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Mardi 19 Mai 2026
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Projection et débat autour du film «My Land»

Les faits : Le film documentaire «My Land» (Ma Terre) de Nabil Ayouch sera projeté, le 31 octobre à 18 h à l’Université internationale de Rabat, en présence de son réalisateur.

Projection et débat autour du film «My Land»
La Palestine, un sujet qui tient tant à cœur au réalisateur Nabil Ayouch.

Programmé dans plusieurs villes du Royaume, le film documentaire «My Land» aborde le sujet épineux de la Palestine. Un sujet qui tient tant à cœur du réalisateur Nabil Ayouch, lequel ne l’a jamais lâché depuis son enfance. «Ce conflit ne m'a jamais quitté.

Il a forgé ma conscience politique», précise en introduction du film ce fils d'un père musulman marocain et d'une mère juive française d'origine tunisienne. Ayant grandi entre deux feux et trainé avec lui toutes ces tensions au sein de sa même famille, il en a subi pour ainsi dire toutes les conséquences. «J’ai souffert d’un conflit qui alimentait toutes les conversations, qui résonnait constamment au sein de mes deux familles». Cette réalité, qui l’a hanté depuis toujours, lui donne tout le droit de fouiner et d’en savoir plus sur ce conflit et ses protagonistes, notamment les exilés palestiniens qui ont été forcés de fuir leur village en 1948 vers des camps dans le sud du Liban. Plus de 60 années plus tard, ils n’ont pas pu revenir sur leur terre. Cette terre qui coule encore dans leurs veines malgré les années de séparation. «Je n'ai rien oublié de la Palestine», assure l'un des réfugiés palestiniens rencontrés par Nabil Ayouch en 2010. Les déclarations se suivent et éclaircissent l’univers de Nabil Ayouch, resté un peu flou durant longtemps. Mais, en plus de son intérêt pour ces vieux réfugiés palestiniens meurtris par l’exil, le réalisateur se tourne vers ceux qui incarnent l’avenir de cette terre. Il s’adresse, ainsi, aux jeunes israéliens de 20 ans. Son désir était de leur apprendre la mémoire de cette terre et voir leur réaction. «J’ai fait en sorte de sauter toute une génération pour voir l’impression de ces jeunes. J’ai constaté qu’ils ne savent rien sur ce conflit.

Les propos des vieux réfugiés les ont vraiment secoués. Ce n’est pas pour dire que mon film va arranger quoi que ce soit. Mais, je crois que sur le plan humain, il peut apporter quelque chose. J’ai déjà reçu beaucoup d’e-mail d’Israéliens qui me disent que ce film a éclairé certains points et a changé leur vie. Par exemple, la jeune Mica, que j’ai interrogée dans le film, a même intégré des associations arabes qui militent pour la cause palestinienne. C’est très positif pour moi et pour mon film», explique Nabil Ayouch qui a tourné le dos à cette cause pendant plusieurs années. «J’ai boycotté ce conflit durant longtemps. Je n’avais pas envie d’écouter l’opinion israélienne. Ce n’est qu’après que je me suis convaincu qu’il fallait crever l’abcès. Mon objectif était d’aller chercher cette mémoire chez ceux qui ont vécu tout ce conflit. Ceux à qui on a pris leur terre et leurs biens. Puis aller montrer aux jeunes israéliens de 20 ans toute cette mémoire qui les a, vraiment, surpris et qui a mis en question plusieurs points concernant ce conflit», affirme le réalisateur, dont le film «My Land» jette de la lumière sur ce conflit, car traité avec finesse, clairvoyance et un sens de l’analyse aussi pointu. Les réactions positives recueillies de ceux qui l’ont déjà vu constituent un fort témoignage quant à l’importance de cette œuvre cinématographique en tant que référence historique.

«C’est un film très réussi sur le plan cinématographique. Il apporte indéniablement un plus pour le cinéma documentaire, tout en s’ouvrant sur une approche personnelle du conflit en Palestine. Toujours est-il qu’un film qui laisse poser des questions et déferler des opinions est un film porteur d’un sujet important ou sensible. C’est le cas de “My Land”. D’ailleurs, un film qui pose débat est automatiquement destiné à la réussite», souligne le critique de cinéma, Mohammed Bakrim.

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