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Samedi 13 Juin 2026
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Démarcher un recruteur

Même si l’entreprise n’a pas exprimé son besoin d’embaucher, des fois il faut forcer le destin et vendre son profil.

Démarcher un recruteur

De nombreuses personnes, une fois le diplôme dans la poche, attendent qu’on vienne vers eux. Si c’était le cas, il y a quelques temps déjà, actuellement il faut prendre son sort entre les mains et aller frapper à la porte des recruteurs. En effet, à la suite des   contrecoups de la crise économique mondiale, les entreprises nationales et même les multinationales sont devenues plus vigilantes en matière de recrutement. D’ailleurs, pour une meilleure optimisation des ressources, les sociétés ne recrutent que les candidats ayant les profils dont ils ont besoin. Les plus avertis puisent dans le vivier interne avant de penser à rechercher ailleurs certaines compétences. Ceci dit, cette situation ne doit pas pour autant décourager les nouveaux lauréats ou même les cadres. Et pour cause, si un bon profil se présente chez une société ou un cabinet de recrutement, c’est sûr que les responsables ne le lâcheront pas, car il devient de plus en plus difficile de trouver des compétences de bonne qualité, surtout pour certains profils pointus.

Certes, crise oblige, les recrutements ont marqué le pas durant l’année précédente, mais de l’avis de plusieurs responsables, il y a une légère reprise actuellement. En effet, les offres d’emploi sont de plus en plus nombreuses que ce soit sur les journaux, sur les sites web ou encore via les réseaux sociaux. Selon Yasmina Benamour, administrateur délégué de HEM, les secteurs qui recrutent le plus restent les secteurs classiques tels que les banques, les assurances et les télécommunications. Embauchent également les secteurs du conseil, de l'audit, de la publicité ainsi que les secteurs touristique et industriel sans oublier celui de la grande distribution et les acteurs opérant dans l'offshoring. Vu ce vent de relance, les lauréats ne doivent pas rester les mains croisées et attendre qu’on les sollicite.

Il faut affûter ses armes en actualisant son CV et en l’adaptant. La lettre de motivation doit également être bien faite et refléter la personnalité de son auteur, donc inutile de faire du copier-coller, car avec les NTI, rien n’est plus facile que de vérifier si la personne a fait un effort particulier ou s’est contentée d’imiter les autres. C’est dire qu’outre les compétences techniques, les recruteurs font attention à ce genre de détail pour en déduire les caractéristiques personnelles du candidat.
In fine, il n’y a pas de mal à aller démarcher un cabinet de recrutement ou carrément le recruteur lui-même à condition de bien ficeler son projet professionnel et d’être crédible. Une visibilité sur le Net et également auprès de quelques cabinets de recrutement ou portail dédié à l’emploi est fortement conseillée.

AVIS EXPERT Ali Serhani, Consultant RH & directeur associé, Cabinet GESPER

« Faire en sorte d'être toujours en contact avec les bons cabinets »

Faut-il démarcher un cabinet de recrutement ou attendre qu'il y ait une offre d’emploi particulière ?
Il faut toujours être en contact avec un ou deux cabinets de recrutements de la place que vous aurez choisi et en qui vous pouvez avoir confiance. Cela n’est pas raisonnable de postuler auprès d’un cabinet uniquement lorsqu’il y a une offre. Il faut construire son réseau. Donc pas la peine de déposer votre CV chez tous les cabinets. Il y a assez de bons cabinets sur la place. Faites votre choix. Celui-ci sera basé sur certains critères tels que le sérieux du cabinet et son ancienneté. Sans oublier bien sûr les affinités avec les consultants qui le composent, qui feront en sorte que vous serez toujours en contact avec eux. Pour, moi c’est la meilleure des solutions. Attendre qu’une offre se pointe pour que vous fassiez « signe » n’est pas une bonne idée, car il n’y a pas que vous. Tout le monde est en veille !!! Il y a abondance de matière grise pour certains profils. Pour notre part, nous invitons généralement les candidats pour une première entrevue de prise de contact. Ce n’est que dans un deuxième temps que nous pouvons proposer une offre au candidat. Il se peut que le candidat soit bon sur le CV, mais lors de l’entretien il s’avère que c’est une véritable catastrophe ambulante.

Quelle est la bonne période pour entreprendre cette opération ?
Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises périodes, il y a tout simplement une bonne préparation du candidat avec une stratégie très claire quant à son avenir. Si les conditions susmentionnées dans la précédente réponse ne sont pas réunies, c'est-à-dire que le cabinet n’a de cabinet que le nom et que les consultants qui le composent sont des rigolos, dites vous à vous-même : « Circulez ! Il n’y a rien à voir » et bien sûr changez de stratégie. Pour rappel, la quasi-totalité des candidats préfère passer par un cabinet de recrutement plutôt que de postuler directement chez une entreprise. Pourquoi ? Tout simplement que le cabinet joue un rôle d’intermédiaire dans lequel aucune des parties ne perd « la face » pendant tout le process. Le candidat pourra formuler en toute liberté certaines conditions qu’il ne pourra pas formuler directement à l’entreprise sans courir le risque d’être grillé. L’entreprise quant à elle peut faire passer des messages au candidat indirectement par le biais du cabinet.

Comment retenir l'attention d'un chasseur de têtes même si les recrutements sont calmes ?
Je risque de vous étonner en vous disant par trois choses, à savoir votre honnêteté, votre sincérité et votre personnalité. À côté bien sûr des diplômes et des compétences requises pour un poste, c’est l’éducation qui prime. Si vous êtes diplômé de Harvard, mais opportuniste et à la limite « voyou », vous n’aurez aucune chance d’être retenu par un quelconque cabinet sauf ceux qui sont là pour vendre des tapis. Que les recrutements soient au top ou très calmes, si vous êtes valable vous aurez toujours votre place dans une entreprise.

Comment négocier un bon package en ces temps de crise ?
En temps de crise, il n’y a rien à négocier ! Soit on est pragmatique soit on ne l’est pas ! Soit, on veut jouer à l’intelligent et là tout le monde connaît bien l’adage qui dit : « Il vaut mieux un tu l’as que deux tu l’auras » ! Vous perdez tout, à force de vouloir vous montrer malin. Prenons un exemple : Une personne qui occupe un poste de simple directeur et qui par chance touche un salaire de 70.000 DH nets en plus d’autres avantages et qui du jour au lendemain souhaite changer de poste en vous demandant un salaire de 90.000 DH nets en plus des autres avantages alors qu’elle n’a pas encore 40 ans je pense que là on peut dire que nous sommes « mal barrés ». Pour reprendre les dires de l’un des grands DRH que j’ai côtoyés : ce candidat a plombé son employabilité !!!
Quand le candidat correspond à ce que recherche le client, nous passons à la phase salaire et accessoires. Le budget alloué au poste est transmis au candidat et c’est là où il décide de dire « oui » ou « non ». Quand on ne peut pas négocier autant mettre fin au process, cela évite beaucoup de perte de temps aux uns comme aux autres.
Généralement, les entreprises structurées ne négocient pas. Elles vous disent tout simplement : vous correspondez à ce que nous recherchons, voici notre budget et c’est tout ce que nous pouvons vous proposer et c’est sincère de leur part. Elles vous disent en des termes diplomatiques : « c’est à prendre ou à laisser ». C’est à vous de savoir décortiquer les messages, cela vous évitera de rater certaines occasions qui ne se présentent qu’une ou deux fois dans la vie professionnelle.

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