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Mercredi 22 Avril 2026
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Professionnels et tutelle sur la même longueur d'onde

Les faits : L’activité de la pêche «renaît doucement de ses cendres» selon les conclusions d’une conférence-débat organisée par le Collectif pêche et développement durable.

Professionnels et tutelle sur la même longueur d'onde
Le prix de la tonne de poulpes est toujours en baisse.

Tutelle et professionnels main dans la main pour lutter contre la pêche illicite. Ce scénario, peu probable il y a cinq ans, semble aujourd’hui réel. Les professionnels, réunis au sein du Collectif pêche et développement durable (CPDD), ont définitivement enterré la hache de guerre, lui préférant le dialogue. Ce constat a été dressé par Zakia Driouech, secrétaire générale du département de la Pêche maritime, lors de la conférence-débat organisée par le Collectif, vendredi 15 novembre à Casablanca. «C’est la troisième conférence du Collectif à laquelle nous participons et nous constatons une certaine maturité et une évolution du débat depuis la première rencontre», a-t-elle déclaré. Le Collectif, qui réunit plusieurs fédérations sectorielles et le syndicat des marins pêcheurs, a en effet changé de ton, depuis sa création début 2011, pour débattre des choix du Plan Halieutis 2020. Pour le CPDD, l’activité de la pêche aujourd’hui «renaît doucement de ses cendres» grâce «aux mesures adoptées par la tutelle». Souvent critiqués, les plans d’aménagements des pêcheries sont maintenant applaudis par le Collectif.

Adoptés par l’administration depuis l’effondrement des stocks au début des années 2000 et généralisés il y a quelques années, ces plans sont une solution pour assurer la durabilité des ressources. Mais pour les professionnels, la tâche est toujours difficile, car les mesures d’ajustement qui en découlent sont «restrictives» et parfois «mal comprises par la communauté des pêcheurs», souligne Rachid Benkirane, président de l’Association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc (Apapham), dans un discours lu par les membres du Collectif lors de la table ronde.

Le contrôle par satellite renforcé

Rachid Benkirane a expliqué que, dans le cadre de l’aménagement, les pêcheurs et armateurs sont souvent appelés à faire des concessions en ajustant leurs captures (quotas de pêche) pour permettre aux stocks de se reconstituer et en se soumettant à des restrictions de pêche (périodes de repos biologique). «Mais comment les amener à respecter ces restrictions sur la durée quand il y a de nombreux resquilleurs et que toute amélioration profite à d’autres ?», s’interroge-t-il. Une gouvernance forte semble être la meilleure des solutions pour les initiateurs du débat de vendredi dernier.
Pour les membres du Collectif, une gouvernance publique forte suppose de disposer d’«informations fiables et transparentes» vis-à-vis des usagers sur l’état de la ressource. «On ne saurait bâtir une stratégie de développement durable si on n’a pas à la base des informations pertinentes pour nous guider et servir de support à nos actions, que ce soit du côté public ou du côté des professionnels», lit-on dans un document du Collectif.

Une gouvernance publique forte suppose aussi d’en finir avec les pratiques illégales telles que la pêche illicite qui prive les pêcheurs de captures et rend la gestion durable du stock encore plus ardue.
Mais le Collectif s’est félicité de la reprise en main par le ministère de l’Agriculture et des pêches maritimes de l’autorité réelle sur le contrôle des navires de pêche via la mise en place et la généralisation du dispositif de localisation des navires de pêche par satellite (VMS).

«Des pratiques qui permettaient à certains fraudeurs de contourner le système de contrôle en mer et pêchaient près des côtés dans une impunité totale font partie aujourd’hui d’un temps révolu», indiquent les membres du Collectif. Le contrôle au VMS sera aussi renforcé lors de la saison hiver de la campagne céphalopodière qui vient de démarrer le 1er novembre, à l’issue d’un repos biologique de 82 jours. Le quota global annuel portera cette année sur 36 000 tonnes pour la zone du sud de Boujdour.
Pour les régions du Nord, des plafonds de capture par ports ont été octroyés. Malheureusement pour les armateurs, la valeur des pêcheries céphalopodières a du mal à retrouver ses niveaux d'antan (ceux de l'année 2000 notamment). Le prix de la tonne est toujours en baisse. Fini le temps où la tonne de calamar était vendue à plus de 12 800 dollars. Lors de la campagne été 2013, elle valait quelque 9 000 dollars. 

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