France-Maroc

De nouveaux canaux de partenariat bilatéral

Publié le : 10 avril 2013 - Lahcen Oudoud, LE MATIN

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Les relations, économiques entre autres, entre le Maroc et la France sont déjà excellentes, a-t-on encore une marge pour les développer davantage? Cette interrogation a été exprimée par l’un des participants à la 3e édition de la Conférence économique du Groupe Attijariwafa bank, organisée le jeudi 21 mars dernier sur le thème : «Maroc-France : de nouvelles autoroutes de croissance». Les participants à cette rencontre, qui a attiré plus de 500 opérateurs économiques marocains et français ainsi qu’une délégation d’entreprises françaises intéressées par l’investissement au Maroc, ont essayé d’apporter des réponses à cette interrogation.

Mais la vraie réponse vient quelques jours après, avec la visite d’État qu’a effectuée au Maroc le Président de la République française, François Hollande, les 3 et 4 avril, à l’invitation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. En effet, cette visite s’est caractérisée par un fort contenu économique, avec la conclusion de plusieurs accords et conventions, la finalisation d’une série de projets communs d’envergure et le lancement de nouvelles initiatives tout aussi ambitieuses.

De ce fait, ce qui est le plus important dans cette visite, d’après les observateurs, est qu’elle ouvre de nouveaux horizons à ce partenariat bilatéral. D’ailleurs, cette expression a été un leitmotiv durant les différents discours et déclarations tenus à cette occasion, ce qui a été synthétisé par la déclaration conjointe adoptée par les deux pays au terme de cette visite. Cette déclaration évoque en effet justement l’ouverture de nouveaux horizons pour ce partenariat bilatéral et «l’exploration de nouveaux canaux de coopération qui viennent enrichir les acquis accumulés». Concrètement, il s’agit d’identifier de nouveaux domaines de la coopération économique pour sortir des sentiers battus de ce partenariat qui ont, toutefois, fait de la France le premier partenaire économique du Maroc. Il devra en être ainsi, soulignent les responsables de part et d’autre, de l’éducation et la formation, de la gestion urbaine et des infrastructures territoriales ainsi que des énergies renouvelables, de l’agro-alimentaire et de la co-production industrielle. Ces domaines constituent, d’après eux, les nouveaux piliers pour un partenariat bilatéral en perpétuel renouvellement.

Que du concret...

Pour montrer qu’il ne s’agit pas là de simples expressions de bonnes intentions, l’on passe au concret après cette visite. En effet, pour illustrer cette volonté commune, Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président François Hollande ont assisté à une présentation du projet d’éco-cité de Zenata, qui bénéficiera de l’appui de la France, et ont inauguré la première station d’épuration du Grand Casablanca, opérée par une entreprise franco-marocaine. Cette nouvelle orientation de la France dans son partenariat avec le Maroc repose sur sa conviction que le Maroc est en pleine mutation, comme l’a clairement exprimé le Président français lors de cette visite et comme l’a souligné aussi l’ambassadeur de France au Maroc, Charles Fries.
En fait, relève le diplomate français, la France est en train d’adopter une nouvelle approche dans son partenariat économique avec le Maroc, avec de nouvelles orientations. Il s’agit en premier lieu de se positionner sur de nouveaux secteurs stratégiques pour le développement du Maroc.

Il en est ainsi du développement des villes, via plusieurs programmes, notamment le transport urbain (tramway, métro aérien à Casablanca…), les éco-cités et les villes vertes (éco-cité de Zénata et Ville verte de Benguerir). Il a cité également l’agro-alimentaire, qui est un des métiers mondiaux du Maroc où les investissements français sont déjà bien présents, comme en témoigne le récent renforcement de Sofiproteol dans le capital de Lesieur Cristal et Danone dans la Centrale Laitière.
La France devra également s’intéresser davantage aux énergies renouvelables, d’après M. Fries qui pense notamment à la deuxième tranche de la Centrale solaire d’Ouarzazate, dont l’appel d’offres sera bientôt lancé, notant que les entreprises françaises sont déjà présentes dans l’éolien.


Co-localisation, projets communs en Afrique…

Parmi les concepts clés qui encadreront le développement des relations économiques entre le Maroc et la France à l’avenir, figure l’approche innovante de co-localisation qui se traduira par un «développement de partenariats opérationnels mutuellement bénéfiques». Ce concept devra être appliqué, entre autres, aux secteurs qui ont acquis récemment, lors des dernières Assises de l’industrie à Tanger, le statut de nouveaux métiers mondiaux du Maroc. Il s’agit, en l’occurrence, de la chimie-parachimie, les industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (IMME) et le secteur pharmaceutique. Ce nouveau partenariat reposera aussi sur l’encouragement des opérateurs marocains à investir en France, sur la promotion du rôle des entreprises françaises dans la formation professionnelle au Maroc et sur le développement des projets communs d’entreprises marocaines et françaises en Afrique.


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