LE MATIN : La réponse du ministre de l'Economie et des Finances est-elle convaincante ?
SAID AMESKANE :Il s'agit d'une réponse copieuse, riche en chiffres. Mais cela reste toujours dans le cadre des hypothèses. Donc, les choses ne sont pas sûres. Quand on prend le taux de croissance qui a un lien avec tous les autres articles de la loi de Finances, je ne crois pas que le gouvernement arrive à atteindre 6,8 %. L'année dernière, on a à peine réaliser 2,7%.
Donc, vous n'êtes pas convaincu par tous les arguments présentés ?
On entend, à chaque fois, beaucoup de slogans. Mais quel est le taux de réalisation de toutes les promesses? On a vécu les réalités durant les campagnes électorales, les gens souffrent. Certains n'ont pas d'infrastructures de base comme les dispensaires, les écoles…
Quels sont vos principaux reproches pour la loi de Finances 2008 ?
Mes reproches pour une loi de Finances pareille concernent essentiellement le taux de croissance. Pourquoi? Il y a une différence entre le discours de Salaheddine Mezouar et les chiffres du Haut commissariat au Plan.
On parle aussi d'une année agricole moyenne. Le ministre vient de dire aussi que le taux de croissance dépend toujours d'une bonne année agricole et la générosité du ciel bien sûr. L'année dernière, on s'est basé aussi sur une année agricole moyenne. Alors pourquoi l'année dernière le taux de croissance était faible et cette année va-t-il augmenter? Sur ce point là, les choses sont floues. Tous les autres articles de la loi de Finances dépendent, comme je l'ai déjà cité, d'une manière ou d'une autre du taux de croissance.
Même pour la réalisation d'un chiffre de 250.000 postes d'emploi, vous n'y croyez pas?
Le ministre a dit qu'un point du taux de croissance crée 50.000 emplois. Si on est à 2, 7 %, on ne peut pas créer 250.000 postes d'emploi. C'est clair et net. Le déficit dépend aussi de tout ce que je viens de citer. Je n'ai pas été convaincu de l'explication qui a été donnée à propos de l'estimation du prix du baril de pétrole fixé à 75 dollars, alors qu'on parle de 100 dollars sur les marchés internationaux. Il existe quelque chose qui n'est pas logique.
Pour moi, je crois qu'il s'agit de chiffres qui ne tiennent pas. Je voudrais bien que ce soit ainsi et que toutes les promesses soient exécutées. Cependant, je n'y crois pas en toute sincérité. Ce n'est pas parce que je suis dans l'opposition. Mais c'est la réalité.
Qu'allez-vous essayer de faire ?
Nous allons essayer de présenter des amendements pour donner une ‘'arme'' à cette loi de Finances, notamment en ce qui concerne la fiscalité. Quand on parle de la diminution de l'Impôt sur la société, cela ne concerne que dix sociétés. Il y a aussi le problème de la TVA sur le leasing. On est passé à 20 %. Ce n'est pas normal. D'un côté, on parle de l'encouragement de l'entreprise, alors que cette dernière s'équipe avec du matériel qu'elle achète en leasing.
On parle du pouvoir d'achat du citoyen, alors que le fonctionnaire recourt au leasing pour acheter un réfrigérateur car c'est moins de 20%. Pour la TVA, le Premier ministre avait parlé de 18%, alors que dans la loi de Finances, on ne trouve pas ce taux. Pour examiner la loi de Finances, c'est la croix et la bannière pour les députés qui ne disposent pas de cadres spécialisés, alors que le ministre en a plus d'une dizaine.
Comment remédier à cette situation ?
Il s'agit d'une question d'organisation de la Chambre. Il faut quand même qu'il y ait des cadres spécialisés. Un parlementaire n'est pas censé avoir des compétences dans toutes les disciplines. Un parlementaire est un homme politique en général. Il doit avoir un économiste et un juriste à ses côtés.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Pour le Mouvement populaire, on a toujours recours à des cadres en dehors du parti pour pouvoir étudier sérieusement ce texte qui est trop technique et demande des compétences pointues.
