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Diphtérie au Maroc : ce qu’il faut savoir sur cette maladie mortelle mais évitable
Une maladie évitable par la vaccination peut réapparaître lorsque la couverture vaccinale est incomplète. C’est le premier enseignement que l’on peut tirer de l’apparition de foyers de diphtérie au Maroc, alors que le ministère de la Santé vient de confirmer deux foyers familiaux dans la région de Souss-Massa, avec un cas confirmé et huit autres cas encore sous investigation, dont deux décès. Cette situation, qui reste sous contrôle pour le moment, n’est pas sans rappeler une alerte que «Le Matin» avait lancée il y a un peu plus d’un an. Dans un article intitulé «Diphtérie au Maroc: la menace inquiète, mais rien n’est encore officiel», publié le 16 juin 2025, notre journal appelait précisément à agir en amont, en renforçant la prévention et la vigilance, pour éviter que le Royaume ne revive la douloureuse expérience de la rougeole, qui avait fait plus d’une centaine de morts lors de l’épidémie qui avait éclaté en 2023.
L’apparition de ces nouveaux foyers donne aujourd’hui un relief particulier à cette alerte et replace la vaccination au cœur de la prévention. Faut-il pour autant s’alarmer de la maladie ? Si les autorités sanitaires font état, à ce stade, de foyers familiaux limités, la diphtérie n’en demeure pas moins une infection potentiellement grave, notamment chez les personnes non vaccinées ou insuffisamment vaccinées. Dès lors, au-delà du nombre de cas, c’est la conduite à tenir qui importe: comment expliquer qu’une maladie évitable par la vaccination puisse évoluer rapidement vers des formes graves, voire mortelles ? Quels sont les premiers signes qui doivent alerter et ceux qui imposent de consulter en urgence, alors que, dans certaines formes, chaque minute peut compter ? Et surtout, que faire lorsque la prévention elle-même a été interrompue ou oubliée ? Que doivent faire les parents dont l’enfant a reçu une vaccination incomplète, qui ont oublié une dose ou ne retrouvent plus le carnet de vaccination ? Est-il trop tard pour rattraper les doses manquantes ? Autant de questions auxquelles répond le Dr Hamza Hajbaoui, médecin urgentiste, dans cet entretien, en appelant à adopter une attitude à la fois vigilante et mesurée: ne pas céder à l’alarmisme face à des foyers qui restent, à ce stade, limités, mais ne pas banaliser non plus une maladie dont la gravité peut être considérable et dont la prévention repose avant tout sur une vaccination complète. Car derrière l’apparition de ces foyers, le message essentiel reste celui de la prévention: vérifier, rattraper lorsque cela est nécessaire et savoir réagir sans attendre face aux signes d’alerte.
Dernière Heure