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Le projet de loi de Finances 2013 privilégie la stabilité plutôt que la rupture

Le projet de Budget 2013 retient comme options la stabilisation du cadre macroéconomique et la maîtrise des déficits publics. Selon ses concepteurs, il s’agirait d’une étape «ambitieuse» pour affronter les contraintes de la crise extérieure tout en poursuivant les projets, en vue de soutenir l’investissement productif et de réduire les inégalités sociales et spatiales.

Le projet de loi de Finances 2013  privilégie la stabilité plutôt que la rupture
Nizar Baraka, ministre de l’Économie et des finances, intervenant au Parlement.

Le projet de Budget 2013, adopté en Conseil de gouvernement lundi 15 octobre, vise la réduction à 4,8% du déficit budgétaire par rapport au produit intérieur brut (PIB). Quand bien même les auteurs du budget admettraient une croissance susceptible de tourner plutôt au ralenti, avec un taux de 4,5%, la démarche budgétaire n’aurait pas subi de chamboulements. Qui plus est, ce même projet ne semble pas envisager la mise en œuvre d’actions peu ou prou éclectiques pour faire face à la déconvenue conjoncturelle. Des risques prévalent et pourraient affecter davantage les équilibres économiques globaux.

On le voit bien, les ondes de choc et les effets persistants de facteurs défavorables liés à la décroissance des économies des pays développés et au rétrécissement des débouchés externes ont handicapé les possibilités de relance pour des pans entiers de l’économie. Pour preuves, la détérioration continue des deux déficits jumeaux : en pourcentage du PIB le solde du compte courant de la balance des paiements a dépassé les 8%, et celui du déficit des finances publiques les 6%. Le risque de prolongement de la tendance du déficit budgétaire en 2012 continue d’ailleurs de susciter de plus en plus des interrogations sur la soutenabilité des finances de l‘État. Cela dit, ce projet de loi de Finances serait, selon ses concepteurs, «une étape ambitieuse» pour affronter les contraintes de la crise extérieure tout en poursuivant les projets, en vue de soutenir l’investissement productif et de réduire les inégalités sociales et spatiales. L’option dominante du projet de budget est celle de la stabilisation du cadre macroéconomique et la maîtrise des déficits publics. Mais que l’on ne s’y méprenne surtout pas : devant la volatilité des marchés financiers et le difficile arbitrage entre l’impératif de soutien de l’activité et le nécessaire rééquilibrage des finances publiques, les marges de manœuvre des pouvoirs publics risquent de rétrécir chaque jour davantage avec la persistance des facteurs d’incertitudes. Le Maroc a aujourd’hui l’obligation d’entreprendre des réformes.

Celles-ci devraient lui permettre d’assainir ses finances publiques, de moduler les programmes et les plannings de ses investissements publics, au profit d’une meilleure mobilisation de l’épargne et de l’investissement productif.
De fait, et pour mettre en cohérence son modèle de consommation avec ses réalités économiques, outre principales réformes de la justice, de compensation et de retraite, les politiques visant à rétablir les équilibres macro-économiques, ce projet comporte nombre de mesures portant sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale, le développement de nouveaux secteurs industriels, le soutien des chantiers ouverts dans le cadre de plans stratégiques ainsi que le soutien et l’accompagnement des PME à travers une série de mesures fiscales, financières et de gestion.

Réduire les inégalités sociales et spatiales

Sur le plan social, le projet de loi de Finances 2013 ambitionne de réduire les inégalités sociales et spatiales, notamment en termes de système éducatif, de services de santé et d’offre de logements. Le projet comprend également un ensemble de mesures de solidarité pour soutenir les familles à faible revenu.
Sur ce registre, il y a lieu de rappeler que des efforts conséquents ont été consentis afin de mettre en place une répartition sociale et géographique plus équitable des richesses et des services rendus aux citoyens. Ainsi, au rythme des avancées réalisées, le Maroc serait globalement en mesure de réaliser les objectifs du millénaire pour le développement à l’horizon 2015.

Les progrès enregistrés ont certes permis d’asseoir les bases d’un développement durable et plus équitable, mais tardent à se traduire de manière significative sur le rang du Maroc dans les classements internationaux. Bien que rien n’ait filtré à ce niveau, force est de constater qu’un levier important serait de mettre en place une politique de relance par la demande, soit par une revalorisation négociée des salaires, tous secteurs confondus, soit par un allègement significatif de la pression fiscale au niveau des revenus. Un raisonnement imparable est avancé à ce niveau, ces actions auraient le mérite de booster la consommation grâce à une augmentation du pouvoir d’achat des ménages. Valeur aujourd’hui, il faut savoir que la «théorie des bas salaires» n’est forcément pas un cadre de réflexion approprié.
Du moins eu égard au niveau de développement auquel aspire le Royaume. La tâche à accomplir est certes «complexe» et le calendrier «contraignant», mais les évolutions acquises aux plans politique et institutionnel positionnent aujourd’hui le Maroc favorablement pour «converger plus rapidement vers les performances du groupe des pays émergents les plus dynamiques».

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