SAID AMESKANE :Il s'agit d'une réponse copieuse, riche en chiffres. Mais cela reste toujours dans le cadre des hypothèses. Donc, les choses ne sont pas sûres. Quand on prend le taux de croissance qui a un lien avec tous les autres articles de la loi de Finances, je ne crois pas que le gouvernement arrive à atteindre 6,8 %. L'année dernière, on a à peine réaliser 2,7%.
Donc, vous n'êtes pas convaincu par tous les arguments présentés ?
On entend, à chaque fois, beaucoup de slogans. Mais quel est le taux de réalisation de toutes les promesses? On a vécu les réalités durant les campagnes électorales, les gens souffrent. Certains n'ont pas d'infrastructures de base comme les dispensaires, les écoles…
Quels sont vos principaux reproches pour la loi de Finances 2008 ?
Mes reproches pour une loi de Finances pareille concernent essentiellement le taux de croissance. Pourquoi? Il y a une différence entre le discours de Salaheddine Mezouar et les chiffres du Haut commissariat au Plan.
On parle aussi d'une année agricole moyenne. Le ministre vient de dire aussi que le taux de croissance dépend toujours d'une bonne année agricole et la générosité du ciel bien sûr. L'année dernière, on s'est basé aussi sur une année agricole moyenne. Alors pourquoi l'année dernière le taux de croissance était faible et cette année va-t-il augmenter? Sur ce point là, les choses sont floues. Tous les autres articles de la loi de Finances dépendent, comme je l'ai déjà cité, d'une manière ou d'une autre du taux de croissance.
Même pour la réalisation d'un chiffre de 250.000 postes d'emploi, vous n'y croyez pas?
Le ministre a dit qu'un point du taux de croissance crée 50.000 emplois. Si on est à 2, 7 %, on ne peut pas créer 250.000 postes d'emploi. C'est clair et net. Le déficit dépend aussi de tout ce que je viens de citer. Je n'ai pas été convaincu de l'explication qui a été donnée à propos de l'estimation du prix du baril de pétrole fixé à 75 dollars, alors qu'on parle de 100 dollars sur les marchés internationaux. Il existe quelque chose qui n'est pas logique.
Pour moi, je crois qu'il s'agit de chiffres qui ne tiennent pas. Je voudrais bien que ce soit ainsi et que toutes les promesses soient exécutées. Cependant, je n'y crois pas en toute sincérité. Ce n'est pas parce que je suis dans l'opposition. Mais c'est la réalité.
Qu'allez-vous essayer de faire ?
Nous allons essayer de présenter des amendements pour donner une ‘'arme'' à cette loi de Finances, notamment en ce qui concerne la fiscalité. Quand on parle de la diminution de l'Impôt sur la société, cela ne concerne que dix sociétés. Il y a aussi le problème de la TVA sur le leasing. On est passé à 20 %. Ce n'est pas normal. D'un côté, on parle de l'encouragement de l'entreprise, alors que cette dernière s'équipe avec du matériel qu'elle achète en leasing.
On parle du pouvoir d'achat du citoyen, alors que le fonctionnaire recourt au leasing pour acheter un réfrigérateur car c'est moins de 20%. Pour la TVA, le Premier ministre avait parlé de 18%, alors que dans la loi de Finances, on ne trouve pas ce taux. Pour examiner la loi de Finances, c'est la croix et la bannière pour les députés qui ne disposent pas de cadres spécialisés, alors que le ministre en a plus d'une dizaine.
Comment remédier à cette situation ?
Il s'agit d'une question d'organisation de la Chambre. Il faut quand même qu'il y ait des cadres spécialisés. Un parlementaire n'est pas censé avoir des compétences dans toutes les disciplines. Un parlementaire est un homme politique en général. Il doit avoir un économiste et un juriste à ses côtés.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Pour le Mouvement populaire, on a toujours recours à des cadres en dehors du parti pour pouvoir étudier sérieusement ce texte qui est trop technique et demande des compétences pointues.
