la création de l’IRES a permis de doter le Maroc d’un centre d’analyse prospective et de réflexion stratégique, fonctionnant selon les mêmes standards d’excellence que les think tanks les plus performants à l’échelle internationale, comme le montre son classement à l’échelle internationale.


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