Il coïncide également avec les résultats catastrophiques d’autres disciplines aux Jeux méditerranéens, notamment le cyclisme qui est soi-disant le premier au classement africain ou la boxe dont les résultats ne reflètent pas le potentiel de cette discipline. Les résultats du football et des autres sports collectifs le sont également. Pourquoi le sport marocain, en dépit des moyens financiers colossaux octroyés par S.M. le Roi Mohammed VI dont il bénéficie (programme de sport de haut niveau), n’est-il pas en mesure de sortir de son ornière ? Pourquoi le Maroc n’a-t-il jamais réussi à faire un saut qualitatif dans le domaine, sportif comme c’est le cas dans plusieurs autres domaines comme la santé, les infrastructures, l’agriculture et autres ?
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Quelles sont les raisons du déclin du sport marocain ? Matin Sports a posé cette question à Moncef Lyazghi,
chercheur en politiques publiques et droit du sport. Voilà sa réponse : «Cette contre-performance ne date pas d’aujourd’hui. C’est le résultat de l’absence d’une politique sportive publique. Qui dit politique sportive publique, dit la mise en place d’une stratégie à moyen et long terme. Le sport n’est pas encore considéré par nos politiciens comme secteur productif. Il n’y a jamais de plan sportif comme il y a par exemple le plan Maroc Azur ou le plan Maroc vert…»
Lyazghi détaille un peu plus ces propos en soulignant que l’État n’est pas encore convaincu de mettre en place une politique sportive publique, c’est-à-dire une politique qui émane du gouvernement et non pas du ministère de la Jeunesse et des sports ou des fédérations parce que le sport a plusieurs interférences avec d’autres secteurs comme l’équipement, la santé, les collectivités locales… Et seule une politique gouvernementale peut faire en sorte qu’il y ait une complémentarité entre ces différents secteurs.
Lyazghi met donc le doigt là où le bât blesse. Le recul des résultats serait donc dû avant tout à l’absence d’une volonté politique pour faire du sport un secteur productif. Il a indiqué aussi que même la Lettre Royale envoyée aux participants aux assises du sport en 2008 qui est censée être la feuille de route du sport nationale n’a pas été suivie comme il faut.
Un avis partagé pas Saïd Belkhayat, membre de la CAF et ancien membre fédéral, qui indique que les moyens mis à la disposition du sport national par le Souverain ont été mal utilisé. «Au lieu que cet argent destiné au sport du haut niveau et au football soit utilisé pour la formation, il a utilisé comme une rente pour des sportifs médiocres. Sauf la volonté Royale, le reste des dirigeants sportifs et politiques ne sont pas à la hauteur pour bien menée la politique tracée par le Souverain.
Du replâtrage pour calmer les esprits
Il faut attendre une cuisante défaite de l’équipe nationale de football ou de mauvais résultats dans un championnat du monde d’athlétisme ou aux Jeux olympiques pour voir nos politiques s’intéresser subitement au sport. Les agitations qui suivent ces éliminations sont souvent suivies des «mesurettes» qui n’aillent pas jusqu’au fond du problème. Le but recherché par ces petites mesures est de calmer les esprits sans jamais aller établir de véritable diagnostic des raisons des échecs successifs.
Le budget alloué au sport est très faible
Le budget alloué au ministère de la Jeunesse et des sports n’a dépassé 1% du budget général de l’État qu’à quatre reprises depuis l’indépendance. Trois fois à la fin des années 50 et début des années 60 et la dernière fois lors des Jeux méditerranéens organisés par le Maroc en 1983.
Quatre fois en 57 ans. C’est dire le peu d’intérêt accordé à ce secteur. Ce budget qui n’a guère dépassé la barre de 1% du budget général de l’État reflète le peu d’intérêt accordé au sport au moment de l’élaboration des lois de Finances. Les débats autour de ce budget étaient sans intérêt.
