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Jeudi 21 Mai 2026
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Des significations qui renvoient aux valeurs identitaires de la Nation marocaine

L’ère de S.M. le Roi Mohammed VI est empreinte d’avancées en phase avec l’évolution de notre époque

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La place éminente qu’a toujours occupée la célébration de la fête du Trône, comme événement national à forte charge patriotique, tient à la symbolique que représente cette fête dans la conscience nationale, en ce qu’elle cristallise l’adhésion du Trône et du peuple à un même socle de valeurs fondatrices dans lesquelles se reconnaît la nation. Le contexte même de l’institutionnalisation de la fête du Trône, dans des circonstances historiques cruciales, alors que le pays était aux prises avec les tentatives des autorités coloniales de pervertir ses composantes identitaires, renseigne sur la capacité restée inaltérée de la nation de déjouer les manœuvres adverses, comme en témoignent le sursaut national pour mettre en échec le dahir berbère en 1930 ou encore la Révolution du Roi et du peuple, enclenchée suite à l’exil de feu S.M.
Mohammed V et de la Famille royale. C’est dans la foulée de l’effervescence patriotique consécutive au dahir berbère que l’idée de célébrer annuellement l’anniversaire de l’intronisation de S.M. le Roi Mohammed V a fait son chemin pour fêter un événement symbolique phare, illustrant la cohésion et l’unité de la patrie ainsi que le référentiel de valeurs patriotique dans laquelle se reconnaissent des Marocains. L’idée de fêter l’anniversaire de l’intronisation du Roi est ainsi venue des jeunes nationalistes enthousiastes, qui luttaient contre l’occupation française et défendaient l’intégrité territoriale et l’unité religieuse du Maroc, qui ont célébré, de manière non officielle, l’anniversaire de l’intronisation du Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, en date du 18 novembre 1933, rappelle à ce propos l’historiographe du Royaume Abdelhak Lamrini. Cette célébration a eu lieu à Jnane Sbil à Fès, à Salé et à Kissariat Essamarine à Marrakech, en cette année 1933, soit six années après l’intronisation, le 18 novembre 1927, du Sultan. Cette fête n’est devenue officielle qu’en 1934, en application d’une décision ministérielle, publiée par Mohamed Al Mokri (Premier ministre du gouvernement marocain), et reproduite au bulletin officiel, en date du 2 novembre 1934, sous l’appellation fête du souvenir, a affirmé M. Lamrini. À Fès, le comité de rédaction du journal «l’Action du Peuple», premier journal nationaliste francophone hebdomadaire, créé le 4 août 1933 par Mohammed Hassan Ouazzani, qui dénonçait les agissements abusifs des autorités du Protectorat et réclamait les libertés démocratiques et des réformes, avait servi d’incubateur à l’idée de la fête du Trône. Ainsi, en novembre 1933 se constituent des comités d’organisation de la Fête du Trône à Rabat, Fès, Meknès, Tanger, Casablanca et Marrakech. Salé a connu dans le même temps un important mouvement enclenché par des élites locales pour commémorer le 18 novembre 1933, la fête du Trône. Un groupe de lettrés slaouis, avec à leur tête l’ex-Cadi Mohamed ben Driss Alaoui, avaient mis en place un «Comité des Fêtes» pour célébrer d’une manière officieuse le 18 novembre 1933, anniversaire de l’intronisation du Roi. Le nationaliste Mohamed Hassar écrivit un article à ce sujet au journal Al Maghrib, une relation corroborée par un autre article du correspondant à Salé du journal Essaâda, Mohamed Gharbi, paru au n°4051 de novembre 1933, intitulé : «Salé commémore la fête du trône». L’année suivante, à l’approche de ce glorieux anniversaire, le journal «L’Action du Peuple» a appelé, dans le numéro du 4 mai 1934, la population de Fès à pavoiser et à venir nombreuse acclamer le Sultan le 10 mai lors de son entrée officielle à Fès. Le mot d’ordre est suivi par la population. S.M. Sidi Mohammed Ben Youssef est acclamé par la foule en liesse aux cris de «Vive le Roi» «Vive l’Islam». L’accueil enthousiaste ne plaît pas à la Résidence française qui fait revenir Sa Majesté dans la journée même à Rabat. «L’Action du Peuple» du 11 mai 1934 fait paraître deux photos : celle de Sa Majesté Sidi Mohammed et celle du Prince Moulay Hassan sous un grand titre «Vive
Sa Majesté Sidi Mohammed». Sur ces entrefaites, les autorités coloniales font interdire la publication. L’enthousiasme patriotique est cependant tel que la résidence est contrainte de consacrer légalement ce qui était né d’une initiative spontanée et fixait le 18 novembre 1934, date de la première Fête du Trône officielle. Tout comme elle avait contribué à raviver la flamme de la lutte pour la liberté et la libération du joug colonial, la devise «Dieu, la Patrie, le Roi» continue aujourd’hui d’inspirer la marche du Maroc vers le progrès et le développement, sous l’ère de S.M. le Roi Mohammed VI.

La profondeur des liens affectifs et de la relation de loyauté réciproque entre le Roi et le peuple se révèle, en effet, avec éclat à chaque moment crucial de l’histoire du Royaume comme lors de la Marche verte. Elle sert toujours de trame dans l’œuvre d’édification, sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI. On en a pris la mesure à l’occasion du vote à une écrasante majorité de la nouvelle Constitution de 2011, la première de l’ère de S.M. le Roi Mohammed VI, rappelle M. Lamrini.

Les grandes significations symboliques que revêt la célébration de la fête du Trône dans l’histoire du Maroc moderne, selon le professeur Lamrini, sont en rapport avec le renouvellement de l’acte d’allégeance entre le Trône et le peuple, la continuité historique de la monarchie et l’interaction entre le sommet et la base pour édifier le Maroc et conforter de son rôle dans le concert des nations. L’intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 30 juillet 1999, à la suite du décès de son auguste père, feu S.M. le Roi Hassan II le 23 juillet de la même année, a donc fait date depuis, comme augurant une ère radieuse jalonnée d’avancées remarquables dans les différents domaines politique, économique et social, à la faveur de la vision éclairée du Souverain, en inscrivant le pays dans un projet sociétal moderniste, qui fait siennes les valeurs de démocratie, de pluralisme et de consécration des droits économiques et sociaux et autres droits humains, et ce, en parfaite harmonie avec les référents de l’identité marocaine, afin de hisser le Maroc au niveau des nations évoluées. C’est dans cette optique que l’ère de S.M. le Roi Mohammed VI est empreinte d’avancées en phase avec l’évolution de notre époque, avec comme pendant, au plan extérieur, le renforcement et la diversification des relations de partenariat avec les pays frères et amis et les groupements régionaux influents et le confortement du rôle du Maroc dans le soutien aux causes justes du monde arabo-musulman et à l’échelle internationale. 

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